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La réponse de Noah
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Publié 25/11/2011 à 15:23 GMT+1
Une semaine après avoir déclenché une énorme polémique pour ses propos sur le dopage, Yannick Noah a précisé sa pensée, sur le fond comme sur la forme, dans le journal Le Monde. Il regrette que certaines de ses paroles aient été prises au premier degré, notamment sur la légalisation du dopage.
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Ce n'était pas forcément son intention initiale, mais Yannick Noah a provoqué un petit séisme dans le milieu du sport, et particulièrement dans celui du tennis. Pour avoir accusé une semaine plus tôt dans le quotidien Le Monde l'Espagne d'avoir trouvé "la potion magique" et s'être dit favorable à la légalisation du dopage pour mettre fin à l'hypocrisie, l'ancien vainqueur de Roland-Garros a provoqué une foule de réactions, s'est fait traiter "d'enfant" et "d'imbécile" et un ministre s'est senti obligé de venir s'excuser "au nom de la France" au journal de 20 heures. Avec un tout petit peu de recul, il est revenu sur ce maelstrom dans un entretien accordé à ce même journal.
Noah s'est d'abord dit surpris par l'ampleur qu'a pris cette affaire. "Je ne m'attendais pas du tout à une réaction d'une telle ampleur et d'une telle violence, a-t-il confié. (...) Je ne pouvais pas répondre à tout le monde. Par exemple, à Jean-Louis Murat qui assure que je me suis dopé, un chanteur que je ne connais même pas ! A Toni Nadal, l'oncle de Rafael, qui dira à son neveu de ne plus me dire bonjour. Mais qu'est-ce que ça peut me faire qu'il me dise bonjour ou pas ! A Marine Le Pen, qui ne m'accorde pas le droit de m'exprimer parce que j'habiterais à l'étranger pour ne pas payer d'impôts en France. Je le redis donc, j'habite dans les Yvelines, je paye mes impôts ici, et oui, j'ai habité en Suisse entre 1992 et 1994 et j'ai payé mes impôts là-bas à cette période."
"Bien sûr que les sportifs espagnols ne sont pas tous dopés"
Sur le fond de l'affaire, Yannick Noah a précisé sa pensée. D'abord sur ses attaques envers le sport espagnol et ses nombreux succès actuels. "Bien sûr que les sportifs espagnols ne sont pas tous dopés", admet-il. Néanmoins, il n'en démord pas, quelque chose le chiffonne. Et Noah d'évoquer différentes affaires en guise de référence, à commencer par le cas Contador ou l'affaire Puerto. "Dans le dossier Puerto, ajoute-t-il, j'ai le sentiment que l'affaire a été étouffée, que des noms ont été dissimulés. Peut-être que je me trompe. En tout cas, j'ai l'impression très désagréable, compte tenu des nombreux témoignages que je reçois, de dire tout haut ce que tout le monde sait ou pense. Et je ne parle pas des gens dans la rue, mais de personnes dans les fédérations, de sportifs..." A ceux qui lui demandent d'apporter des preuves, l'ancien champion admet qu'il n'en a pas. "Bien sûr, je ne me suis jamais retrouvé dans des chambres avec des joueurs de foot en train de prendre des pilules ou de se faire piquer ! Je ne suis pas en train de pointer du doigt tel ou tel, mais un système."
L'autre sujet qui a fâché, c'est sa phrase sur la nécessité d'accepter le dopage et de le légaliser, Noah regrette que ses propos aient pu être pris au pied de la lettre. "Il s'agissait bien entendu d'une démonstration par l'absurde", s'est-il défendu. Il souhaitait simplement ouvrir le débat et briser une certaine omerta. "Mon intention n'était pas de dire : ‘A partir de maintenant, la bonne idée serait de mettretous les gamins sous perfusion !’ Mais entre ceux qui font semblant de ne pas comprendre, ceux qui ne savent pas lire, ceux qui n'ont pas d'humour et ceux qui sont motivés parce que, tout d'un coup, ils ont droit à la parole, on perd de vue l'objectif qui était le mien : soulever cette chape de plomb qui pèse sur le dopage. (...) J'ai été athlète pendant quatorze ans, capitaine de l'équipe de France : je me sens légitime pour poser une telle question."
Il en pose une autre, sur la réelle volonté des instances internationales et des états de lutter pleinement contre le dopage. "Pour en venir à bout, pour peu qu'on en ait envie, il va falloir un peu plus de courage, que ce soit au niveau des fédérations ou des hommes politiques. C'est tellement plus facile de me rentrer dedans." Ferme sur ses positions mais visiblement touché par les attaques dont il a fait l'objet, Yannick Noah avoue être "à fleur de peau" depuis le début de cette histoire. "Mon téléphone ne sonne pas trop en ce moment mais ça va, je n'ai plus 20 ans, je tiens le coup", assure-t-il.
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