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Les favoris au crible
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Publié 06/04/2006 à 17:19 GMT+2
De Tiger Woods, tenant du titre et quadruple vainqueur de l'épreuve, à Jose Maria Olazabal, auteur d'un début de saison convaincant, en passant par Phil Mickelson, Retief Goosen, Ernie Els et Vijay Singh, voici les principaux prétendants au titre sur le
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LA BANDE DES CINQ
Peut-on éviter de mettre Tiger Woods en tête de cette liste? Non, bien sûr. Le n°1 mondial est le favori de tous les tournois auxquels il participe et du Masters en particulier car sa préparation de début de saison ne vise qu'à atteindre une forme optimale pour le premier majeur de l'année. Après ses succès en 1997, 2001, 2002 et 2005, l'américain ambitionne pour sa 12e participation d'endosser une 5e fois la célèbre veste verte du vainqueur et de se rapprocher du record de 6 victoires à Augusta de Jack Nicklaus. Plaident également en sa faveur ses performances en 2006: trois victoires (Torrey Pines, Dubaï et le Doral) et 5 top 25 en 6 tournois. Sa moyenne de score sur le majestueux tracé géorgien est la plus basse des participants ayant disputé au moins 10 éditions: 70.83. Et sa puissance le place toujours parmi les 10 plus longs joueurs du circuit américain alors que le parcours vient encore d'être rallongé.
Et pourtant... et pourtant... à y regarder de plus près, l'horizon du n°1 mondial à la veille du Masters est encombré de quelques nébulosités. Ses deux derniers résultats en compétition sont modestes et presque préoccupants à quelques semaines de la descente de Magnolia Lane (20e à Bay Hill et 22e lors du Players Championship)... s'il s'est certes imposé cette année à trois reprises, ses succès ont été étriqués (deux play-offs et une victoire avec un coup d'avance). Si sa longueur continue d'impressionner, sa précision au drive est médiocre (une inquiétante 151e place dans cette catégorie statistique avec seulement 55% de fairways touchés).
Enfin, son mental exceptionnel, auquel il doit son palmarès plus encore qu'à sa technique parfois faillible, est fragilisé. Son père, à qui il avait dédié sa victoire l'an passé, lutte contre le cancer et le n°1 mondial a dû annuler une partie d'entraînement et une conférence de presse il y a 15 jours, à la veille du Players Championship, pour lui rendre visite en Californie. Alors ces tracas troubleront-ils sa concentration ou parviendra-t-il à les laisser au vestiaire? Ce sera sans doute la clé de sa performance à Augusta.
Mickelson a franchi un cap
Il a attendu 2004 pour remporter son premier majeur et semble depuis avoir trouvé une nouvelle sérénité. A 35 ans, Phil Mickelson a atteint la pleine maîtrise de son art et cette année son timing est parfait. Après avoir joué 6 des 8 premiers tournois de la saison, il a pris deux semaines pour se recharger et dimanche dernier, il a remporté la 28e victoire de sa carrière en s'imposant dans le Bellsouth Classic avec une avance de 13 coups, réalisant son meilleur score sur 72 trous (28 sous le par) et le 4e meilleur score dans l'histoire du circuit. Sa performance dans tous les compartiments du jeu était proche de la perfection. Outre son toucher exceptionnel, il a su trouver 80% des fairways sur le TPC de Sugarloaf, un tracé similaire à celui d'Augusta. Il a touché 64 greens sur 72, un record personnel, et a placé sa balle en moyenne 3m plus près du trou que n'importe quel autre joueur du champ.
A cette occasion et en prévision d'Augusta, le gaucher a emporté deux drivers dans son sac. Le premier lui sert à effectuer ses mises en jeu en fade, l'autre, plus long de 2,5cm, est étudié pour imprimer un effet de draw à sa balle. C'est avec cette nouvelle arme qu'il a atteint à Duluth le green d'un par 4 situé à 288m en montée. L'an passé, le « Kennedy des greens » a confirmé qu'il avait psychologiquement passé un cap en confirmant son succès d'Augusta par une 2e victoire en Grand Chelem, dans l'US PGA à Baltusrol. Son pire ennemi, lui-même, semble s'être enfin éloigné et le public américain l'adore. Alors sera-t-il dimanche le 1er joueur depuis Sandy Lyle en 1988 à remporter le Masters après s'être imposé la semaine précédente?
Goosen, le plein d'énergie
Son style est moins spectaculaire mais sur les greens c'est un tueur-né. Retif Goosen, le n°3 mondial, a la taille mannequin pour enfiler la veste verte. Augusta sied à son jeu comme en atteste sa 3e position au classement final l'an passé et sa 2e en 2002. Il n'a qu'un souhait, que les greens soient fermes et rapides car, dit-il, "je peux mieux juger de la vitesse sur des greens très rapides, mon toucher y est meilleur", des conditions qui l'avaient aidé à remporter ses deux US Opens en 2001 et 2004.
Le placide sud-africain n'a pas joué pendant 6 semaines durant l'intersaison, il avait besoin de se reconcentrer et de faire le plein d'énergie. Le résultat: 3 top 5 en 5 tournois dont une 2e place au Players Championship où il a totalisé 19 birdies et une 4e place la semaine dernière à Duluth. Et puis, j'allais oublier, pour ceux qui pensent qu'un putting d'exception ne suffit plus pour faire l'affaire à Augusta. Il a drivé en moyenne à plus de 280m sur le TPC de Sugarloaf. Alors ne vous laissez pas abuser par sa discrétion et surveillez son nom au leaderboard, il choisit souvent le dernier tour pour sortir du bois.
Els enfin gagnant ?
Si Goosen rêve d'un temps sec, son ami et compatriote Ernie Els le verrait bien doux et chaud. Depuis qu'il s'est déchiré les ligaments du genou sur un bateau l'été dernier, le Big Easy a la jambe sensible. Mais cette blessure a eu l'avantage de l'astreindre à un repos profitable après un début de saison 2005 épuisant. Son début de saison le prouve: après une victoire en décembre dans le Dunhill Championship, il ne s'est incliné à Dubaï qu'à l'issue d'un play-off face à Woods.
Il a également pris la 2e place de l'Open d'Afrique du Sud et pointe actuellement en 4e position de l'ordre du mérite européen. Aux Etats-Unis, il a fini 7e au Doral et 8e à Sawgrass le mois dernier. Au vu de ses performances au Masters (5 top 6 ces 6 dernières années), son absence au palmarès reste une anomalie. Sera-t-elle corrigée cette année pour ce champion tout-terrain déjà titulaire de 2 US Opens et d'un British Open?
Sing cherche le déclic
Dernier de la « Bande des Cinq" (les 5 premiers mondiaux qui ont remporté 16 des 25 derniers tournois majeurs), Vijay Singh est un peu en retrait cette saison. Même s'il reste très régulier (6 top 10 en 8 tournois et aucun finish au-delà de la 20e place), le compteur du grand fidjien ne s'est pas encore débloqué. Et le n°2 mondial a pris l'initiative inhabituelle de s'octroyer quelques jours de repos durant la fin de l'hiver en s'interdisant de toucher un club, signe que quelque chose ne tournait plus rond. Ses statistiques restent enviables même si elles trahissent un driving erratique.
Mais Augusta n'a aucun secret pour le Sultan of swing qui s'y est imposé en 2000 et qui a figuré avec constance parmi les 10 premiers du classement ces 4 dernières années. Un déclic cette semaine suffirait à réveiller ce monstre de talent qui ne surprendrait personne en mettant la main sur un 4e titre de Grand Chelem à l'occasion de ce 70e Masters.
LES OUTSIDERS
Même si le nouveau métrage du tracé écrème sans doute le champ des vainqueurs potentiels, ils restent nombreux à pouvoir ajouter leur portrait dans la Galerie des Champions du club-house.
Chris DiMarco était dans la dernière partie ces 2 dernières années. En 2004, une carte de 76 le dimanche l'avait relégué à la 6e place. L'an passé, l'américain avait tiré les leçons de cet échec mais le birdie assassin de Tiger Woods lors du play-off l'avait une nouvelle fois privé de victoire. L'heure de la revanche a peut-être sonné.
Vainqueur à Abu Dhabi sur le circuit européen, il compte 3 top 15 cette saison sur le sol américain. Blessé aux côtes après une chute de ski, il avait du faire l'impasse sur le Players Championship et a ensuite développé, par compensation, une tendinite au pied qui l'a gêné la semaine dernière dans le Bellsouth Classic où il a raté le cut. Mais DiMarco est un compétiteur hors-pair et il est capable de trouver les ressources pour décrocher le premier majeur dont il rêve.
José Maria Olazabal pourrait paraître un choix audacieux mais l'espagnol réalise un de ses meilleurs débuts de saison. Battu en play-off par Woods lors du Buick Invitational fin janvier, le basque reste sur 2 places de 7e et de 2e lors du Players Championship et du Bellsouth Classic. Sa relation au parcours d'Augusta le rend imprévisible. En 1999, personne ne s'attendait à le voir remporter sa 2e veste verte après celle de 1994. Ses faiblesses au driving devrait le disqualifier pour un 3e titre (il touche en moyenne moins de 9 fairways par tour de compétition depuis 10 ans), mais quand il foule les fairways d'Augusta Chema défie les statistiques. Pour lui, tout redevient possible.
Derrière ces ténors du circuit mondial, de jeunes joueurs ont les moyens et l'ambition d'inscrire leur nom au palmarès du plus prestigieux tournoi de golf, comme l'australien Adam Scott, 9e en 2002, son compatriote Geoff Ogilvy, le nouveau Champion du monde de matchplay, ou encore les anglais David Howell, actuellement en tête de l'ordre du mérite européen, et Luke Donald qui possède la plus basse moyenne de score à Augusta (70.75 après 8 tours de compétition et 3e l'an passé) et qui s'est imposé il y a un mois à Palm Beach Gardens.
Les paris sont ouverts.
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