Handball - Mondial dames 2009
19/12/2009 - 10:03Tervel, d'une finale à l'autre

Si la France bat la Russie dimanche en finale du Championnat du monde, la capitaine Raphaëlle Tervel occupera une place à part dans l'histoire du handball tricolore, celle d'unique double médaillée d'or.
Des dix-huit joueuses présentes en Chine, Raphaëlle Tervel est la seule qui était déjà là lors de la finale remportée en 2003 face à la Hongrie. Un moment épique qui restera à jamais gravé dans sa mémoire. "Il restait sept minutes et on avait sept buts à remonter. C'était un scénario absolument incroyable", dit-elle. Les championnes du monde sont parties à la retraite et la Bisontine de 30 ans a pris le brassard de capitaine dans un contexte très favorable car le nouveau groupe, constitué d'une grande majorité de jeunes joueuses, est le plus homogène qu'elle ait jamais fréquenté.
"C'est ce qui a changé un peu à la suite de l'arrêt de la génération précédente après Pékin. Avant, il y avait toujours des groupes et des affinités entre anciennes et entre nouvelles, même s'il ne s'agissait pas de clans. Le fait d'avoir une moyenne d'âge plus resserrée permet à l'équipe d'être plus soudée. Ca nous a bien aidées cette semaine", explique-t-elle. Autre différence avec il y a six ans, le statut de gros outsiders porté par les Françaises avant l'arrivée en Chine. "En 2003, on n'y allait vraiment pour faire quelque chose de grand. Là, j'ai un peu l'impression de vivre ce qu'elles ont vécu en arrivant en finale en 1999, dans le cheminement, dans l'épopée", dit-elle. Ce qui relie en revanche les générations et fait la particularité du handball français, c'est l'accent mis sur la défense. "Tout part de là. C'est grâce à ça qu'on a été championne du monde en 2003 et qu'on se retrouve encore en finale."
Présente jusqu'à Londres
La joueuse, qui peut évoluer aux postes de demi-centre, de pivot ou d'arrière, est un élément-clé du fameux système défensif 2-4, crucial dans la série de sept victoires en cours. Elle y est l'une des deux joueuses détachées vers l'avant avec pour objectif de perturber la circulation de la balle voire de la chiper. Mission accomplie car parmi les douze meilleures équipes du Mondial, la France est en tête pour les interceptions avec 76 balles volées, dont 20 par la capitaine, de loin la plus efficace chez les Bleues. Avec près de 200 sélections, la joueuse de Bera Bera, le club espagnol de Saint-Sébastien, a assez d'expérience pour aborder sa deuxième finale avec "moins de stress", sans que cela la satisfasse forcément.
"C'est sûrement un avantage dans un certain sens, mais l'adrénaline, l'état dans lequel on pouvait se mettre, me manquent un peu", dit-elle. Dimanche contre les Russes, Raphaëlle Tervel va de nouveau tout donner parce que "quand on a goûté à ces moments-là, on n'a qu'une envie, c'est de les revivre", mais aussi pour "ce groupe extraordinaire" qu'elle a décidé d'accompagner jusqu'aux prochains Jeux. "J'ai dit que je continuais jusqu'à Londres parce que je pensais qu'on pouvait y faire quelque chose avec cette équipe-là. Que les résultats arrivent aussi vite, c'est une surprise énorme."















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