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Jeux Olympiques : 2024, la cerise sur le gâteau dont rêve Paris

2024, la cerise sur le gâteau dont rêve Paris

Le 11/07/2017 à 17:11Mis à jour Le 11/07/2017 à 20:47

C'est la fin d'un faux suspense et d'une immense période de frustration : Paris accueillera bien les Jeux Olympiques, soit en 2024 soit en 2028. Le CIO a officialisé mardi à Lausanne le principe de la double attribution. La fin d'une interminable attente pour la capitale française. Mais ne pas hériter de 2024 serait une déception pour le dossier parisien...

Paris va donc revoir les Jeux Olympiques. Après Londres, et avant... ou après Los Angeles, la capitale française va accueillir le plus grand rendez-vous sportif de la planète pour la troisième fois de son histoire. Oui, Paris va revoir les JO, 100 ans ou... 104 ans après. Nous le saurons au plus tard à Lima, le 13 septembre, quand le Comité International Olympique entérinera entre Paris et Los Angeles les deux parts du gâteau 2024-2028.

Mais les deux villes ont depuis mardi la certitude de se partager ce gâteau, et c'est une première victoire pour elle. Engagées dans un duel frontal pour les Jeux de 2024, elles savent que le perdant ne sera en réalité qu'un gagnant différé. De quoi satisfaire le patron du CIO, Thomas Bach, lassé de "produire trop de perdants". La question de la date sera toutefois un enjeu non-négligeable. Peut-être plus encore pour Paris que pour Los Angeles. La candidature française, sans fermer la porte à 2028, a, plus encore que sa rivale américaine, fait de 2024 son absolue priorité.

Si, au final, elle devait se "contenter" de 2028, ce serait, sinon une forme de désaveu, en tout cas une vraie déception. Symbolique, d'abord, car ce serait une occasion manquée de fêter le centenaire des Jeux de 1924, les derniers, à ce jour, organisés à Paris. Ce serait aussi le signe que, dans les négociations à trois entre le CIO et Los Angeles pour la répartition des deux éditions, elle aurait perdu un bras de fer, alors que la tendance donne clairement Paris favorite pour 2024.

Certes, ce ne serait pas la gifle de 2008, ou le gigantesque coup de poing dans l'estomac de 2012, mais pas franchement non plus la grande accolade dont rêve Paris, qui se rêve autant désirée par les Jeux qu'elle ne les désire. Après la demi-victoire de Lausanne, Paris ne veut pas finir sur un demi-échec à Lima.

Le boulot a été fait, et bien fait

Reste que la décision tombée à Lausanne ce mardi permettra à la délégation française de se rendre à Lima le cœur léger. Dans le pire des cas, elle ne rentrera pas bredouille. Or après les cinglants échecs du récent passé, Paris ne pouvait se permettre de passer à nouveau à côté de la victoire. C'eut été une véritable humiliation. Le compromis inédit proposé par le CIO enlève cette épée de Damoclès.

Le boulot a été fait, et bien fait. Un dossier solide, bien ficelé, un quasi sans-faute sur la forme, des leçons retenues (les deux pieds sur le frein pour ne pas apparaitre arrogants, un surplus de lobbying au niveau international), Paris s'était donnée les chances de l'emporter. Mais rien ne dit que, face à Los Angeles, adversaire plus redoutable que ne l'aurait été Boston, le candidat U.S. originel avant de jeter l'éponge, cela aurait suffi. Paris, cette fois, a sans doute eu la chance de tomber au bon moment. Le timing des candidatures parisiennes n'a pas toujours été idéal, loin s'en faut. Là, ce fut le cas, entre position de faiblesse du CIO et abandons de divers concurrents.

Mais si le défi de la candidature s'achèvera au plus tard le 13 septembre, celui de l'organisation commencera et ce sera évidemment le plus complexe à relever. Paris a des atouts, à commencer par des infrastructures prêtes à 90%. Elle sera la première depuis des lustres à ne pas construire ou totalement reconstruire son stade olympique. Le Stade de France, érigé à l'occasion de la Coupe du monde 1998, sera celui-ci. La dernière ville organisatrice des Jeux d'été à utiliser une enceinte déjà existante comme stade olympique était… Los Angeles, en 1984, avec le Memorial Coliseum.

Stade de France

Stade de FranceAFP

La peur du coût

Au-delà du Stade de France, l'essentiel des grandes enceintes sont déjà sorties de terre, à l'exception de la piscine olympique, d'une seconde Arena à Bercy et du Village olympique, prévue à La Plaine Saint-Denis. Les travaux d'infrastructure, routières ou ferroviaires, auraient été engagés de toute façon, avec ou sans les JO. Avec celle de la sécurité, la question de la maîtrise des coûts, légitime au regard des précédentes éditions, sera néanmoins au cœur de la contestation qui, si elle est pour l'heure minoritaire (63% des Parisiens et 64% des Français selon un dernier sondage sont favorables à l'organisation des Jeux), n'est pas négligeable.

Même si l'Etat français et la mairie de Paris se veulent rassurants sur l'aspect budgétaire, les belles paroles n'engagent en la matière que ceux qui les écoutent. L'obtention des Jeux marque la fin des désillusions. Pas une raison pour que ce soit le début des illusions. Oui, les Jeux coûtent cher, et même si Paris n'est pas Athènes ou Rio, il s'agit d'un investissement colossal pour une ville et, au-delà, pour un Etat. Mais Paris, plus que toute autre ville au monde, a voulu ces Jeux. 1992, 2008, 2012, 2024. Quatre candidatures en un quart de siècle pour, enfin, parvenir à ses fins. Elle les a. Un premier pari a été gagné. Un autre s'ouvre. Il restera sept années pour le relever. Ou onze...

La Tour Eiffel aux couleurs des Jeux

La Tour Eiffel aux couleurs des JeuxEurosport

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