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Coria, l'égaré
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Publié 01/05/2009 à 08:45 GMT+2
Guillermo Coria a décidé de prendre sa retraite. Depuis trois ans, certains de ses proches estimaient que c'était la meilleure solution. Depuis la finale de Roland-Garros 2004, perdue face à Gaston Gaudio, "El Mago" n'était plus lui-même. C'est le premier de nos portraits sud-américains.
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ROLAND-GARROS ET LES SUD-AMERICAINS. Portrait de Guillermo Coria
Certains champions se trompent de couloir au moment d'entrer sur le court. D'autres se perdent sur le court. Guillermo Coria s'est ainsi égaré en plein court central de Roland-Garros, un 6 juin 2004. Cinq ans plus tard, à 27 ans, "Guille" a décidé de ranger ses raquettes et ses mauvais souvenirs. Après neuf ans d'activité, 9 titres, 218 victoires et 114 défaites, celui que l'on a surnommé le magicien, "El Mago" en espagnol, a joué son dernier match au mois de mars, sur le tournoi Challenger de Bangkok, face à l'Israélien Harel Levy (3-6, 2-6) et annoncé sa retraite mercredi 30 avril.
Que s'est-t-il passé le 6 juin sur le court Philippe Chatrier ? Guillermo Coria est N.3 mondial, le meilleur classement de sa carrière, depuis un mois. Sur terre battue, sa réputation n'est plus à faire, Roger Federer vient de le battre à Hambourg, mais il enchaîne les finales depuis deux ans. Après un échec retentissant face à Martin Verkerk en demi-finale de Roland-Garros l'année précédente, le revoilà en finale du "French". Il mène 6-0, 6-3, 4-3 face à Gaston Gaudio. Ce dernier, transparent ou presque jusque-là, relève la tête, jette sa raquette en l'air. Une "ola" se déclenche dans les tribunes. Gaudio partage ce moment avec les spectateurs, sourit, brise la glace qui semblait le pétrifier.
Et le match bascule: Gaudio rentre dans son match et Coria en sort. Il prend des risques à chaque frappe, appelle le kiné. Le match lui échappe et son destin aussi. Vaincu 0-6, 3-6, 6-4, 6-1, 8-6 après un match au scénario improbable, Guillermo restera dans le top 10 (entre top 5 et top 15) pendant deux ans mais il ne gagnera qu'un seul tournoi (Umag 2005).
Un match et le destin de Coria bascule
La carrière de Guillermo Coria a donc été marquée par trois moments décisifs :. Sa suspension pour dopage (sept mois de août 2001 à mars 2002, pour prise de stéroïdes involontaire), après laquelle il a parfaitement rebondi.. La finale de Roland-Garros 2004 citée plus haut.. Les matches face à Rafael Nadal qui ont suivi cette finale.
Meurtri dans sa chair et les neurones troublés par cette vertigineuse défaite Porte d'Auteuil, Coria va pourtant disputer quelques matches qui restent encore dans les mémoires. Notamment ceux qui l'opposeront à Rafael Nadal. En 2005, il échoue en quatre sets face à Nadal en finale à Monte-Carlo. Puis, à Rome, il s'incline devant le Majorquin après avoir mené 3-0 dans la dernière manche pour ce qui reste un classique de la carrière de l'actuel N.1 mondial. L'Argentin perd une troisième finale consécutive face à lui à Pékin, puis il subit une défaite sèche à Monte-Carlo, en quarts en 2006 (1-6, 2-6). Ce jour-là, il commettra 8 doubles fautes.
Pour battre ce Nadal-là, il aurait fallu un Coria en pleine confiance. Tous les observateurs estiment que le natif de Rufino aurait pu gêner considérablement l'Espagnol. Mais la faille psychologique ouverte à Roland-Garros ne se refermera jamais, et les blessures s'accumulent. Ce joueur au visage indien, petit gabarit (1.75m pour 69 kg) à l'orgueil de gaucho qui n'était pas sans rappeler le Chilien Marcelo Rios quelques fois dans son attitude, possédait un lift tonique capable de faire plier n'importe quel joueur en cadence ou de contrer les attaquants de fond de court, sur terre comme sur les autres surfaces par ailleurs.
Impulsif et inventif, seul son service n'était pas au niveau de ses adversaires directs. C'est d'ailleurs sur cette phase de jeu que sa fragilité mentale est devenue évidente : A partir de 2006, Guillermo Coria multiplie les doubles jusqu'à en commettre près d'une quinzaine en moyenne par match. Les multiples pauses, les retours sur le circuit, les introspections et les conseils des proches (son propre père souhaitait qu'il arrête sa carrière) et des techniciens n'y ont rien changé. Coria a perdu une partie de lui-même (sa "passion pour le tennis" comme il la qualifie ?) à Roland-Garros, en 2004.
SON PALMARESTITRES : 92001: Vina del Mar.2003: MS Hambourg, Stuttgart, Kitzbuhel, Sopot, Bâle2004: Buenos Aires, MS Monte Carlo2005: Umag
FINALES : 112001: Majorque2002: Costa Do Sauipe2003: Buenos Aires2004: MS Monte Carlo, MS Miami, MS Hambourg, Roland-Garros, 's-Hertogenbosch2005: MS Monte Carlo, MS Rome, Pékin
SES PARCOURS A ROLAND-GARROS
20081er tour, battu par Tommy Robredo (ESP) 14 7-5 4-6 1-6 4-6
20054e tour, battu par Nikolay Davydenko (RUS) 12 6-2 3-6 6-7(1) 2-6
20041er tour : bat Nikolay Davydenko (RUS) 6-4 6-2 6-02e tour, bat Juan Monaco (ARG) 7-5 6-1 6-33e tour, bat Mario Ancic (CRO) 6-3 6-1 6-24e tour, bat Nicolas Escude (FRA) 6-0 ab.1/4, bat Carlos Moya (ESP/N.5) 7-5 7-6 (3) 6-3 1/2, bat Tim Henman (GBR/N.9) 3-6 6-4 6-0 7-5Finale, battu par Gaston Gaudio (ARG) 6-0 6-3 4-6 1-6 6-8
20031er tour, bat Andre Sa (BRA) 6-3 6-1 6-12e tour, bat Nicolas Kiefer(GER) 6-3 5-7 6-3 6-13e tour, bat Attila Savolt (HUN) 6-4 6-1 6-14e tour, bat Mariano Zabaleta (ARG) 6-4 7-6(4) 5-7 6-7(4) 6-31/4, bat Andre Agassi (USA/N.2) 4-6 6-3 6-2 6-41/2, battu par Martin Verkerk (NED) 6-7(4) 4-6 6-7(7)
20023e tour, battu par Juan Carlos Ferrero (ESP/N.11) 2-6 3-6 3-6
20011er tour, battu par Gustavo Kuerten (BRA/N.1) 1-6 5-7 4-6
20002e tour, battu par Wayne Ferreira (RSA) 3-6 1-6 6-4 5-7
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