Escudé: "A l'expérience"

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Après la lourde défaite face à l'Italie, Nicolas Escudé évoque la motivation de l'équipe de France de Fed Cup pour affronter la Slovaquie à Limoges. Le capitaine tricolore mise sur l'expérience de ses joueuses pour maintenir l'équipe de France dans le groupe mondial.

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Crédit: Eurosport

FED CUP - BarragesFrance-Slovaquie
Quelles joueuses avez-vous retenues pour ce match de barrage contre la Slovaquie ?
NICOLAS ESCUDE : "On va partir avec cinq joueuses, à savoir : Alizé Cornet, Amélie Mauresmo, Nathalie Dechy, Mathilde Johansson et Pauline Parmentier. Aujourd'hui, savoir qui est remplaçante, qui ne l'est pas, n'a pas trop de valeur. On verra au fil de la préparation et à l'approche de la rencontre."
Commentez-nous cette sélection ?
N.E. : "Alizé Cornet, Amélie Mauresmo et Nathalie Dechy sont les piliers de l'équipe, d'autant plus sur un match de barrage et sur une surface comme la terre battue. Bien que ce soit de la terre battue indoor, ce qui accélère un peu le jeu, c'est la meilleure surface d'Alizé Cornet. Amélie Mauresmo, elle, est indiscutable de par son expérience et l'aura qu'elle peut avoir au sein de cette équipe. C'est également le cas de Nathalie Dechy, grâce à son expérience et à sa qualité de joueuse de double."
"Concernant Mathilde Johansson, il s'agit d'une première sélection pour elle, même si elle ne fera pas forcément partie des quatre joueuses retenues. Elle a réussi de bonnes performances depuis le début de saison, face à des joueuses de gros calibre. Elle n'a pas toujours gagné ces matches-là, mais elle est rarement passée à côté. Enfin, Pauline Parmentier a peu d'expérience en Fed Cup, mais elle a sa place dans l'équipe, de par son jeu et de par le choix de la surface. Ce qui est sûr, c'est que sur un match de barrages, il ne va pas falloir tergiverser, mais viser la victoire à tout prix pour rester dans le groupe mondial."
Virginie Razzano est absente de votre sélection. Est-ce pour raisons personnelles, comme c'était le cas lors du premier tour ?
N.E. : "C'est comme la dernière fois, oui. Virginie est en difficulté en ce moment au niveau personnel. J'ai pris le choix et l'initiative de ne pas la sélectionner, tout en sachant qu'elle aurait de toute façon dû refuser la sélection. Je ne voulais pas la pénaliser pour le futur."
Quel bilan faites-vous de la première partie de saison des joueuses françaises ?
N.E. : "Cela avait très bien commencé, avec de bons résultats sur la tournée australienne. Puis, ça ne s'était pas très bien goupillé pour nous à Orléans au premier tour de la Fed Cup face à l'Italie. Mais j'avais dit à l'époque que le score (5-0) ne reflétait pas forcément la physionomie du week-end, surtout au vu des deux premiers simples du samedi, puisque la tendance aurait pu facilement être inversée en notre faveur. Ensuite, dans la foulée, Amélie Mauresmo a pratiqué son meilleur tennis à Coubertin lors de l'Open GDF Suez. Depuis, les résultats sont un peu moins bons, du moins sur la tournée américaine et sur le tout début de la saison sur terre battue. Mais dans l'ensemble, les résultats ne sont pas trop, trop mauvais."
Les mauvais résultats des Françaises sur terre battue à Barcelone vous inquiètent-ils un peu ?
N.E. : "Non, ça ne m'inquiète pas outre mesure. Parce que la Fed Cup n'a rien à voir avec ce qui peut se passer toute l'année sur le circuit. Forcément, quand on débarque sur une rencontre de Fed Cup, c'est quand même mieux si on peut avoir engrangé un peu de confiance. Mais je ne suis pas plus inquiet que ça. Il va falloir laisser les choses se décanter, que les filles installent bien leur jeu sur terre battue. C'est ce qu'on va essayer de mettre en &oeliguvre pour préparer cette rencontre."
Que redoutez-vous le plus chez ces Slovaques ?
N.E. : "Un peu tout ! Cibulkova est une joueuse multi-surfaces qui est maintenant dans le Top 20 depuis un an ou deux. Hantuchova a été parmi les dix meilleures mondiales pendant plusieurs années et elle est seulement redescendue au classement l'année dernière pour cause de blessure. Je connais un peu moins bien les joueuses qui arrivent derrière, mais ces deux là déjà sont extrêmement dangereuses. Elles ont déjà gagné de grands tournois, elles ont l'expérience de cette compétition. Cela va être, quoi qu'il arrive, un week-end très dur pour nous… comme pour elles ! En effet, l'équipe de France, de par la composition qu'elle a, a fière allure. On s'attend donc à un week-end acharné."
Vous allez jouer pour ne pas descendre. Comment comptez-vous gérer cette pression ?
N.E. : "La majeure partie des joueuses qui composent l'équipe ont déjà l'expérience des matches de barrage. Cela va faire la troisième fois en quatre ans que la France en dispute. Ce sera un peu plus compliqué, de par l'équipe qu'on affronte, puisqu'elle est d'un calibre un peu supérieur à celui des adversaires des années précédentes. Mais les filles ont l'habitude de ça, malheureusement ! On préférerait jouer une demi-finale qu'un match de barrages !"
"Mais on va essayer d'aborder cette rencontre sereinement, en faisant le travail qu'il y a à faire, en essayant de préparer les filles pour qu'elles soient dans les meilleures dispositions possibles pour arriver à pratiquer leur meilleur tennis durant ce week-end à Limoges."
Quel est votre état d'esprit avant cette rencontre ? Pensez-vous à une éventuelle descente ?
N.E. : "Cela peut arriver, mais je ne suis pas là à me dire « Attention, on va descendre », loin de là ! Au contraire, on part le couteau entre les dents, avec beaucoup d'ambitions pour arriver coûte que coûte à maintenir la France dans le groupe mondial. Alors oui, comme dans tout sport, il peut y avoir défaite et donc effectivement, il peut y avoir descente en division inférieure. Mais c'est juste dans un petit coin de notre tête, dans un tout petit coin là-haut, et on va essayer de ne pas trop y penser. Et surtout se concentrer pour bien se préparer et réussir à gagner, tout simplement."
Avec le recul, si vous pouviez revenir en arrière, changeriez-vous certaines choses du premier tour disputé à Orléans face à l'Italie ?
N.E. : "C'est difficile à dire. Au vu des deux premiers simples, cela s'est vraiment joué à pas grand-chose. Amélie (Mauresmo) a eu une balle de match face à Pennetta, Alizé (Cornet) a perdu en trois sets contre Schiavone et n'a vraiment pas été loin de remporter le match. Ensuite, le dimanche, Alizé est effectivement passée à côté. Mais quand on regarde le samedi, et sur l'ensemble du week-end, je ne vois pas grand chose. Si j'avais eu deux ou trois années d'expérience en plus en tant que capitaine de Fed Cup, cela aurait sûrement servi. Si Alizé avait eu aussi quelques victoires derrière elle en Fed Cup, cela aurait sûrement servi. Si Amélie avait remporté l'Open GDF Suez juste avant cette rencontre, elle serait arrivée en pleine confiance. Plein de paramètres font que, de temps en temps, les événements se goupillent dans le bon sens ou non. Mais de là à changer vraiment des choses, aujourd'hui, non, je ne vois pas ce que j'aurais pu changer."
En quoi la lourde défaite contre l'Italie peut-elle vous servir pour cette rencontre et que vous a-t-elle appris ?
N.E. : "Cela peut peut-être apporter un esprit de revanche. Même si les filles l'avaient déjà forcément face à l'Italie puisqu'elles avaient perdu face aux Italiennes en 2006 et 2007. Mais là, c'est autre chose. Ce n'est pas un premier tour avec une séance de rattrapage derrière en cas de défaite. Là, le couperet peut être immédiat. Il va donc falloir y aller avec une hargne pas possible pour ramener la victoire coûte que coûte."
Personnellement, qu'avez-vous appris sur ce premier tour ?
N.E. : "Des choses que je savais déjà ! Que rien n'est jamais acquis, que le sport de haut niveau tient vraiment à très, très peu de choses. J'ai appris aussi que travailler avec les filles est différent. J'ai une fille à la maison, je vais bientôt en avoir deux, je commence à connaître la psychologie féminine mais c'était quelque chose de nouveau pour moi. Et c'est pour ça que je me suis aussi beaucoup appuyé sur le staff, et notamment sur Alexia Dechaume qui m'a apporté les manques que je pouvais avoir à ce niveau là !"
En Fed Cup, Alizé Cornet compte trois défaites en trois matches de simple disputés. Elle semble avoir du mal à gérer la pression. Comment pourrait-elle se libérer selon vous ?
N.E. : "C'est difficile à dire. La Fed Cup n'a rien à voir avec ce qui peut se passer toute l'année sur le circuit. Là, on joue pour son pays. Vous avez toute une équipe avec vous, une équipe qui est là pour vous. C'est une approche un peu délicate. C'est vrai que pour Alizé, ça ne s'est pas très bien goupillé jusqu'à présent, mais c'est une joueuse en devenir, qui est jeune et qui aujourd'hui encore va être n°1 de l'équipe. Mais il ne faut surtout pas qu'elle se mette une pression supplémentaire par rapport à ça. Oui, on compte sur elle, oui on espère qu'elle va gagner des matches, tout comme les autres joueuses d'ailleurs ! Mais il faut qu'elle arrive à se détacher de ça et à gérer un peu plus cette pression. Je pense que la lourde défaite qu'on a vécue contre l'Italie va forcément l'aider, c'est sûr."
L'équipe de France va disputer son troisième match de barrage en quatre ans. Comment expliquez-vous ce manque de résultats ?
N.E. : "Peut-être parce que les Françaises n'étaient pas au meilleur de leur forme lors des rencontres de Fed Cup. Peut-être parce que certaines joueuses ont fait l'impasse sur la compétition à certains moments, comme c'est encore le cas aujourd'hui pour certaines. Ensuite, c'est un tout. Cela se joue à vraiment rien. Mais de par le standing et de par ce que représente la France au niveau international, c'est un peu dommageable et triste de voir que ça fait quatre ans qu'on est obligé de jouer les barrages. Cela va être à nous, à moi, de sensibiliser les filles. C'est ce que je fais depuis que je suis en poste. Rien n'est jamais acquis, il faut toujours se remettre en question, d'autant plus sur une compétition comme celle là.
Y aura-t-il un stage de préparation ?
N.E. : "On va partir dès vendredi soir (le 17 avril) sur Limoges pour être sur place tôt, afin de bien travailler et de bien préparer la rencontre. "
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