Comment avez-vous réagi quand Honda s"est retiré, en décembre dernier ? Vous êtes-vous dit que Toyota pourrait prendre le même chemin ?
J.T. : Pour être honnête, je me suis demandé ce qui se passait. Evidemment, le retrait de Honda a été un grand choc pour tout le monde. Mais Toyota est impliqué de façon différente en Formule 1. Etant donné les problèmes du système (économique) mondial actuel, on peut tout imaginer. Mais Toyota est suffisamment forte pour surmonter ça. Le message délivré par Toyota a été fort et très clair : nous sommes bel et bien ancrés en Formule 1. J'ai de suite été rassuré.
Etes-vous confiant sur l'avenir de Toyota en Formule 1, cette saison et au-delà ?
J.T. : Toyota est clairement engagé en Formule 1, mais doit y être pour une bonne raison : être l'une des équipes de pointe. 2009 va probablement être une saison clé pour nous.
Avez-vous une pression particulière, qui serait de gagner ?
J.T. : Oui. Toyota en est arrivé à moment où il faut vraiment concrétiser les résultats, pour justifier notre présence en Formule 1. Je ne dirais pas que c'est vital mais c'est devenu important maintenant car nous avons un peu fait du yo-yo ces dernières saisons. L'an dernier, nous avons obtenu des résultats, il y avait une très bonne ambiance dans l'équipe mais ça ne suffit plus : il nous faut franchir un palier et rejoindre les trois équipes de pointe.
Sentez-vous que vous en êtes à un tournant de votre carrière, que quelque chose va se concrétiser ?
J.T. : Cette saison, je pense que ça va le faire. Avec la bonne voiture, je vais traduire les attentes que chacun a placées en moi. Je suis confiant. Je ne sais pas pourquoi, mais même en ces temps de tension, de difficultés (pour la Formule 1), je suis relax et je crois vraiment que je peux réussir.
Etes-vous plus confiant que les années précédentes pour redevenir un vainqueur de Grand Prix. Ça fait un moment que ça ne vous est pas arrivé de gagner (ndlr: 2004, avec Renault) ?
J.T. : Oui. Spécialement parce que j'ai été extrêmement déçu de ne pas monter sur le podium du dernier Grand Prix 2008, au Brésil. J'espère surtout pouvoir me battre pour la victoire. J'ai gardé ce sentiment, cette conviction que Toyota peut devenir plus fort. Nous allons avoir cette chance cette année de peut-être gagner. Nous voulons être au top, nous mélanger très souvent sur les podiums avec les autres. Toyota est arrivé à un moment où l'équipe doit empocher sa première victoire. Tout le monde a la pression, moi compris. Mais c'est une pression normale. Je suis sûr d'une chose : si j'ai la voiture pour, je gagnerai.
Qu'attendez-vous des changements de règlement ?
J.T. : La hiérarchie va être un peu recomposée au début de la saison à cause des changements, dus à deux choses : les pneus slick et la configuration aéro radicale de la voiture. Tous les teams se sont demandés comment s'accommoder des nouvelles règles. Et puis, pour réduire les coûts les autorités ont décidé d'allonger la durée de vie des moteurs. Tout ça va avoir un gros impact, spécialement lors de la première partie de la saison. Nous n'aurons pas de suite d'idée claire sur les possibilités de chaque team. Certains teams vont bien démarrer, d'autres moins bien, certains auront la capacité de se relever, d'autres non… Et puis, l'autre grande interrogation dans toutes les équipes concerne le KERS. Je ne sais pas ce qui va se passer à propos du KERS, qui va l'utiliser, comment, s'il est fiable, s'il est sûr. Fondamentalement, nous ne savons même pas quel avantage nous allons en tirer et quel désavantage il induira.
Comment utiliserez-vous l'aileron avant ajustable, selon que vous roulerez derrière une voiture où tout seul ?
J.T. : C'est une interrogation pour nous, les pilotes. Avec l'aileron avant large, la voiture qui suit une autre voiture devrait être moins affectée car la voiture de devant aura par ailleurs, avec le règlement 2009, un aileron arrière plus petit. Le flux de la voiture précédente et qui arrivera sur l'avant de la voiture suiveuse sera donc moins perturbé. Et puis, cette année, nous aurons la possibilité d'ajuster l'aileron avant (jusqu'à 6° degrés) pour faire face aux différents problèmes rencontrés en course. Ça sera surtout vrai lorsque l'on suivra une voiture : c'est là que l'on perd de l'appui à l'avant et du grip. Il faudra relever l'aileron avant pour retrouver le grip normal.
Aurez-vous peur de d'endommager votre aileron avant dans un contact au premier virage, ou en roulant roues contre roues avec un autre concurrent ?
J.T. : L'aileron avant est très, très large… Et très large, ça signifie que c'est très facile de toucher une autre voiture. Au lieu de parler de rouler roue contre roue, on devrait dire aileron contre aileron… Et c'est le problème ! D'autre part, nous avons du renforcer la structure de l'aileron avant pour passer les bordures et les bosses sur certaines circuits. Ça induit beaucoup, beaucoup d'aspects techniques.
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