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Danse de salon, terre battue, Serena et Boulogne-Billancourt : Voici Jelena Ostapenko

Danse de salon, terre battue, Serena et Boulogne-Billancourt : Voici Jelena Ostapenko

Le 10/06/2017 à 00:57Mis à jour Le 10/06/2017 à 17:03

ROLAND-GARROS 2017 – Elle est la grande surprise de cette édition 2017. Jelena Ostapenko, 47e mondiale et 20 ans depuis jeudi, va disputer samedi la finale de Roland-Garros. Voici les huit choses à savoir sur la jeune Lettone, avant ce duel qui pourrait lui permettre de rentrer dans l'histoire.

La terre battue n'est même pas sa surface préférée

Si elle dit "adorer jouer sur terre battue", l'ocre est loin de constituer la surface de prédilection de Jelena Ostapenko. Dans l'ordre, elle s'estime plus performante sur gazon et sur dur. En 2014, à 17 ans, elle s'était d'ailleurs distinguée en remportant le titre chez les juniors à Wimbledon. Il y a deux ans, à Londres, elle avait joué et gagné le tout premier match de sa carrière en Grand Chelem en battant au premier tour la N.9 mondiale, Carla Suarez Navarro. "Mais à Roland-Garros, la terre battue est très rapide, c'est presque comme si je ne jouais pas sur terre", juge-t-elle. Ceci explique donc cela.

2014 la jeune Jelena Ostapenko remporte le titre juniors à Wimbledon.

2014 la jeune Jelena Ostapenko remporte le titre juniors à Wimbledon.Getty Images

Elle est la finaliste la plus mal classée de l'histoire

Qu'elle gagne ou pas samedi, Ostapenko a d'ores et déjà établi un record : 47e à la WTA en arrivant à Paris, elle est la joueuse la plus mal classée à atteindre la finale de Roland-Garros depuis l'instauration du classement électronique chez les dames en novembre 1975. Aucune joueuse non tête de série n'avait figuré en finale dans le tableau féminin depuis Mima Jausovec en 1983 (elle s'était inclinée contre Chris Evert). La Yougoslave, alors pointée au 38e rang mondial, était la joueuse la plus mal classée à jouer pour le titre à Roland-Garros jusqu'à Jelena Ostapenko.

Vidéo - Puissance et fulgurances, les mots-clés d'Ostapenko pour accéder à la finale

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Elle n'a pas encore remporté un tournoi

La divine surprise de ce Roland-Garros 2017 peut accomplir quelque chose que personne n'a réussi depuis près de quatre décennies. A tout juste 20 ans, elle a joué trois finales sur le circuit, mais les a toutes perdues. Si elle bat Simona Halep samedi, ce sera donc le premier titre de sa carrière. Or on n'a plus vu une joueuse ouvrir son palmarès directement par un titre en Grand Chelem depuis 1978, lorsque Chris O’Neil s'était imposée à domicile à l'Open d'Australie. C'est un fait rarissime et à l'époque, O’Neil avait bénéficié de l'absence de la plupart des meilleures joueuses du monde.

Elle n'avait jamais gagné un match à Roland-Garros...

C'est peu dire que la native de Riga n'était pas attendue à pareille fête. Ce n'est en tout cas pas son passé récent à Roland-Garros qui aurait pu servir de signe annonciateur. En 2014, première apparition et disparition au premier tour du tournoi juniors. L'année suivante, Ostapenko tente de sortir des qualifications chez les grandes mais, là encore, elle s'incline d'entrée. Enfin, en 2016, elle intègre directement le tableau principal. Pour une nouvelle élimination au premier tour, contre la Japonaise Naomi Osaka.

Jelena Ostapenko

Jelena OstapenkoGetty Images

...Mais elle a déjà triomphé à deux pas de Roland

Jelena Ostapenko a connu son premier grand succès international à moins de deux kilomètres à vol d'oiseau de Roland-Garros. Le Tennis club de Boulogne-Billancourt (commune à la frontière de la quelle Roland-Garros est situé) organise chaque année un tournoi de référence, l'Open des 10-12. En 2009, dans la catégorie "12 ans", la Lettonne s'était imposée, battant en finale la Française Fiona Ferro. Elle avait rejoint au palmarès des noms tels que Amélie Mauresmo, Justine Hénin ou Kristina Mladenovic et, chez les hommes, Richard Gasquet ou Olivier Rochus. "Boulogne, c'est en un endroit génial, j'adore toujours revenir ici", a confié Ostapenko vendredi.

Elle a failli choisir la danse de salon plutôt que le tennis

Si elle a débuté le tennis dès l'âge de 5 ans, avec sa mère comme coach (elle est d'ailleurs toujours dans son staff, tout comme son père), Jelena Ostapenko a également fait de la... danse de salon (avec une spécialisation rumba et samba, si, si) à un haut niveau. Pendant sept ans, elle a cumulé les eux activités, avant de se consacrer pleinement au tennis à l'adolescence. Parce qu'elle pouvait compter sur elle-même et personne d'autre.

"Au tennis, tout ne dépend que de moi. Le plus dur, dans la danse de salon, c'est de trouver un bon partenaire et en Lettonie, il n'y en a pas beaucoup", a-t-elle expliqué. Puis le tennis, c'est plus fun : "Un entrainement en tennis, c'est beaucoup moins fatigant qu'en danse, croyez-moi. C'était épuisant. Je m'amusais plus au tennis et je crois que j'étais un peu plus douée aussi, même si je me débrouillais bien en danse". Difficile de considérer aujourd'hui qu'elle a fait le mauvais choix…

Elle frappe "plus fort" que Murray en coup droit

C'est une statistique qui a beaucoup circulé ces deux derniers jours : depuis le début du tournoi, miss Ostapenko frappe en moyenne ses coups droits à 122 km/h. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, c'est 5 km/h plus vite qu'Andy Murray sur ses cinq premières rencontres. Et Ostapenko n'est pas si éloignée de Rafael Nadal (127 km/h de moyenne). Evidemment, la vitesse de la balle ne fait pas tout. Le poids, l'effet, les variations, tout cela n'entre pas en ligne de compte dans cette statistique brute. Mais elle est assez révélatrice du style de jeu d'Ostapenko, qui envoie tout ce qu'elle peut dans chaque frappe.

Ses idoles sont Serena Williams et Ernests Gulbis

La meilleure joueuse de son époque et le meilleur joueur letton. Logique, non ? "J'ai grandi avec Serena Williams comme idole, a-t-elle raconté il y a quelques jours. J'adorais son style de jeu et je trouve qu'elle se comportait comme une championne. Alors je suivais tous ses matches, tout le temps." Ernests Gulbis, son fantasque et plus rarement fantastique compatriote, a été une source d'inspiration, lui qui a sorti le tennis letton de l'anonymat. En 2014, lorsque Gulbis a atteint le dernier carré à Roland-Garros après avoir notamment éliminé Roger Federer, elle avait été invitée à suivre son quart de finale dans son box sur le Lenglen. Un grand souvenir pour Jelena.

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