Tiriac défend son choix

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Avant le Masters 1000 de Madrid, Ion Tiriac assume totalement le choix de la terre battue bleue, contre les avis de Nadal, Federer et autres cadres du circuit.

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Crédit: Eurosport

Ion Tiriac, que nous avons rencontré à Madrid à quelques jours de l'ouverture du deuxième Masters 1000 sur terre battue de la saison, n'est pas un homme à s'embarrasser avec de pécadilles. "J'espère qu'ils sont professionnels. Ils travaillent ici et nous offrons près de 10 millions de dollars de prix à Madrid. Je ne vois pas où est le problème." Ils, ce sont Nadal et Federer. "Le problème", c'est la couleur de la terre battue déployée à Madrid, qui fait plutôt l'unanimité contre elle dans le circuit, même auprès des plus grands, une réaction que le directeur du tournoi retourne comme une deuxième balle pas travaillée. "Je n'ai pas demandé ou M. Nadal et M. Federer pourquoi ils n'aimaient pas la terre battue bleue, nous dit Tiriac. Si encore ils l'avaient essayée, comme l'ont fait Safin, Feliciano (Lopez) et quelques autres joueurs espagnols, ils auraient une bonne raison de parler. Ils ne l'ont pas fait. Ils se sont contenté de dire qu'ils n'aimaient pas la terre bleue."
Tiriac perçoit ce mouvement de refus comme le symptôme d'un sport ultra-conservateur, et dont ses stars seraient les porte-paroles. "Il y a vingt ans, quand j'ai introduit la terre battue bleue pour la première fois dans le monde, le tournoi de Stuttgart en était très heureux. C'était une nouveauté et les gens aimaient ça. Quand, aux Etats-Unis, on a utilisé des briques pilées grises ou vertes, personne n'a rien dit. Il est mathématiquement prouvé que ce bleu, déjà utilisé dans de nombreux tournois comme Indian Wells et Key Biscayne, permet de mieux voir la balle. Cela ne veut pas dire que Wimbledon va changer son gazon vert en gazon bleu ou que Roland-Garros va renoncer à sa couleur traditionnelle, mais je pense que nous pouvons et devons faire avancer le sport autant que nous le pouvons."
Car si Tiriac a imposé son innovation, c'est moins pour faire l'original que pour offrir une chance supplémentaire de valoriser le jeu et les joueurs. "Si je peux donner au joueur la possibilité de visualiser la balle un peu mieux, je vais le faire. En plus, c'est beaucoup mieux pour la perception du tennis à la télévision. Le tennis est engagé dans une lutte avec d'autres sports pour sa visibilité et c'est le sport qui a le moins évolué par rapport aux autres ces quarante dernières années. Le hawk eye et le tie-break sont des changements que les gens ont fini par accepter. Je ne m'attends à ce que tout le monde me tombe dessus et dise 'qu'est-ce qu'il est malin, ce Tiriac', mais je pense que les gens disent un peu trop facilement : 'non, non, non, non'. Moi je pense que les joueurs ne font que passer et que le sport reste, lui." Même quand les joueurs s'appellent Nadal et Federer visiblement.
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