Fourneyron, ministre

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Valérie Fourneyron a été nommée ce mercredi ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative.

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Décrite comme "travailleuse" et "tenace", par ses proches comme par ses adversaires, la députée-maire PS de Rouen Valérie Fourneyron, nommée mercredi ministre des Sports, compte parmi les rares femmes à la tête d'une ville de plus de 100.000 habitants. Rien ne la prédisposait pourtant à devenir une militante socialiste. Née le 4 octobre 1959 à Petit-Quevilly, dans la banlieue de Rouen, elle est issue d'une famille d'industriels tanneurs, catholiques et de droite. Son grand-père maternel était même un gaulliste engagé au côté d'Antoine Rufenacht au Havre.
Même si cet aïeul, à la fibre sociale, lui a communiqué très tôt le goût de l'action publique, cette femme de 52 ans s'est d'abord distinguée comme sportive de haut niveau, membre de l'équipe de France de volley-ball, lorsqu'elle était cadette, dans les années 1970. Celle qui aime se dépasser "par l'effort physique" est devenue ensuite médecin tout en restant dans son domaine de prédilection en se spécialisant dans la traumatologie sportive. Elle met ses compétences au service de clubs sportifs avant de prendre des responsabilités au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports.
Des qualités de "bosseuse"
Elle entre en politique au hasard d'une rencontre avec Yvon Robert, chef de file des socialistes rouennais, qui lui demande de réfléchir à la trame d'une action sportive municipale. Elle relève le défi et accepte de figurer sur sa liste. A la surprise générale, la gauche emporte la mairie en profitant de dissensions à droite entre les héritiers du démocrate-chrétien Jean Lecanuet, qui a régné de 1968 à 1993. Adjointe chargée des sports en 1995, cette femme énergique et peu soucieuse du paraître devient trois ans plus tard première adjointe. Son ascension est brisée aux élections municipales de 2001 par la victoire de la droite, qui profite à son tour de dissensions entre le PS et les Verts. Cette défaite lui fut très douloureuse et ce ne sont pas ses mandats de conseillère générale de Seine-Maritime et de conseillère régionale de Haute-Normandie qui suffiront à panser la blessure. Elle remontera patiemment la pente et s'imposera comme une femme incontournable sur Rouen en gagnant les législatives de 2007, puis les municipales l'année suivante.
Le 18 mars 2008, elle devient l'une des rares femmes maires d'une ville de plus de 100.000 habitants, avec Martine Aubry à Lille, Adeline Hazan à Reims, Maryse Moissans à Aix-en-Provence et Hélène Mandroux à Montpellier. La fonction a toutefois perdu de son aura à Rouen depuis la mort de Jean Lecanuet et la montée en puissance de la communauté d'agglomération présidée par Laurent Fabius, dont elle est proche. La ville ne compte que pour un cinquième de la population de cette intercommunalité (environ 500.000 habitants), bien mieux dotée financièrement.
Cela n'empêche pas Valérie Fourneyron de s'investir "totalement", passant des nuits entières à tenter de résoudre les dossiers délicats, selon son entourage. "Elle peut en pleurer si elle n'aboutit pas", dit un proche, qui loue ses qualités de "bosseuse". La sénatrice Nouveau Centre Catherine Morin-Dessaily convient qu'elle est "travailleuse" et "tenace", mais déplore "un manque d'écoute de l'autre". Soutien de Martine Aubry lors de la primaire socialiste, Valérie Fourneyron, députée combative sur les sujets touchant au sport, et particulièrement au dopage, a logiquement été chargée du dossier dans l'équipe de campagne de François Hollande. A ce poste au gouvernement, elle succède au judoka David Douillet, lui-aussi originaire de Normandie, mais dont elle vilipende la politique au service du "sport business".
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