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Procès Aramburu: un stress post-traumatique "incontestable" chez Loïk Le Priol, assure un expert-psychiatre
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Publié 17/09/2026 à 15:45 GMT+2
L'auteur des coups de feu mortels sur l'ex-rugbyman Federico Martin Aramburu, l'ancien militaire Loïk Le Priol, est atteint de manière "indiscutable" d'un état de stress post-traumatique (ESPT), a dit, ce jeudi 17 septembre à la cour d'assises de Paris, l'expert psychiatre Daniel Zagury.
Shaun Hegarty et Maria Aramburu, accompagnés de leurs avocats, arrivent au palais de justice pour l'ouverture du procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier.
Crédit: Getty Images
Neuvième jour, ce jeudi 17 septembre, du procès concernant la mort tragique de l'ex-rugbyman Federico Martin Aramburu. Une journée consacrée aux compte rendus des experts psychiatriques. Et celui réalisé par Daniel Zagury concernant Loïk Le Priol pourrait avoir son importance.
Selon l'expert psychiatre, le comportement de l'ancien militaire "peut être altéré dans une légère mesure par l'existence d'un trouble post-traumatique" dont l'existence est "indiscutable". Le médecin a également ajouté que l'alcool avait pu en amplifier l'effet chez l'accusé qu'il a qualifié, au détour de sa déposition, de "psychopathe de bonne famille".
Une peine revue à la baisse en cas d'altération reconnue du comportement
L'enjeu est d'importance pour Le Priol, 32 ans, qui encourt la perpétuité pour assassinat dans cette affaire. En cas de reconnaissance d'une altération de son comportement, la peine encourue, comme la période de sûreté durant laquelle tout aménagement de peine est exclu, sont susceptibles d'être revues à la baisse, sauf motivation spéciale de la cour, dans le verdict attendu le 25 septembre prochain.
Le Priol nie avoir voulu tuer Federico Martin Aramburu. Il nie encore plus avoir prémédité sa mort, affirmant s'être juste défendu face au rugbyman argentin, en épilogue d'une querelle alcoolisée, commencée dans une brasserie parisienne, avant de basculer dans une violence inouïe le 19 mars 2022.
Un EPST "parfaitement caractérisé"
Héritage de ses années dans l'armée, cet ESPT (PTSD en anglais) avait été reconnu par la justice en 2022, quand Le Priol avait été condamné pour l'agression d'un militant d'ultradroite. Ce syndrome avait également été diagnostiqué par la médecine militaire, après le rapatriement sanitaire mi-2015 de Djibouti, de celui qui appartenait alors à une unité d'élite de la Marine.
Le Priol avait à l'époque passé un test dont le score "est sans appel", 73 sur une échelle de 85, selon le Dr Daniel Zagury. Cet ESPT est "cliniquement (...) parfaitement caractérisé", a-t-il même insisté. Le Priol peut-il simuler ce trouble? demande le président Franck Zientara. "Au regard de ses idéaux de virilité" et du fait qu'il y verrait comme un signe de "faiblesse", il aurait plutôt tendance à l'"atténuer", répond Daniel Zagury.
Un facteur qui "n'explique pas tout"
Le psychiatre a toutefois relevé que s'il avait "un lien" avec les faits, cet ESPT "n'expliquait pas tout". Il "n'est pas en lui même un facteur criminogène" mais "peut être un acteur d'amplification de la réactivité dans certaines circonstances", a développé le médecin, évoquant l'alcool et le contexte de bagarre.
Cet état de stress post-traumatique peut-il disparaître avec le temps ?, a notamment interrogé un avocat de la défense de Le Priol, Pierre-Henri Baert. Ses effets peuvent s'atténuer, mais "disparaître, non", a répondu Zagury. Il peut y avoir des "flambées" sur "un fond permanent", notamment dans des "situations exceptionnelles comme celles de ce jour là".
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