"Une course étrange"

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Mark Webber (Red Bull), pour la deuxième fois vainqueur dimanche à Monaco après 2010, a souffert en course.

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Crédit: Eurosport

Comment vous sentez-vous après cette nouvelle victoire à Monaco?
Mark Webber : C'est un sentiment incroyable. Ce fut une course très intéressante. Le départ a été plutôt sans histoires : j'ai creusé l'écart en pneus 'très tendre', en le gérant en même temps que Nico [Rosberg]. Nous avions une petite avance sur les autres. Et puis, la météo a été menaçante aux environs de la fenêtre de ravitaillement, nous n'étions pas sûrs de devoir rester un peu plus en piste pour passer des "intermédiaires" en cas de pluie et ce genre de trucs. Mais Nico est rentré, il avait pris la main et les autres ont du réagir à sa première attaque, comme aux échecs. La phase suivante de la course a été très étrange. Ce fut très dur de monter les "tendre" en température - les plus durs de la gamme ici, et Seb, qui les avaient (depuis le départ) ne les usait pas tant que ça. Il revenait dans le coup avec sa stratégie.
Nous essayions tous d'avoir la bonne température et au départ du relais, j'ai eu très très peu de grip à l'avant. J'ai dû composer avec ça et changer ma répartition de freinage et des trucs comme ça. Je gérais Nico et les autres. Mais bien sûr, Seb commençait à se dire "Humm, ça devient intéressant", je ne voulais donc pas lui laisser les 21 secondes magiques lui permettant de s'arrêter et de repartir encore devant pour gagner. Ça n'était pas dans le plan. Je suis parvenu à résoudre ça et me concentrer à nouveau sur Nico, et puis la voiture à la fin. Mais - comme l'a dit Fernando à sa descente de voiture - il y a des moments où il a prié pour qu'il pleuve, et quand elle arrivait il disait qu'il n'en voulait plus. Je pense que c'était comme ça pour tout le monde sauf pour moi, car pour le leader c'est toujours piégeux. C'est donc une journée incroyable pour l'équipe et pour moi. Je suis vraiment très content de gagner encore ici. Un grand souvenir pour moi. Fantastique.
Vous êtez le sixième vainqueur en six grands. Ça n'était jamais arrive en début de saison. Est-ce que ça va être la marque d'une saison déroutante ?
MW: C'est plutôt bien. Comme l'a dit Fernando, il y a des hauts et des bas en qualification et en course et c'est dur de prédire le déroulement des courses. C'est parfois frustrant pour nous car nous aimerions attaquer plus à la limite et tirer plus de ce que nous avons. Nous devons laisser une marge, pas seulement en termes de stratégie mais aussi en pilotage et d'autres choses. Nous aurons peut-être un septième vainqueur différent à Montréal. Mais j'aimerais que nous retrouvions une certaine routine maintenant. Nous avons tiré le maximum de ce que nous avions ce week-end. Nous avons été très très chanceux d'être en pole (ndlr : suite au déclassement de Schumacher). J'étais très très content de mon tour.
Cette deuxième victoire n'a pas semblé facile.
M.W. : Elle a été plus dure que celle de 2010, et les stratégies étaient différentes. Même si ça fait trois années d'affilée qu'une Red Bull part de la pole position et qu'on gagne la course (ndlr : victoire de Vettel en 2011).
A quel moment avez-vous pensé que vous aviez gagné ?
M.W. : Au tour 78, à la sortie du virage 19. C'est Monaco. J'ai regardé la course de 1983 ou 82. Prost menait (1982 donc) et à deux tours de la fin il est sorti. On ne sait donc jamais à quoi s'attendre ici car et on peut se faire botter les fesses très fort. C'est donc bien au dernier virage que j'ai su que j'allais gagner.
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