Jeux olympiques - Pékin 2008
29/04/2009 - 15:30Ramzi, le faussaire

Les six athlètes contrôlés positifs à l'EPO Cera lors des Jeux de Pékin sont désormais connus. Outre les cyclistes Rebellin et Schumacher, les athlètes Tsoumeleka et Perisic et l'haltérophile Contreras, le champion olympique du 1500m, Rashid Ramzi, fait lui aussi partie des fautifs.
On y voit plus clair. Mardi, le CIO avait dévoilé que six athlètes avaient été contrôlés à l'EPO Cera lors des Jeux de Pékin, l'été dernier. "Sur les 948 échantillons analysés, sept ont donné des résultats anormaux concernant six athlètes", avait annoncé le CIO dans un communiqué. Si la Cera, recherchée dans 847 de ces échantillons, a donné sept résultats anormaux, la recherche d'insuline s'était révélée négative dans les 101 échantillons analysés. Dans la soirée, un seul nom avait filtré dans la presse, celui du cycliste italien Davide Rebellin, médaillé d'argent dans la course en ligne derrière l'Espagnol Samuel Sanchez. Mercredi, le Comité olympique italien a confirmé qu'une enquête avait été effectivement ouverte au sujet de Rebellin pour un contrôle positif durant les derniers Jeux.
Restaient donc à connaître l'identité des cinq autres tricheurs. Un autre nom est tombé, et pas des moindres, puisqu'il s'agit de Rashid Ramzi, sacré champion olympique du 1500 m en Chine. "Le comité olympique national a reçu un courrier du lui disant que le 19 février un test, fait sur son athlète Rashid Ramzi, était positif à l'EPO appelé Mircera", ont expliqué les dirigeants bahreïniens qui précisent que Ramzi va se rendre " en France probablement le 8 mai" pour l'ouverture de l'échantillon B. Ramzi, double champion du monde du 800 m et du 1500 m en 2005, était le premier médaillé bahreïnien de l'histoire des Jeux en athlétisme. "Nous avons informé Rashid Ramzi que les tests étaient positifs et nous allons rapidement le rencontrer, a ajouté le comité bahreïnien. Le CNO confirme qu'il apporte son soutien à l'athlète, qui a le droit à l'analyse de l'échantillon B et à être entendu, a poursuivi le dirigeant bahreïnien. Nous collaborerons avec le CIO sur ce cas et si la seconde analyse est positive, nous prendrons les mesures nécessaires."
Aucun athlète français concerné

Le troisième sportif identifié est l'Allemand Stefan Schumacher, qui avait déjà fait l'objet d'un contrôle positif à l'EPO Cera lors du Tour de France. Avant ces six cas, neuf athlètes des Jeux de Pékin avaient déjà été convaincus de dopage et sanctionnés. Ces nouvelles révélations devraient entraîner la modification des podiums olympiques. Ainsi, dans le cas de Ramzi, son déclassement permettant au Français Mehdi Baala, quatrième de la course, de monter sur la troisième marche du podium. Le titre reviendrait alors au Kényan Asbel Kiprop, le Néo-Zélandais Nicholas Willis empochant l'argent. Concernant la course sur route en cyclisme, Fabian Cancellara hériterait de l'argent et le Russe Alexandre Kolobnev monterait des mois après sur la troisième marche. Pour l'heure, il faut attendre l'analyse des échantillons B qui, seules, permettent d'établir de manière définitive le contrôle positif.
Il n'y a en tout cas a priori aucun sportif français concerné par ces six nouveaux cas de dopage. Le CNSOF a indiqué mercredi qu'il n'avait pas été informé d'un cas français parmi les six athlètes des Jeux de Pékin qui ont été convaincus de dopage à l'EPO Cera. "Nous n'avons pas été sollicités par le CIO", a déclaré Jean-Paul Clémençon, directeur de cabinet du président du CNOSF. Si l'on peut s'étonner que ces résultats tombent si tard, il faut savoir qu'il s'agit là d'analyses rétrospectives ont été effectuées bien après les Jeux. Alors que la Cera est difficilement détectable dans les urines, un test de détection finalisé en septembre par le laboratoire de Châtenay-Malabry avait permis à l'Agence française de lutte contre le dopage de confondre trois autres coureurs du Tour de France passés entre les mailles du filet en juillet... dont Stefan Schumacher. Au vu de ces succès, le CIO avait décidé de faire de même et confié au laboratoire de Lausanne la tâche de ces nouvelles analyses, en collaboration avec le laboratoire de Paris et celui de Cologne, à l'origine du test de détection de l'insuline.















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