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Federer - Nadal : Merci, simplement merci

Merci, simplement merci

Le 29/01/2017 à 17:16

Parce qu'il était devenu déraisonnable d'en rêver, la finale entre Roger Federer et Rafael Nadal aura constitué une parenthèse enchantée. Au-delà de son dénouement, de la 18e victoire du Suisse et de la défaite de l'Espagnol, il convient de les associer dans ce moment tellement appréciable.

La seule chose à dire, après ça, c'est merci. Vous qui aimez le tennis, sentez-vous privilégiés d'avoir vécu ça. Roger Federer a remporté l'Open d'Australie, Rafael Nadal non, mais il faut à tout prix les unir dans ce moment. Sans atteindre la dramaturgie de leur duel crépusculaire à Wimbledon en 2008, ni l'excellence de celui de Rome en 2006, cette finale à Melbourne s'ancrera dans les mémoires et les livres d'histoire du tennis.

Cette finale entre Roger Federer et Rafael Nadal, c'était, quoi qu'il arrive, un pur bonheur. Je reste persuadé que cet Open d'Australie 2017 dans son ensemble laissera une trace majeure, pour nous avoir offert ce 35e duel entre les deux champions les plus marquants de leur temps avec le trophée au bout.

Quand bien même ce match n'aurait pas tout à fait répondu aux attentes, serait restée la satisfaction de les avoir revus tous les deux, ensemble, sur une telle scène. Mais ce match, cerise sur le gâteau, a été digne d'eux. Il n'a pas égalé en qualité pure la demi-finale entre Nadal et Dimitrov, incontestable match du tournoi. Mais l'enveloppe historique de cette finale, son incontestable aura, possède une force inégalable.

Vendredi, j'avais écrit "le vainqueur m'ira très bien". Nadal ou Federer, le vainqueur de cet Open d'Australie ne pouvait être que parfait. Dimanche, à l'adresse de sa victime, Roger Federer a dit dans son discours d'après-victoire, "j'aurais été content de perdre ou de partager ce trophée avec toi...".

Vidéo - Federer : "J'aurais été content de perdre... ou de partager ce trophée avec toi"

03:31

Personne n'a fait autant de bien à ce sport que Federer et Nadal

On pourra toujours arguer qu'il est aisé de dire cela dans sa position, et il ne faut pas s'y tromper, il aurait été dévasté de perdre. Mais ces mots ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Ils témoignent simplement du fait que la joie de beaucoup, la joie de les retrouver là, et de voir l'un des deux à nouveau dans la peau d'un vainqueur de Grand Chelem, c'était aussi la leur. Le compétiteur qu'est Federer aurait souffert le martyre d'un nouvel échec. Le joueur, l'homme aussi sûrement, regrette en revanche que Nadal ait perdu.

Moi aussi, j'aurais aimé que l'un passe de 17 à 18 et l'autre de 14 à 15. Mais la beauté et la cruauté sont le yin et le yang de l'émotion sportive. Dans sa longue rivalité avec Rafael Nadal, Roger Federer s'est plus souvent qu'à son tour retrouvé du mauvais côté. En dehors de ses deux finales de Wimbledon en 2006 et 2007, du temps où son rival était encore un joueur imparfait sur gazon, il avait toujours fini battu, souvent en larmes. Pour cette raison, peut-être Federer était-il le vainqueur le plus appréciable. Le happy end le plus éblouissant.

Quoi qu'il arrive dans les mois à venir, je n'ose dire "années" au vu de l'âge des deux géants, surtout "Mister 18", il y aura eu cet Open d'Australie, comme une parenthèse enchantée. Ce que nous avons vu dimanche, ce n'est pas le retour de l'ordre du temps jadis. Federer et Nadal ne sont pas appelés à dominer le tennis comme ils l'ont fait au cœur des années 2000. Il n'y aura sans doute pas cinq ou six autres finales entre eux. Ce n'est même peut-être pas souhaitable.

Il faut désormais que des Dimitrov, des Zverev et d'autres prennent leur tour. Le tennis aura besoin d'eux. Mais personne n'a fait autant de bien à ce sport que Federer et Nadal. C'est cette vérité-là que Melbourne est venu rappeler. Federer a gagné, Nadal a perdu, mais grâce ce couple définitivement pas comme les autres, le tennis a encore triomphé.

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