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Rencontre avec les Guénot
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Publié 07/12/2010 à 11:53 GMT+1
Jusqu'aux JO de Londres, nous avons décidé de suivre l'actualité de Steeve et Christophe Guénot, médaillés d'or (-66 kg) et de bronze (-74 kg) à Pékin. Ce mardi, les deux lutteurs tricolores reçoivent leurs homologues turcs au Cirque d'hiver. Le timing est idéal pour en savoir un peu plus sur eux.
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CHRISTOPHE ET STEEVE, chez les Guénot, la lutte, c'est réellement une affaire de famille ?
C.G. : On beigne dans la lutte depuis tout petit. Tout le monde en a fait dans notre famille. Avant d'être entraîneur, notre père était lutteur, comme la plupart de nos oncles également. Quand il a arrêté de pratiquer ce sport, vers 25 ans, il a souhaité prendre la direction d'un club dans notre région, en Bourgogne, à Champforgeuil. Il nous a d'abord entraînés. C'est lui qui nous a emmenés à la lutte depuis qu'on est mômes. Il a voulu rester dans la lutte pour se faire plaisir. Notre mère était dans l'administratif, mais elle n'est jamais montée sur le tapis...
A quel niveau votre père a-t-il évolué ?
S.G. : Il avait un bon national si je me souviens bien. Il faisait les championnats de France mais ça s'arrêtait là.
A-t-il décroché quelques titres ?
C.G. : (rires) Ouhlà, non ! Je ne crois pas...
S.G. : Chez les amateurs, peut-être champion de Bourgogne, et encore (rires)...
Depuis les Jeux de Pékin, vous considérez-vous comme des sportifs professionnels ?
C.G. : Oui, car on s'entraîne quand même deux fois par jour. On doit constamment surveiller notre poids.
S.G. : C'est notre métier. On s'entraîne comme des professionnels. On ne fait d'ailleurs quasiment que ça. Malheureusement, on ne vit pas de notre sport. Pour gagner convenablement notre vie, on doit travailler. Il y a encore deux ans, on avait un contrat avec la RATP...
Ce n'est plus le cas aujourd'hui ?
S.G. : Non, on ne travaille plus avec eux depuis les JO de Pékin. Ce départ nous a fait également quitter notre ancien club, l'US Métro. Pour ma part, cet été, j'ai signé un contrat d'images avec la police nationale. Je suis libéré de mes fonctions toute l'année pour pouvoir m'entraîner. En échange, je fais des actions de communication pour le ministère.
C.G. : Moi, je suis professeur de sport. J'ai passé le concours l'année dernière pour rentrer dans l'encadrement technique de la fédération. Si je ne l'avais pas réussi, je serais peut-être rentré également dans la police. Tant que je suis athlète, je continue de m'entraîner. Mais je fais pas mal de stages cette année avant d'être titularisé. Après les Jeux de Londres, il est prévu que je rentre définitivement dans le staff technique de la fédé.
Christophe, c'est donc en 2012 que vous raccrochez ?
C.G. : Normalement, oui. C'est la suite logique. Après Londres, j'aurais 33 ans.
Et vous, Steeve ?
S.G. : A priori, je vais jusqu'à Rio (2016). Après, on verra.
Christophe, vous êtes plus âgé que Steeve. Quel rapport entretenez-vous tous les deux ?
S.G. : On a vécu beaucoup de choses ensemble. A chaque fois qu'on part à l'étranger, on dort dans la même chambre. On est tout le temps ensemble. On se voit tous les jours à l'entraînement. On est très complices. Aujourd'hui, Christophe est marié. Il m'a laissé tomber (rires).
C.G. : C'est vrai que je le protégeais un peu quand on était plus jeune. Mais aujourd'hui, regardez-le : a-t-il franchement besoin d'être protégé (rires) ? Il est grand. Il sait ce qu'il a à faire. Mais on reste toujours aussi proches.
Steeve, à vos yeux, Christophe est-il un modèle ?
S.G : Je dois avouer que je le copie pas mal. Depuis le début de notre carrière, mais également de nos vies, c'est vrai qu'on a eu un parcours quasi-identique. Il a fait de la lutte, je l'ai rejoint. Il est rentré à la RATP, moi aussi.
C.G : (il coupe) Moi je teste les choses en fait. Et si ça va, je lui dis : "ok, c'est bon, tu peux venir !".
Ghani Yalouz est aujourd'hui DTN de l'athlétisme tricolore. Etes-vous toujours en contact avec lui ?
C.G. : Depuis les Jeux, on le voit moins souvent. Avant, on le voyait tous les jours. Aujourd'hui, il passe de temps en temps. Quand il vient à l'INSEP, il nous rend visite. Sinon, on le voit le mercredi dans notre club, dans le dixième arrondissement de Paris, car il fait partie lui aussi du Paris Cercle Lutte. A l'INSEP, si vous voulez le trouver, il faut chercher du côté du sauna. Il y est régulièrement (rires).
Avant de disputer les prochains Mondiaux qui seront qualificatifs pour les JO de Londres (*), votre actualité, c'est cette rencontre internationale entre la France et la Turquie...
C.G. : Voilà, c'est ce mardi, à partir de 20h. C'est une compétition qui se déroule au Cirque d'Hiver.
S.G. : C'est la cinquième fois que la France organise ce type de rencontre. Avant cela, on a gagné deux fois et perdu deux fois. Contre la Turquie, qui est une grosse nation de notre sport, on espère faire pencher la balance de résultats du bon côté.
(*) Pour obtenir un ticket pour les Jeux, il faudra se classer parmi les six premiers de sa catégorie.
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