Massa, pole d'abstraction

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Sur un circuit monégasque qu'il dit ouvertement détester, Felipe Massa (Ferrari) a signé la pole devant Kimi Räikkönen (Ferrari) et Lewis Hamilton (McLaren).

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Crédit: Eurosport

Nelson Piquet et Jacques Villeneuve abhorraient Monaco. Cette détestation était à leurs yeux suffisante pour justifier leur absence au palmarès, nonobstant leur statut de champions du monde. Le circuit a très souvent accouché d'un vainqueur-adorateur, et les propos de Felipe Massa n'auguraient donc a priori rien de bon, jeudi. "Monaco n'est pas mon circuit préféré" , avait tranquillement assené le Brésilien de Ferrari, candidat au titre 2008. "J'aime bien plus les vrais circuits comme par exemple Spa (Belgique) ou la Turquie. Je préfère même bien plus les nouveaux circuits comme Bahreïn et la Chine que celui-là. Un circuit est ville n'est pas amusant à piloter".
Voilà pour la sentence, avant des précisions sur son dégoût : "Parfois, si on attaque un peu, on est lent. Il faut développer une conduite très technique, il faut être très attentif, car si on freine un peu tard, on y gagne mais parfois on y perd en sortie de virage. C'est donc très différent des autres circuits".
C'est tout au mérite du Pauliste d'avoir dépassé sa claustrophobie samedi, le temps d'une qualification princière qui l'a porté au firmament en Q1,Q2 et Q3, après 1:15.787 d'efforts et de précision qui valait la position de pointe. "Je n'arrive toujours pas à croire que je suis en pole !", s'est étonné le virtuose à la F2008 N.2. Avant de confier le secret de l'exploit : "J'ai attaqué dur aujourd'hui pour comprendre comment il fallait piloter ici car j'ai toujours eu du mal à chaque fois que je suis venu. Jeudi, j'avais du mal dans le secteur 2 mais je suis parvenu à tout mettre en place, à avoir une super voiture".
Sa force a été de dépasser ses réticences. Et, avant sa dernière tentative, son coéquipier, le champion du monde Kimi Räikkönen (Ferrari), et Lewis Hamilton (McLaren), ont fait le reste… "J'ai vu que mon chrono n'était pas loin de ceux de Kimi et Lewis" , s'est-il souvenu. "J'étais 0.2 sec trop lent. Je savais que je pouvais m'améliorer, mais ils étaient en étaient capables aussi. Seulement, j'ai beaucoup progressé ! J'ai fait un tour parfait (…), gagné du temps partout. Déjà, j'ai freiné tard au virage 1, qui n'a jamais été bon pour moi et nous comparé à McLaren. J'ai pensé que la voiture était trop arrêtée mais j'ai eu une bonne vitesse en sortie. Là, je me suis dit : 'Fonce, sur tout le tour' !"
Pas rancunier, Räikkönen a encaissé l'assaut avec son flegme habituel. Après l'incontournable "Evidemment, j'aurais préféré être en pole", et le corporate"deux Ferrari en 1ère ligne c'est super" , le Nordique a avoué l'origine de ses 0.028 sec de débours : "J'ai juste eu du mal à tirer le meilleur des pneus sur le premier tour chrono". Le problème reste endémique mais la Scuderia l'a mieux surmonté cette année. Elle tient sûrement sa meilleure chance de victoire depuis 2001.
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