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Roger Federer, le pari de la nouvelle raquette

... et le pari de la nouvelle raquette

Le 23/01/2014 à 17:16Mis à jour Le 23/01/2014 à 23:06

Outre la présence de Stefan Edberg en tant qu’entraîneur, une autre nouveauté est apparue dans l’environnement de Roger Federer ces dernières semaines : une raquette au tamis élargi. Un changement important pour le Suisse, qui espère y gagner puissance et régularité.

Un changement d’instrument n'a jamais rien d'anodin pour un soliste. Mais cette fois, Roger Federer semble bel et bien parti pour tourner la page. Après être resté fidèle depuis le début de sa carrière à diverses évolutions du modèle "Pro Staff" qui a fait la renommée de la marque Wilson - Stefan Edberg et Pete Sampras l'ont utilisé auparavant - le Suisse est apparu en Australie, à Brisbane d’abord, puis à Melbourne, avec une nouvelle raquette, d’un noir sobre aux allures de prototype et, surtout, au tamis élargi. Rare joueur en activité à évoluer encore avec un tamis de 90 pouces, le Suisse n'a pas fait dans la demi-mesure puisqu'il a choisi de passer au 98 pouces. Il avait déjà tenté une première fois l’expérience à l'été 2013. Bilan : défaite au premier tour à Gstaadt contre Daniel Brands et en demi-finales à Hambourg contre Federico Del Bonis. Mais dans la foulée de sa déroute à Wimbledon contre Sergiy Stakhovsky, le moment n’était sans doute pas idéal pour entamer pareille révolution.

Alors, cet hiver, sur la lancée d’une fin d'année 2013 plus conforme à son standing, Roger Federer a renouvelé sa demande de nouveau matériel auprès de son équipementier américain. Douze raquettes spécialement préparées à son intention lui ont été livrées durant l'intersaison : "Ce n’est pas le modèle avec lequel j’avais joué cet été après Wimbledon. Wilson a tenu compte de mes sensations pour me proposer une nouvelle raquette. Je l’ai testée pendant deux semaines et demie. Elle me plaît vraiment davantage que celle de cet été." Après un galop d'essai mitigé à Brisbane, terni par une finale manquée face à Lleyton Hewitt, le Suisse a visiblement trouvé ses marques avec l'outil dans cet Open d’Australie. Auteur notamment de deux prestations accomplies devant Jo-Wilfried Tsonga et Andy Murray, Federer estime voir la différence : "Cette raquette m’aide sur le revers et sur le service. C’est une question de puissance. C’est plus facile pour moi de servir de manière régulière autour des 200km/h. Je sens que j’ai de la marge sur mon service. L’an dernier, avec mon ancienne raquette, quand ma confiance faisait un peu les montagnes russes, je commettais beaucoup de doubles fautes. Avec la nouvelle raquette, je sens un bénéfice direct à la fois sur ma puissance et sur ma régularité au service."

" Un joueur de tennis peut vite devenir fou s'il pense tout le temps à son instrument !"

Avec ce tamis de 98 pouces, Roger Federer rejoint tout simplement la norme parmi ses homologues sur le circuit. "Aujourd’hui, Roger joue enfin avec une raquette qui correspond à celle des autres joueurs, remarque l'ancien capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis, Guy Forget. Jusqu’à présent, il avait un tamis tout petit et sa raquette ne pardonnait rien. Mais à un moment de sa carrière, il lui fallait changer quelque chose pour gagner plus de puissance, de tolérance, de confort. Visiblement, le rendement est intéressant au service. C’est un plus." Nicolas Mahut, qui a évolué en double aux côtés du Suisse à Brisbane, y va également de son avis : "Je trouve effectivement que sa balle part plus vite. Il doit être plus à l’aise."

Nouveau dos, nouvel entraîneur et donc nouvelle raquette : c'est peu dire que Roger Federer a entrepris de quitter sa zone de confort en 2014. Mais dans un sport où le facteur mental joue un rôle tellement prépondérant, difficile de savoir quel est l’élément déclencheur du retour de flamme constaté chez le Suisse, s’il sent mieux sa raquette parce que sa confiance est revenue, ou si la confiance est revenue parce qu’il sent mieux la raquette. De l’œuf ou de la poule… "Le plus important dans tout ça, c’est que je n’y pense pas tout le temps, reconnaît Federer. Car un joueur de tennis peut vite devenir fou s’il pense tout le temps à son instrument ! Après, est-ce que je vais la maîtriser dans des situations de tension ? Je crois que oui. Mais seul le temps le dira à coup sûr."

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