TENNIS COUPE DAVIS 2013 France Arnaud Clément - AFP
 
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Coupe Davis - Arnaud Clément ne rigole plus


Par Eurosport
Dernière mise à jour Le 03/02/2013 à 01:06 -
Par Eurosport - Le 03/02/2013 à 01:06
Finies les boutades sur le court ou en conférence de presse. Arnaud Clément, en capitaine de Coupe Davis très concerné par l'enjeu, prend déjà son rôle au sérieux dès sa première apparition sur le banc de l'équipe de France contre Israël. Car il porte sur les épaules tous les espoirs de victoire finale. Et la pression qui va avec.

Arnaud Clément n'est plus le même homme. Habituellement décontracté en conférence de presse lorsqu'il était joueur, l'Aixois a changé son attitude en devenant le capitaine tricolore de Coupe Davis. Finies les petites phrases bien senties qui amusent l'assistance, les émotions sont laissées au placard, le temps est au sérieux de bout en bout. Le poids de la fonction y fait. Celui de l'enjeu aussi sans doute car reprendre le flambeau de Guy Forget n'est pas chose facile. Pourtant, ce premier week-end de Coupe Davis avait tout pour permettre au néo-capitaine de réduire la pression. La rencontre face à Israël, loin d'être une équipe redoutable - encore moins avec le forfait d'Andy Ram, 63e mondial et numéro un national -, était presque le match parfait pour débuter dans ses nouvelles fonctions.

Malgré cela, Arnaud Clément est resté de marbre tout le week-end. Même ses joueurs de double et ex-partenaires n'ont pas réussi à le dérider sur le court. Michaël Llodra, pas le moins bout-en-train de l'équipe, raconte : "Je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire une petite connerie au milieu du troisième set de notre match de double, quand on menait deux sets à rien, et 3-0 au troisième avec double break. Il m’a dit : 'T’as 10 secondes, cela me fait rire, mais je ne le montre pas, et ça repart.' " Et Clément de réagir : "Vous savez, lorsque vous êtes sur le terrain, c’est bien parfois de parvenir à se décontracter aux changements de côté. Et retrouver ensuite immédiatement sa concentration dès que l’on se lève pour reprendre la partie." Non, le temps n'est plus à la rigolade. Et ce n'est le clan tricolore qui s'en plaindra. Avec une belle équipe alignée pour le week-end à Rouen avec deux joueurs du Top 10 et une paire expérimentée en double, Arnaud Clément a montré qu'il n'était pas là pour plaisanter.

Clément : "En tant que capitaine, on est davantage dans la retenue, dans la réflexion"

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"L’émotion est différente, insiste la "Clé". Quand on est joueur, on court, on transpire. La foule nous pousse. Ce sont des moments fantastiques. En tant que capitaine, on est davantage dans la retenue, dans la réflexion. On ne peut pas se lâcher de la même manière que lorsqu’on est sur le terrain. Il faut garder toute sa lucidité à chaque instant. Mais c’est une joie très forte aussi…" Toute cette retenue dont il fait part a été immédiatement visible vendredi lorsqu'il était aux côtés de Jo-Wilfried Tsonga lors du match d'ouverture face à Amir Weintraub. Assez silencieux pendant la rencontre, le capitaine n'a pas voulu trop perturber son numéro un national aux changements de côté, même lorsque JWT était en difficultés entre le troisième et le quatrième sets. "On a communiqué, assure Tsonga, mais ce n’était pas un match trop compliqué. Il m’a laissé faire. Il sait que j’ai l’habitude de ces rencontres. C’est le genre de choses que je sais gérer. Son but est de me pousser, de m’amener dans un état assez positif et de me donner deux ou trois petits conseils."

Ses conseils, Richard Gasquet en a davantage profité lors de la deuxième rencontre face à Dudi Sela. "On l’écoute tous avec attention. Moi le premier, que ce soit technique ou tactique, témoigne pour sa part le dixième mondial. Sa présence est importante." "Il était à la fois serein, concentré et aussi très directif, poursuit Julien Benneteau. Il nous rassurait. On sait qu’il a l’expérience des doubles, des simples et des rencontres de Coupe Davis. Même si avec Mika on avait du mal à concrétiser nos occasions au début, il nous maintenait sous pression en nous disant : 'Les gars, continuez comme ça, ils vont baisser de rythme.' (...) On a réussi à maintenir ce niveau de jeu. Après, on a fait deux sets quasi parfaits." Pour avoir été joueur jusqu'à l'année dernière, Clément connaît ses joueurs par coeur. Il sait quand intervenir et quand rester en retrait. Un tempérament qui pourrait le distinguer de ses prédécesseurs. "On ne va pas commencer à comparer chaque attitude, rectifie Gasquet. Chacun son tempérament. Tout s’est bien passé pour moi. Donc, on n’a pas eu trop l’occasion de s’énerver !"

Gasquet : "La Coupe Davis, c’est un vrai objectif"

L'énervement aura peut-être lieu plus tard. Dès le printemps même. Arnaud Clément avait-il la tête à la prochaine rencontre, qui se déroulera finalement en Argentine les 5, 6 et 7 avril prochains ? Sans doute. Et là, pour le coup, les sujets de rigolade risquent d'être moins nombreux. Avec une sélection à peaufiner dans une réserve de "sept à huit bons joueurs", le capitaine aura peut-être un choix de riche à faire avant de s'envoler en Amérique du Sud. A moins qu'une blessure ne vienne résoudre son casse-tête. Sinon, comment gèrera-t-il les égos de ses copains-joueurs, visiblement tous décidés à jouer cette compétition et tous susceptibles d'avoir leur place dans cette équipe de France tant d'un point de vue de leur passé dans cette compétition que de leur classement actuel ? Ce week-end à Rouen, le groupe aligné avec Tsonga et Gasquet en simple et Benneteau-Llodra en double semblait logique, mais ni Gilles Simon ni Gaël Monfils n'étaient présents. Sans compter Jérémy Chardy, cinquième homme ce week-end, qui n'a pas dit son dernier mot...

Cela fait douze ans que les Bleus sont à la recherche d'une dixième victoire en Coupe Davis et, cette année, les prétentions de victoire sont clairement à la hausse. Peut-être plus que les autres années, vu la défection des meilleurs joueurs mondiaux dans cette compétition. Cela dit, aller en Argentine ne sera pas une partie de plaisir, mais le résultat sera révélateur de ce que les Français seront capables de faire. "C’est un vrai objectif, annonce Gasquet. L’équipe est forte. Il y a beaucoup de très bons joueurs dans ce groupe. J’ai joué cette fois. Peut-être que ce sera quelqu’un d’autre lors de la prochaine rencontre. Je pense que l’on peut réellement gagner cette Coupe Davis." "Chaque année, on se conditionne pour la gagner, renchérit Llodra. Mais il y a de bonnes équipes en face. On est convaincu qu’avec notre détermination, on peut ramener ce Saladier. On en rêve tous." Et de conclure : "La Coupe Davis, c’est l’objectif numéro un pour moi cette année. Je vais construire ma programmation en fonction de la Coupe Davis." Vous avez dit pression ?