Woods est redevenu Tiger. Depuis début 2003, le génial Américain collectionnait les déceptions là où il avait additionné les records et les exploits.
Parti à la recherche d'un swing plus régulier, plus maitrisé, et en quête de plus de longueur, il avait sciemment accepté de remettre son jeu en question. Quitte à ce qu'on marche sur ces plates-bandes.
"Je veux être meilleur que je l'étais à l'époque " clamait-il en ce début d'année. Le pari est presque gagné. Il est redevenu aussi fort qu'au temps de sa -première- splendeur.
Mais il aura dû tout de même aller puiser au fond de lui pour remporter sa 4e veste verte, après 1997, 2001 et 2002. Il dut tout d'abord courir après Chris DiMarco, leader à l'issue des deux premiers tours, avant de réaliser un 65 lors de la 3e journée, pour prendre la tête, dimanche matin.
"L'un des plus beaux coups que j'ai joués"
En fin de journée, le mano a mano prenait forme. Bien que parti avec trois coups d'avance sur DiMarco, Woods vit ce dernier revenir sur lui, trous après trous, jusqu'à arracher le play-off sur un birdie. La force mentale de Woods lui permettait de signer un birdie victorieux sur un putt à 4 ou 5 mètres, puis de lever les yeux au ciel. Woods était redevenu un tigre, après dix tournois du Grand Chelem insatisfaisants.
"Je dédie cette victoire à mon père qui se bat" , a déclaré Woods. "Il n'a pas été capable d'être là toute la semaine. (...) Chris (DiMarco) a fait beaucoup de jolis coups. Pour ma part, j'ai juste essayé de tout faire rentrer. Le putt du N.16 fut grandiose, l'un des plus beaux coups que j'ai joué. Et en barrage, j'ai frappé deux des meilleurs coups du week-end, un bois 3 et un fer 8 pour atteindre le green parfaitement. J'ai ensuite fini avec un joli putt."
"Faire 68 à Augusta pour finir à 12 sous le Par est d'habitude suffisant pour gagner", s'est étonné Chris DiMarco. "Mais j'ai simplement joué contre Tiger Woods. Cela a été serré jusqu'à la fin. En tout cas, je me suis prouvé énormément de choses. Vous savez, ce sport est tel que vous manquez un putt ici, vous manquez autre chose là. En se retournant sur les deux coups importants du jour, il y a eu son approche du N.16 qui est rentré et le mienne du N.18. Je ne sais comment elle a fait pour ne pas rentrer. Si ces deux coups avaient tourné dans l'autre sens..."
Enfin, après cinq semaines de répit, Thomas Levet est revenu à la hauteur du jeu qui lui avait permis d'être un des héros de la Ryder Cup. Toujours placé, le Français a pris la 13e place du Masters. Un authentique exploit.
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