On pouvait raisonnablement imaginer que le parcours d'Oakmont allait nous réserver des surprises pour la 107e édition de l'US Open. Mais peut-être pas celle de révéler un joueur certes pas méconnu, mais sans aucune référence sur les Majeurs. C'est pourtant le cas d'Aaron Baddeley. Le jeune prodige australien n'avait jamais fait mieux qu'une 57e place sur un Grand Chelem. C'était l'an passé, sur le PGA Championship. A part ça, ce golfeur de 26 ans, qui s'était quand même signalé en remportant le Verizon Heritage en 2006, n'avait jamais réussi à passer le cut, que ce soit sur le Masters, l'US Open ou le British Open. Mais, malgré cette inexpérience et le côté franchement indigeste du parcours d'Oakmont, Baddeley occupe pour l'instant la première place du classement du tournoi américain.
Et c'est loin d'être volé. Sur ces greens si impitoyables, l'Australien a réussi l'exploit de terminer dans le par lors des deux derniers tours. Déjà auteur d'une bonne carte de 72 sur la première journée, il est clairement le joueur le plus régulier de cet US open jusqu'à présent. Et il fait également partie des plus brillants. Passé en tête grâce à un birdie sur le 12, Baddeley a connu des difficultés à gérer la pression qui pèse fatalement sur le leader. Il l'a payé avec deux bogeys sur le 15 et le 16. Avant de réussir une fin de parcours remarquable, avec un superbe putt pour le birdie sur le 18 en guise de cerise sur le gâteau.
La remontée de Woods
Mais cette fameuse pression ne va pas le quitter tout de suite. Car, en plus d'être dans la position de leader au classement au moment d'aborder le dernier tour, il va aussi devoir gérer celle de jouer aux côtés de Tiger Woods. Le numéro un mondial a en effet opéré une superbe remontée lors de ce troisième tour. Treizième à cinq coups de la tête à l'entame de la journée, le Tigre aurait même pu prendre la première place si la réussite ne l'avait pas fuit sur quelques putts. Mais sa copie reste quand même presque parfaite: une carte de 69 avec deux birdies à la clé. Il pourra juste regretter de ne pas avoir fait mieux qu'un bogey sur le 18.
Sans quoi il aurait tout simplement signé la meilleure performance du jour. Celle-ci est finalement l'oeuvre d'un habitué de l'US Open, Steve Stricker, auteur d'une très belle carte de 68. Avec quatre coups de retard sur Baddeley, l'Américain aura lui aussi son mot à dire lors du dernier tour, tout comme ses compatriotes Jim Furyk et Bubba Watson. Avec Woods, ils seront les quatre plus grandes chances des Etats-Unis de remporter un titre qui fuit les golfeurs de la bannière étoilée depuis maintenant trois ans. Mais la concurrence anglaise et canadienne sera très forte. Calés à trois coups de Baddeley, Paul Casey, Justin Rose et Stephen Ames seront aussi de sérieux clients au moment de l'attribution d'un titre pour lequel Woods est désormais favori. Reste que le Tigre n'a jamais gagné un Majeur quand il n'était pas en tête à l'entame du dernier tour. Mais le parcours d'Oakmont ne nous a peut-être pas livré toutes ses surprises.
- Sur ce sujet



Imago





















