Mondial : Ce que les larges succès des Bleus ne disent pas

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Très nets vainqueurs de l'Argentine et de la Slovénie, les Bleus se présentent en demi-finale du Mondial avec de beaux succès pour affirmer leurs certitudes. Des victoires en trompe-l'œil ?

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0 défaite et des cartons : la France a-t-elle déjà réussi un tel parcours ?

La particularité de ce Mondial au Qatar est la disparition du deuxième tour. Auparavant, après un tour avec 24 équipes réparties en 4 poules, douze participaient à un second tour dont seules les quatre meilleures formations s'extirpaient pour le combat final. Cette année, il n'y a eu qu'une seule phase de poule avant des huitièmes de finale et quarts où la France a marqué son territoire, avec des victoires nettes sur l'Argentine (33-20) et la Slovénie (32-23). Il est donc difficile de comparer ces performances.
Mais il est à noter que les Bleus ne sont jamais arrivés en demi-finale en faisant le plein de victoires. Il y a toujours eu un accroc. Il faut remonter aux Jeux Olympiques de 2008 pour voir la bande à Karabatic ne faire qu’un seul match nul avant d’atteindre le dernier carré. Pour les autres éditions, au pire une défaite, au mieux deux matches nuls étaient venus gâcher le bilan des Français. Époque Onesta, il s’agit donc, avec un partage des points avec l’Islande en poule (26-26), de la meilleure campagne de l’équipe de France. Et dire que Jérôme Fernandez est à la peine, Daniel Narcisse touché au mollet et que Luc Abalo n’a pas fait le voyage.

Les Bleus sont-ils vraiment au-dessus du lot ?

Si l’Argentine a réussi son mondial en sortant de la poule D, elle est arrivée épuisée mentalement en huitième. La Slovénie a elle perdu contre l’Espagne et le Qatar et manquait cruellement d’armes offensives pour faire vaciller les Bleus. Les premiers matches des Bleus, face à ses adversaires du groupe C, offrent de nouveaux éléments. L’Algérie, qui avait gêné la France, a piteusement terminé dernière. Aucune équipe de cette poule, hormis la France, n’a réussi à aller plus loin que les huitièmes, la Suède, l’Islande et l’Égypte sortant dès les premiers matches couperets.
Alors, les Bleus, simplement heureux de tomber face à une adversité modérée ? Infliger de tels écarts n’est pas anecdotique pour autant. La France est la seule équipe à avoir pu plier ses rencontres avec une telle marge. Les trois autres quarts de finale se sont joués avec un écart de deux buts maximum. Si les Bleus ont distillé leur talent avec parcimonie au premier tour, ils restent sur 120 minutes de très haut niveau. La force des grands est aussi d’arriver sans encombre à la ligne d’arrivée. Ce n’est pas la Croatie, éliminée à la surprise générale mercredi par la Pologne (24-22) qui dira le contraire.

Alors, grands favoris pour la suite ?

Si la France avait le costume d’ultra-favori lors de son huitième et quart de finale, impossible de prendre de tels paris pour le match contre l’Espagne. Tout simplement parce que les Ibères sont champions du monde en titre. Aussi, parce que la Roja est la seule équipe qui a remporté tous ses matches dans cette compétition. Et que ce match est un classique de la dernière décennie. En 2006, c’est contre les Espagnols que la France avait remporté son premier titre sous l’ère Onesta (31-23). En 2014, c’est en demi-finale, à Herning, que la France avait fait tomber son adversaire au forceps (30-27).
Les deux équipes se suivent depuis plusieurs années et se retrouvent toujours à l’avantage des Bleus. Mais quand même. L’Espagne a éliminé, dans la revanche de la dernière finale du championnat du monde, le Danemark à la toute dernière seconde (25-24) dans le plus beau match de la compétition. En battant le Qatar en poule et le Danemark en quart, l’Espagne sait qu’elle a l’étoffe de remporter le titre mondial. Mais a-t-elle les armes pour battre les Bleus ? Une certitude, cette demi-finale est celle qui a le plus de chances d'accoucher du champion du monde. Après le hors-catégorie espagnol, la France pourrait, en finale, avoir à escamoter la Pologne ou le Qatar avec le statut d’ultra-favori. Et jusqu’ici, elle a plutôt montré qu’elle savait gérer cette pression.
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