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Les 10 questions idiotes que vous n’osiez pas poser sur la terre battue

Les 10 questions idiotes que vous n’osiez pas poser sur la terre battue
Par Eurosport

Le 09/06/2013 à 11:45

Vous adorez Roland-Garros mais la terre battue conserve encore des mystères pour vous ? Vous êtes au bon endroit. Vous n’avez pas fini d’aimer l’ocre.

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1/ Qui a inventé la terre battue ?

La création des courts en terre battue est attribuée aux joueurs Ernerst et William Renshaw en 1880. Plusieurs fois champions de Wimbledon, les deux frères décidèrent en 1878 de s’installer en France, et plus précisément à Cannes, pour créer un club de tennis. Ils y construisirent des courts, le plus naturellement du monde, en gazon. Mais l’herbe s’usant très vite à cause du climat méditerranéen, les deux champions eurent l’idée, deux ans plus tard en 1880, de recouvrir les courts d’une poudre provenant du broyage de pots en terres cuites produites non loin de là. La terre battue était née !

2/ Pourquoi la terre battue est-elle rouge ?

Le court est recouvert d’une fine couche d’environ deux millimètres d’épaisseur de brique pilée. C’est elle qui donne cet aspect rouge. Cette couche en surface, à l’excellente qualité de glisse, assure également une meilleure visibilité de la balle. Mais il faut savoir qu’elle n’est pas rouge partout dans le monde. Aux Etats-Unis, la terre battue est grise-verte et on l’appelle Har-Tru. La provenance de la terre explique ce coloris grisâtre. La brique pilée n’est que la partie visible de la terre battue. La terre battue est tout sauf une surface plane recouverte de brique pilée (pareille surface s’appelle le terbal et cette terre battue low cost ne fait pas l’unanimité dans le monde amateur). Sous le rouge de la terre battue, se dissimulent trois couches bien distinctes de matière : une couche de calcaire de six centimètres, dite le Craon, consolidée en passant un rouleau très lourd sur sa surface. Il y a aussi une couche de mâchefer de sept centimètres. Ce matériel a la propriété de stocker l’eau, et de la restituer vers le haut pour conserver la souplesse caractéristique à cette surface. Et enfin une couche de cailloux concassés finement sur le dessus pour empêcher le passage de l’eau.

3/ Pourquoi la terre battue est-elle si chère ?

4/ Pourquoi doit-on arroser le terrain ?

Panoramic

La teneur en eau du court est gage d’une terre battue de qualité. L’eau doit y être abondante pour garder la souplesse caractéristique de la surface, sous peine d’un "bétonnage" trop précoce. Pour éviter cela, le court doit être arrosé abondamment tous les soirs jusqu’à véritablement noyer le terrain. La brique pilée se fixe alors plus facilement aux couches situées en-dessous.

5/ Pourquoi dit-on de la surface qu’est elle plus lente que les autres ?

Contrairement aux autres surfaces où se pratique le tennis (ciment, green set, synthétique, gazon), la balle est ralentie au moment de l’impact sur le sol. La surface étant plus souple, l’énergie de la balle est restituée plus lentement. Conséquence technique : les joueurs ont plus de temps pour s’organiser en défense. Il est donc plus difficile de marquer un point pour celui qui attaque. C’est ce qui explique que les échanges sont plus longs sur terre battue.

6/ Pourquoi Nadal dit-il que la terre battue elle meilleure pour la santé des joueurs ?

Parce que ça l’arrange ? En partie, mais pas seulement. Nadal a raison : la terre battue est moins exigeante pour les articulations. Les appuis sont moins brusques sur le sol. Les joueurs courent moins mais glissent plus. L’impact du sol restitué vers les chevilles et les genoux est moins violent que sur dur. Pour exemple, sur terre battue, les joueurs essayent de rattraper une amortie sur une glissade en guise de dernier appui, alors que sur dur ou gazon, les joueurs sont obligés de courir vite et de bloquer violemment leurs appuis avant la frappe. La répétition de ces impacts sur le béton est traumatisante pour les articulations. C’est la raison pour laquelle un joueur comme Nadal, en délicatesse avec ses genoux, milite pour plus de tournois se déroulent sur la surface ocre. Il n’est pas certain que ses rivaux soient du même avis...

7/ Pourquoi le lift est-il plus utile sur terre battue ?

La terre battue a comme particularité d’être très sensible à l’effet lifté. Cette surface permet au lift (rotation avant) de « s’accrocher » une fraction de seconde supplémentaire dans le sol, avant de restituer toute son énergie au moment de le quitter. La conséquence directe est que le rebond de la balle est beaucoup plus haut que sur les autres surfaces. Sur terre battue, les balles sont plus difficiles à contrôler dans la raquette en raison de la vitesse que prend le lift à l’impact avec le sol.

8/ Pourquoi l’arbitrage vidéo (Hawk-eye) n’est-il pas installé sur les tournois sur terre ?

AFP

Le système d’arbitrage électronique du Hawk-eye est révolutionnaire. C’est une technologie agréable autant pour les joueurs, que pour les spectateurs et téléspectateurs. Mais comme toutes les machines, elle a une marge d’erreur de quelques millimètres. Sur terre battue, les traces que laissent les balles au moment de l’impact sont très claires et permettent déjà un arbitrage d’une grande précision, depuis des décennies.

9/ Les joueurs glissent-ils sur terre pour le show ou parce que c’est utile ?

Deuxième réponse ! La glissade permet aux joueurs une meilleure couverture de leur terrain en phase de défense. Mais elle permet également une meilleure reprise d’appui après la frappe. Des joueurs comme Rafael Nadal ou Gaël Monfils sont des experts en la matière.

10/ Pourquoi y a-t-il des faux rebonds sur terre ?

Les joueurs, par leurs déplacements, déplacent beaucoup de terre. La surface n’est donc pas lisse, et par conséquent, des faux rebonds peuvent survenir. Par ailleurs, après de violentes intempéries, des éléments plus ou moins grossiers de calcaire se désolidarisent de la chape. Ils se mélangent à la brique pilée, provoquant aussi des faux rebonds. Le balayage régulier du court permet de tapisser le terrain et d’évacuer ces éléments indésirables. Enfin, la surface des lignes n’a rien à voir avec le reste du terrain. Une balle pleine ligne ou, pire encre, qui accroche la ligne, aura un rebond incomparable à celui du jeu régulier. C’est ça aussi, la magie de la terre.

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