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Un pays s'éveille
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Publié 27/01/2010 à 16:46 GMT+1
L'heure du tennis chinois a peut-être sonné. Pour la première fois de son histoire, deux représentantes chinoises, Na Li et Jie Zheng, peuvent jouer une finale de Grand Chelem l'une contre l'autre. Elles devront battre Serena Williams et Justine Henin jeudi. Et ce n'est peut-être qu'un début...
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Crédit: Eurosport
OPEN D'AUSTRALIE - Demi-finales dames
Na Li (CHN, 16) - SerenaWilliams (USA, 1)Face-à-face : 3-1 Serena
Jie Zheng (CHN) - Justine Henin (BEL, WC)Face-à-face : 1-0 Henin
Les Etats-Unis en 2002 avec Serena Williams, la Belgique en 2003 avec Justine Henin et Kim Clijsters, la Russie en 2004 avec Anastasia Myskina, Maria Sharapova et Svetlana Kuznetsova, la Serbie en 2008 avec Ana Ivanovic et Jelena Jankovic... A chaque année, son pays sur le circuit WTA. Et alors que l'actualité est trusté par le retour tonitruante de Justine Henin sur le devant de la scène, 2010 pourrait sonner l'éclosion définitive du tennis féminin chinois. Avec Na Li et Jie Zheng qualifiées pour les demi-finales à l'Open d'Australie, l'Empire du Milieu s'impose en ce début de saison comme une des nations phare de la discipline. La présence historique des deux joueuses à ce stade de la compétition n'est pas le simple fruit du hasard ou due à des circonstances ou un tirage favorable, mais bel et bien à un long travail entrepris par un tout un pays en prévision des Jeux Olympiques de Pékin en 2008.
Soucieux de ne pas manquer le rendez-vous planétaire que constituent les JO, de prouver à tous la puissance du pays, le gouvernement chinois s'est évertué à partir de la désignation de Pékin en 2001 d'attirer certains des meilleurs entraîneurs ou techniciens pour former les meilleurs athlètes possibles dans toutes les disciplines olympiques. Une formation souvent forcée qui a largement porté ses fruits, parfois même plusieurs années avant le rendez-vous pékinois. A Athènes en 2004, la paire Li Ting-Sun Tiantian décrochait ainsi l'or avant que Jie Zheng et Yan Zi n'offrent deux premiers titres du Grand Chelem en double en 2006 à l'Open d'Australie et à Wimbledon. Des succès qui ont poussé la Fédération chinoise à poursuivre sur la même voie. En 2008, Na Li avouait ainsi au quotidien China Daily qu'elle "n'aurait jamais poursuivi une carrière dans le tennis si elle n'y avait pas été forcée par les dirigeants sportifs de son pays".
Tout un pays derrière elles
La prochaine membre du Top 10 ne doit pas le regretter ce travail forcé. Contrairement à Sharapova ou Ivanovic par exemple, Na Li et Jie Zheng, 28 et 26 ans, ne sont pas des prodiges précoces mais doivent leurs résultats actuels à un long travail et une lente progression. Elles n'ont ainsi pas hésité à s'attacher respectivement les services de l'emblématique Nick Bolletieri, ancien mentor d'Agassi, et Thomas Hogstedt, coach de Haas, pour franchir les échelons supplémentaires et ne pas demeurer de simples spécialistes de double.
Grâce à sa place de demi-finaliste à Wimbledon en 2008, Zheng est déjà une star dans son pays. Aujourd'hui, ses exploits et ceux de sa compatriote tournent en bouclent sur la chaîne nationale CCTV. D'ores et déjà entrées dans l'histoire de leur pays grâce à leur qualification en demi-finale de l'Open d'Australie, Na Li, somptueuse tombeuse de Venus Williams, et Jie Zheng semblent prendre goût à la victoire et ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin, même si Serena Williams et Justine Henin, font figure de grandissime favorite. "Je me dis que toutes les joueuses qui sont en demi-finales ont une chance de gagner le tournoi", lance sans complexe la cadette. "Je regarde jouer Henin tout le temps et je prends du plaisir. Pour moi, cela constitue un grand défi. Mais j'aime ça. Je veux faire quelque chose". Elles ne sont plus à un exploit près, d'autant plus que plus d'un milliard de supporters se mettent à rêver d'une finale 100% chinoise. On n'en est pas encore là, mais on n'en a jamais été aussi proche.
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