On a assisté à une course à rebondissements. Parlez-nous du départ neutralisé et des conditions imposées par la pl uie...
Sebastian Vettel : C'était la bonne décision de démarrer derrière la safety car : il y avait pas mal de flaques d'eau et, même si ça allait à certains endroits, j'avais pas mal d'aquaplanage à chaque tour, plus ou moins selon l'intensité de la pluie. Ce fut très dur pendant toute la course. Moi et Mark [Webber] savions être sur une stratégie à un premier relais court (ndlr, seule la Renault d'Alonso était plus légère au départ), il fallait donc attaquer au départ pour se détacher du peloton. Nous y sommes parvenus. Ce fut une course très difficile, je le répète, avec beaucoup d'aquaplanage. Parfois je ne faisais juste que rattraper la voiture pour la maintenir sur le circuit, tout en essayant de m'enfuir, tour après tour. Mais j'étais dans les meilleures conditions possibles, sans voiture devant moi. Ce fut confortable de ce point de vue pendant à peu près toute la course. L'aquaplanage était un problème, spécialement dans le dernier virage. Il est en légère montée et l'eau ruisselait. A certains endroits, je ne contrôlais rien. Je tentais de ne pas rétrograder ou freiner trop violemment. Il fallait être très prudent à chaque tour. Je suis très content d'avoir gagné une deuxième fois sous la pluie. La voiture était fantastique. Il faut vraiment souligner le très bon travail accompli par toute l'équipe pour préparer hier, en qualification, où nous avons rencontré des problèmes de fiabilité. Nous avons pu les résoudre dans la nuit. Ça témoigne de la qualité du team. Les deux voitures ont fini, signant un doublé. J'en suis ravi.
Vous aviez aussi une voiture incroyablement solide. Au tour 19, Sébastien Buemi vous a tapé à l'arrière...
S.V. : Oui, ça m'a surpris. J'ai pensé que c'était la voiture de Rubens [Barrichello] car il était devant moi. Je ralentissais pour vérifier que tout allait bien à bord. Je l'avais passé et je n'ai pas vu que Sébastien arrivait. Je suis vraiment désolé pour ce qui est arrivé. Pour être honnête, je faisais simplement attention. Je ne voulais pas rentrer dans une voiture devant moi. Evidemment, c'était impossible de voir quoi que ce soit dans les rétroviseurs en raison des projections d'eau, je me suis donc décalé à droite, et j'ai réalisé que c'était une Toyota (Trulli) et non Rubens (Barrichello), et j'ai poursuivi. Malheureusement, Sébastien [Buemi] m'a heurté. C'est dommage pour sa course, mais d'un autre côté j'ai été très chanceux de finir la mienne (ndlr, Buemi a fini 8e).
Et ça n'a pas affecté votre voiture ?
S.V. : Non, du tout.
Couper la ligne d'arrivée pour la deuxième fois en vainqueur a du être un moment agréable...
S.V. : Oui, incroyable. A environ dix tours de la fin, j'ai essayé de surveiller l'écart avec la voiture qui me suivait, celle de Mark, et j'ai essayé d'adapter plus ou moins mon rythme au sein. Il s'agissait simplement d'avoir tout sous contrôle, et c'était extrêmement difficile. A certains moment, je voulais juste me contenter de ramener la voiture à la maison, mais je me suis dis : 'Ne fais pas ça car tu vas perdre ta concentration'. Je me suis mis à regarder virage par virage, en ne regardant pas plus loin. Dans les deux derniers tours, j'ai ralenti un peu car je ne voulais pas échouer d'une façon stupide dans les lacs (ndlr, les flaques). C'est donc tout bonnement fantastique. Gagner ma deuxième course en ayant remporté ma première pour Toro Rosso est fantastique.
C'était un avantage de partir de la pole et de rouler avec une piste dégagée. Y a-t-il eu des situations de désavantages ?
S.V. : Oui, spécialement lorsque je n'étais pas en tête et que je chassais Jenson [Button]. C'était extrêmement difficile de voir les voitures devant, ce qui veut dire que c'était dur de débuter la course sous la pluie. Par moment, je savais que j'étais derrière lui car je voyais le nuage d'eau, mais je ne savais pas où il était exactement où. C'était donc très délicat de se rapprocher puis de rester au contact, et enfin de le passer. Je pense que Mark [Webber] et Jenson [Button] ont eu une course plus excitante en termes de dépassement l'un contre l'autre. De mon côté, j'étais très content d'avoir une vue claire, similaire à celle de l'an passé à Monza. J'avais assurémment la meilleure opportunité de bien faire. Parfois, il y avait une sorte de rivière et je perdais la voiture sur un violent coup de survirage. On la rattrape alors en espérant qu'on pourra ensuite compter sur la voiture et les pneus. Dans 100 pour cent des cas, j'y suis parvenu.
Adrian Newey (ndlr, directeur technique) travaille pour équiper la voiture d'un nouveau diffuseur. Pensez-vous en avoir réellement besoin compte tenu qu'elle est très compétitive sans ?
S.V. : C'est la même chose pour toutes les équipes, qui ont toutes un diffuseur, d'un type ou d'un autre… Comme Fernando [Alonso] l'a dit samedi, ça rend le championnat extrêmement intéressant. Ces voitures sont nouvelles, ont une apparence différente, et nous ne sommes qu'au debut de leur développement. La progression va continuer, nous allons trouver des trucs toujours nouveaux, d'autres diffuseurs, des améliorations ici ou là, des plus petites comme des plus grandes qui pourront faire une énorme différence car le championnat est très serré. Trois ou quatre dixièmes ont un gros impact en termes de position en qualification. Je suis très content que la voiture soit déjà si rapide. Nous essayons continuellement de progresser, le but ultime étant de devenir le meilleur team du plateau.



DPPI























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