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Le comportement des pilotes et des voitures passé au crible pour tirer les enseignements de la 7e manche du Mondial 2009.

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Crédit: Eurosport

Brawn - Button P1, Barrichello Ab
Après un vendredi à se perdre sans les réglages et un samedi bien meilleur grâce aux ingénieurs, Jenson Button a vécu un moment de communion absolue avec sa voiture, sur 58 tours. Le N.1 mondial a même trouvé sa domination écoeurante pour ses rivaux, qualifiant sa BGP001 de "scandaleuse". Battu par Vettel car il emportait plus d'essence, il n'a même pas eu à forcer pour prendre la tête au tour 1, lorsque l'Allemand s'est égaré en survitesse dans le virage 9. Autrement, le ravitaillement aurait été sa plus sûre chance de passer la Red Bull car l'équipe avait mal étagé la boîte de vitesses (6e trop courte), pensant que le vent de face serait plus important. Résultat, le Mercedes-Benz de a Brawn était au limiteur dans les cinq dernières secondes de la ligne droite menant au virage 12.
Rubens Barrichello, 36 ans, a complètement raté son 276e départ, faute de bien maîtriser son embrayage, et a perdu son sang-froid si l'on se fie à ses attaques lointaines sur Heikki Kovalainen et Adrian Sutil, que n'aurait pas reniées un Alex Yoong de la grande époque. A la clé, un tête-à-queue et un aileron grignoté. A l'entendre, l'Allemand aurait du s'incliner rien qu'en le voyant dans ses rétros ! Boîte de vitesses en berne, il a été stoppé par son équipe. 26 points de retard sur Button : bientôt intronisé N.2.
Red Bull - Webber P2, Vettel P3
Sebastian Vettel était "pendu" comme on dit dans le jargon et ça s'est vu. En pole grâce à deux tours d'essence de moins que la Brawn de Button, il en a beaucoup trop fait et la victoire n'était même plus un rêve après le virage 9. "Dans le premier tour, j'ai perdu la voiture, et c'est de ma faute", a-t-il reconnu. "J'ai aussi failli la perdre dans le deuxième tour. Mais au bout du compte, ça n'aurait rien changé. Jenson [Button] était trop rapide", a-t-il ajouté. Au passage, c'est sa deuxième boulette de suite après l'accident monégasque. L'ennui est que cette bêtise lui en a fait faire une autre. "Est-ce que ça m'a surpris qu'il passe de 2 à 3 pit stops ? Oui, vraiment" , a lâché Button. De rage d'avoir perdu la 2e place au profit de son coéquipier, Vettel a poussé jusqu'à la fin, histoire de mettre la pression. Et de se faire rappeler à l'ordre. L'ennui rencontré sur son V8 vendredi ne l'a donc pas refroidi plus que ça. Son bilan technique est positif car il a très vite tiré 100% de sa RB5 à double-diffuseur en dépit d'un faible roulage vendredi. Seul bémol, il est à 32 points de Button au championnat. Adieu le titre.
Webber est mené 7-0 par "Baby Schumi" en qualif mais il avait bien plus d'essence samedi. Sans s'affoler, l'Australien a serré le jeu dimanche. "Le deuxième relais a été crucial pour moi, j'ai attaqué très dur", a-t-il. Au championnat, il est 4e, à 1,5 point de Vettel.
Toyota - Trulli P4, Glock P8
Revoilà les TF109 à un niveau qu'elles n'auraient jamais du quitter à Montmelo et à Monte-Carlo. Qualifié 6e, Jarno Trulli a démarré comme un boulet de canon, virant 3e avant de repasser derrière Webber. "Après ça, j'ai lutté contre Nico Rosberg, que j'ai passé au 2e pit", a ajouté l'Iatlien. Avec le point de Timo Glock, parti de loin (13e) car fautif en Q2, Toyota renforce sa 3e place au Mondial Constructeurs avec 32,5 points, bien calé entre Red Bull (56,5) et Ferrari (20).
Williams - Rosberg P5, Nakajima P12
Voir la FW31 performer coup sur coup à Monte-Carlo et à Kurtkoy donne de l'espoir à l'écurie, qui se prend à rêver de garder Nico Rosberg. L'Allemand a immédiatement pensé à ses ingénieurs à l'arrivée : "Je dois les remercier pour mon super départ : j'ai gagné quatre positions. J'ai poussé pour passer Trulli mais il avait une meilleure voiture. J'espère garder ce rythme et scorer à chaque course. En ce moment, nous pouvons être régulièrement dans le top 8", a-t-il. Williams ne serait peut-être pas un mauvais choix pour l'an prochain, quand on voit Ferrari ou Renault se débattre -parfois sans succès- pour scorer.
Après une qualification très honorable, Kazuki Nakajima a fait son boulot en piste mais il a tout perdu au stand : "Tout s'est bien passé jusqu'au second pit stop (ndlr : écrou avant gauche grippé). C'est dommage car c'était la meilleure course de ma carrière. Ma voiture et ma stratégie m'auraient permis de battre Räikkönen et Alonso", a dit le Japonais, tout sans point.
Ferrari - Massa P6, Räikkönen P9
Le staff n'a jamais pu résoudre l'équation pneumatique ce week-end, et comprendre quel type était le plus adapté. La F60 est visiblement sensible et la vérité changeait d'une séance à l'autre. "Dès vendredi, ce fut compliqué de trouver la bonne façon de faire bien fonctionner les pneus : aujourd'hui, par exemple, les 'tendre' étaient mieux que les jours précédents, mais les utiliser dès le départ aurait été un risque à cause de la dégradation. Jusqu'à hier, elle était assez élevée", a expliqué Massa.
"Nous devons vraiment comprendre pourquoi nous perdons tant de vitesse d'un jour à l'autre", a dit Chris Dyer, responsable de l'Activité piste. "Aujourd'hui, nous n'étions pas compétitifs, pas seulement face à Brawn et Red Bull, mais aussi face à Toyota et Williams. Par-dessus tout, le premier tour nous a coûté cher, et ce n'est pas un hasard si le classement de nos voitures à la fin du premier tour était aussi le même qu'au drapeau à damier" . Effectivement, Kimi Räikkönen ne s'est pas remis d'un départ loupé (de 6e à 9e) : "Le premier tour a été décisif : j'ai perdu de précieuses places et ce fut impossible de les reprendre car nous n'étions pas assez rapides" . L'atypique circuit de Monte-Carlo n'était-il qu'une embellie passagère ?
Renault - Alonso P10, Piquet P12
Des problèmes de freins et de grip aux essais. Fernando Alonso se trouvait à sa place sur le 8e emplacement de la grille. Moins 2 en course. "J'espère que les nouveautés prévues pour Silverstone seront suffisantes pour nous permettre de viser les points et d'inverser la tendance dans la deuxième moitié de la saison" , a lancé l'Espagnol, qui espère revivre 2008. Nelson Piquet difficile à juger après la perte éliminatoire d'une écope en Q1, mais il n'avait pas spécialement brillé avant. Une bagarre épique et opiniâtre avec Lewis Hamilton (McLaren) qui maintient à flot son moral.
BMW - Kubica P7, Heidfeld P11
Les deux premiers points 2009 de Robert Kubica, qui en comptait 42 après le 7e GP 2008... "C'est bon de marquer des points. Je pense que j'ai bien piloté. Ma vitesse était bonne et je n'ai commis aucune faute", s'est satisfait le Polonais. Nick Heidfeld avant perdu avant de commencer. "J'ai perdu toutes mes chances à cause d'un problème dès le départ. Dans le tour de formation, j'ai réalisé que la voiture tirait d'un côté et le pneu avant gauche n'avait pas du tout de grip. Je suis resté calme et j'ai tapé dans les freins doucement. Ça a été mieux dans les 2e et 3e relais".
"Dans les premiers tours, nos voitures n'étaient pas assez rapides pour reprendre du terrain à nos rivaux directs. Mais après 40 tours, nos pilotes ont été capables d'aligner les chronos que nous attendions", a complété Mario Theissen, directeur de BMW Motorsport.
McLaren - Hamilton P13, Kovalainen P14
Un désastre. Les MP4 n'avaient pas de grip. Hamilton recalé en Q1 par la Force India-Mercedes-Benz sans KERS d'Adrian Sutil… Le calice jusqu'à combattre Nelson Piquet en course. Le champion du monde comprend que c'est bien le temps des vaches maigres et il a même peur du vide. "Le plus important est de garder la tête froide. Mon rôle consiste désormais à aider l'équipe à résoudre les problèmes de cette année pour faire la voiture possible l'an prochain. Quand elle me donnera une auto capable de gagner, je gagnerai. Nous allons maintenant nous rendre à Silverstone. J'espère repartir de ma course à domicile avec un grand sentiment de la part des fans. J'espère qu'ils ne vont pas me lâcher" , a-t-il dit.
"Une course qui a forgé le caractère de tout le monde dans l'équipe", selon Heikki Kovalainen parmi les sans-grades et bousculé par Rubens Barrichello : "J'ai eu une bonne bagarre avec Rubens. C'était bon de courir à la loyale et ce fut très satisfaisant de défendre ma position avec une tactique à l'ancienne et aussi grâce au KERS".
Force India - Sutil P17, Fisichella Ab
Adrian Sutil pour la deuxième fois de suite en Q2, avec le scalp de Lewis Hamilton. Content du rythme et de l'équilibre de sa machine. De ses joutes avec Kovalainen et Barrichello aussi. "Avec Barrichello, ce ne fut pas un problème : il m'a tapé une fois dans un virage mais je défendais juste ma position". Le Brésilien ne l'a pas vu ainsi et s'est plaint de l'intransigeance de l'Allemand.
Giancarlo Fisichella dominé aux essais et miné par ses freins tout le week-end. Jusqu'au 4e tour dimanche.
Toro Rosso - Buemi P15, Bourdais P18
Les "Seb" étaient persuadé d'avoir percé les secrets de la SRT4 à Monte-Carlo et attendaient Kurtkoy de pieds ferme. Logiquement, l'objectif était de qualifier les deux autos en Q2 et de viser un top 10 en course, pourquoi pas un top 8 moyennant une liste d'abandon un peu fournie. Buemi et Bourdais sont donc tombés de haut, et très haut même, en squattant les dernières places pendant trois jours. "Nous avons eu du mal, surtout avec les 'tendre', ce qui s'est clairement vu en qualification", avait admis Laurent Mékies, samedi. "Nos deux pilotes avaient des tactiques différentes : Buemi a seulement roulé en 'tendre' alors que Bourdais s'est concentré sur les 'dur' ", avait ajouté l' ingénieur en chef français. Dimanche n'a rien changé.
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