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Lacrabère la botte secrète
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Publié 15/12/2011 à 20:28 GMT+1
La gauchère Alexandra Lacrabère est depuis le début du Mondial la botte secrète des Bleues, toujours présente dans les moments d'extrême tension pour transpercer les défenses adverses. Capable de jouer d'arrière droite et de demi-centre, elle a noué une relation particulière avec Allison Pineau.
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Avec son collectif axé sur la cohésion défensive, l'équipe de France a longtemps cherché des leaders offensifs. Elle s'en est trouvé deux au Brésil : les comparses Alexandra Lacrabère et Allison Pineau. Les deux joueurs aiguisent d'ailleurs chaque jour un peu plus leur complicité. En quarts de finale contre la Russie, lorsque Pineau a dû être décalée sur le poste d'arrière gauche, c'est Lacrabère qui est venue prendre sa place au centre. Un poste où sa vision du jeu et son timing de passe font fureur. Et quand les Russes ont pris la Messine en "stricte", Lacrabère a fait résonner la puissance de son bras gauche. "Alex est en train de devenir le patron de l'attaque", pouvait apprécier après coup l'entraîneur Olivier Krumbholz.
La Béarnaise de 24 ans n'est pas née de la dernière pluie, même en sélection. Elle a fait ses débuts sous le maillot tricolore à l'Euro 2006, qui s'était soldé par une médaille de bronze pour la France. La suite a été moins rose. Des blessures lui ont fait manquer les deux dernières éditions du Mondial. Mais la joueuse aux 85 sélections, formée à Bordes, puis passée par Bègles, Bera Bera (Espagne), Toulouse, a fait de gros progrès en défense depuis son arrivée à Arvor-Brest en 2010. Et elle a prograssivement su se rendre indispensable. Depuis le début du tournoi, son bras cause des misères aux défenses adverses. Mais c'est contre la Suède, en huitièmes, puis la Russie, qu'elle s'est véritablement décomplexée.
"L'amour du beau jeu"
"Quand je rentre sur le terrain et que je dis un truc, on m'écoute, apprécie-t-elle à quelques heures d'affronter le Danemark en demi-finale du Mondial. Je sais que dans tous les matches, il va falloir que je prenne mes responsabilités à un certain moment. Je ne force pas les tirs, j'attends mon heure pour mettre les buts qu'il faut et délivrer de bons ballons." Et de poursuivre : "C'est quelque chose que je ne faisais pas du tout par le passé. Mais j'arrive à maturité. Je suis capable d'être patiente, afin de bien décoder les situations. Je n'ai rien à perdre, je lâche tout, je suis vraiment bien."
Sa progression en équipe de France, elle la doit aussi à sa proximité avec Eric Baradat, l'entraîneur adjoint, qui l'a connue dans les équipes de jeunes. Une entente qui facilite les échanges avec Krumbholz, lequel apprécie sa capacité d'analyse. "J'ai plus d'échanges avec Olivier qu'avant", souligne-t-elle. "C'est aussi ce qui me permet d'être plus relâchée sur le terrain. Mais c'est donnant-donnant. Quand il me dit quelque chose, je l'écoute parce que je sais qu'il a raison." Elle alterne avec le même naturel sur les postes d'arrière droite et de demi-centre. C'est comme cela qu'elle a noué une relation particulière avec Pineau qu'elle complète à la perfection. "C'est le talent des deux joueuses qui fait qu'on a cette complicité", dit-elle. "C'est la vision du jeu qu'on partage, c'est l'amour du beau jeu. Ca ne s'est pas forcément travaillé à l'entraînement. C'est ça qui est beau, c'est que c'est vraiment le feeling."
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