PHM: "Une autre carrière"

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Paul-Henri-Mathieu, revenu sur les courts fin janvier après quinze mois d'arrêt pour une opération d'un genou, a expliqué après sa victoire (6-0, 6-1) sur l'Américain Donald Young lundi au 1er tour du Masters 1000 de Monte-Carlo, qu'une "autre carrière" avait commencé pour lui.

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C'est votre première victoire dans un tournoi de cette importance depuis votre blessure. Que signifie-t-elle?
Paul-Henri-Mathieu: Je suis content d'avoir gagné. J'avais un bon premier tour et j'en ai profité. Je retrouve un peu mes repères de terre battue. En 2010 j'avais une pubalgie, donc ça fait pratiquement deux ans que je n'ai pas joué sur cette surface. Il faut que je me réhabitue, que ce soit tactiquement ou physiquement. Ca va revenir petit à petit, mais pas d'un coup.
Qu'est-ce que cela représente de jouer à nouveau dans un tel tournoi?
PHM: Quand je me suis retrouvé ce matin à l'échauffement sur le court central, j'avais du mal à croire que j'étais là. J'en rêvais l'année dernière à un moment où ça me paraissait impossible.
Y-a-t-il encore de l'appréhension liée à votre blessure?
PHM: Je ne peux pas appeler ça de l'appréhension. C'est une blessure qui a été plus ou moins réparée, et qui est derrière moi maintenant. Je n'ai pas les genoux de quelqu'un de 20 ans, donc il faut que je gère entre les matches. Mais j'arrive à jouer à 100% sans problème et pour moi c'est le plus important."
Avez-vous douté pendant votre blessure?
PHM: Ce serait malhonnête de dire que je n'ai pas douté pendant ces quinze mois. Ca a été une remise en question quasi-quotidienne. Mais je me suis accroché. Je suis fier d'avoir persévéré."
Qu'est-ce qui vous a permis de vous tenir?
PHM: Ce qui m'a fait tenir, c'est de pouvoir rejouer sur des tournois comme ici, pouvoir rejouer un jour à Roland-Garros, de faire des gros tournois. Pour un sportif de haut niveau, c'est toujours très dur de devoir arrêter sur blessure. Ce sont des moments qui étaient vraiment douloureux."
En quoi cette expérience vous a-t-elle changé?
PHM: On est obligé de tirer du positif de ces moments-là. Sinon, on n'avance pas et on voit tout en noir. On apprend à relativiser beaucoup plus, on accepte beaucoup plus de choses qu'avant. J'ai plus de détachement.
Vous sentez-vous plus fort qu'avant?
PHM: Mentalement oui. Forcément on a quelque chose en plus que les joueurs qui n'ont pas vécu ce genre de blessure. Parfois, c'est malheureux, il faut passer par ces périodes-là pour se rendre compte qu'on a vraiment de la chance et qu'on vit une vie fabuleuse."
Comment envisagez-vous l'avenir?
PHM: La page de ma première carrière est tournée. Pour moi, c'est une autre carrière, en espérant qu'elle sera longue. Quand on s'arrête si longtemps, on ne sait pas trop si on va revenir. On fait beaucoup d'efforts pour revenir. C'est très difficile de savoir jusqu'où je peux aller, parce que quand on recommence à zéro ce n'est pas facile."
Pensez-vous au jour le jour, ou à long terme?
PHM: Au jour le jour. Parce que je ne sais pas comment je vais réagir dans trois semaines sur le court. Il faut que je réapprenne à enchaîner les tournois, à bien récupérer entre les matches. Comme je l'ai dit, c'est une nouvelle carrière, donc c'est un peu nouveau pour moi."
Vous êtes actuellement 350e. Mais comment évaluez-vous votre niveau réel?
PHM: C'est difficile à dire. Sur terre battue, si je fais un bon match, je pense que je peux encore jouer dans les 50 sans problèmes. Après est-ce que je peux hisser mon niveau de jeu encore au-dessus? Le classement pour moi c'est vraiment secondaire. Il faut attendre une année, voire deux pour que ce soit vraiment significatif."
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