KOHLSCHREIBER S'OFFRE ISNER
La session de nuit n'aura jamais aussi bien porté son nom. Le public encore présent dans les gradins du court Arthur-Ashe aura donné de la voix jusqu'à 2h26 du matin pour encourager John Isner face à Philipp Kohlschreiber dans un match démarré tardivement après l'interruption par la pluie du match Sharapova-Petrova qui le précédait. Mais le géant américain, pourtant habitué des marathons en tout genre, n'avait déjà plus vraiment la tête à son match, entre fatigue et désabusement. Au bout de cinq sets et 3h21 de match, Isner, tête de série n°9, a fini par rendre les armes, lui qui avait mené deux sets à un après un début de match calamiteux au service (54% de 1er service au 1er set perdu 6-4). Mené 2-1 par l'Allemand dans la deuxième manche, Isner a ensuite réglé la mire au service pour enchaîner les aces et empocher les deux sets suivants (6-3, 6-4).
Et puis, la machine s'est déréglée dans le quatrième set, conséquence de plusieurs annonces des juges de lignes que le vainqueur de Newport et Winston-Salem n'a que peu goûtés. Il y a tout d'abord eu un challenge tardif de Kohlschreiber dans le quatrième set, à 3-4, 30-0 mué en 15-15. Tendu, énervé aussi par l'heure avancée, Isner a dès lors perdu pied. Il a tout d'abord expédié une balle dans les gradins, écopant d'un premier avertissement avant d'en prendre un second pour avoir cassé sa raquette lors d'un changement de côté à 3-4 service à suivre pour Kohlschreiber dans la dernière manche. Il faut dire que le set avait mal débuté pour le Floridien avec un ace injustement annulé dès le premier jeu (40-40) pour une faute de pied inexistante. Une goutte d'eau supplémentaire qui a fini de faire déborder le vase pour l'homme aux 22 aces.
Après avoir atteint les huitièmes de finale en Australie et les quarts à Wimbledon, Kohlschreiber s'apprête à disputer son premier huitième newyorkais. Mais avec ce match au bout de la nuit, le prochain ne s'annonce pas de tout repos face à Janko Tipsarevic, vainqueur de Grega Zemlja (6-4, 6-3, 7-5) et au lit depuis bien longtemps au moment où l'Allemand a levé les bras.
_____________________________________________________
FERRER TOUJOURS AU RENDEZ-VOUS
David Ferrer ou l'homme qui ne déçoit jamais. L'Espagnol poursuit son parcours de métronome dans les tournois du Grand Chelem. En battant Lleyton Hewitt dimanche, il s'est qualifié pour les huitièmes de finale pour la 10e fois de suite dans un tournoi majeur. La dernière fois que Ferrer a manqué le rendez-vous de la deuxième semaine, c'était à Roland-Garros, en 2010. Il va maintenant tenter pour la première fois de sa carrière de se hisser en quarts de finale des quatre tournois du Grand Chelem dans une même année. Mais ça n'a pas été simple pour le Valencian. Fidèle à lui-même, Hewitt s'est accroché comme un fou jusqu'à ce qu'il n'ait plus d'essence dans le moteur.
Pendant deux sets, qui ont duré plus de deux heures, le combat a été féroce. Ensuite, Hewitt, vainqueur du tournoi en 2001, a fini par exploser physiquement et Ferrer a pu s'envoler, infligeant même un lourd 6-0 à l'Australien dans le quatrième set. C'est dans le premier que Hewitt a laissé passer sa chance. Il a obtenu pas moins de cinq balles de set, dont une sur son propre service à 8-7 dans le jeu décisif. Mais Ferrer a fini par s'en sortir (11-9), avec au passage un des plus beaux points du tournoi. La tête de série numéro quatre pourrait retrouver au prochain tour Richard Gasquet. Ce serait un remake de leur duel à l'Open d'Australie, en huitièmes de finale, déjà.
_____________________________________________________
DEL POTRO A CRAVACHE
Le derby argentin a enflammé le GrandStand dimanche soir. Logiquement, Juan Martin Del Potro a pris la mesure de son compatriote Leonardo Mayer, mais la partie a été beaucoup plus compliquée que ne l'indique le score. Si le vainqueur de l'édition 2009 l'a emporté en trois manches (6-3, 7-5, 7-56), il a eu besoin de 3h20 pour faire plier un Mayer audacieux et combatif. Ce n'est d'ailleurs qu'à sa sixième balle de match que Del Potro a ramené à la raison son adversaire, pour conclure dans le tie-break du troisième set, 11 points à 9. Parfois inconstant au cours de cette première semaine, JMDP a néanmoins déjoué tous els pièges pour l'instant. Mais il devra sérieusement hausser son niveau de jeu s'il veut caresser l'espoir d'un deuxième sacre à New York. Avec Andy Roddick au prochain tour et vraisemblablement Novak Djokovic en quarts de finale s'il bat l'Américain, le plus dur commence.
_____________________________________________________
RODDICK PROLONGE SON JUBILE
Andy Roddick a encore repoussé la date de sa retraite en se qualifiant dimanche pour les huitièmes de finale de l'US Open, qu'il jouera mardi contre l'Argentin Juan Martin Del Potro. L'Américain, ex N.1 mondial désormais classé 22e, s'est imposé au 3e tour 7-5, 7-6 (7/1), 4-6, 6-3 face à l'Italien Fabio Fognini, 59e mondial. Roddick avait surpris en annonçant jeudi, jour de ses 30 ans, que le dernier tournoi du Grand Chelem de la saison, là où il a gagné en 2003 son seul titre majeur, serait aussi le dernier de sa carrière. L'Américain avait ensuite écrasé en trois sets et en moins de 90 minutes l'Australien Bernard Tomic, plus jeune joueur du Top 100 mondial (19 ans).
"Le soutien du public est incroyable depuis que j'ai annoncé ma retraite", a déclaré Roddick sur le court, sous les yeux notamment de son épouse, le mannequin américain Brooklyn Decker. J'essaie juste de contrôler mes émotions et de profiter de ce dernier tournoi. J'adore cet endroit, je m'éclate." "Peu importe combien d'énergie il me reste avant de jouer Del Potro, je vais tout donner", a-t-il ajouté, acclamé par 24.000 spectateurs. Le natif du Nebraska n'a jamais perdu en 8e de finale de l'US Open: en 12 précédentes participations, il s'est soit arrêté avant ce stade (1er tour en 2000 et 2005, 3e tour en 2009, 2e tour en 2010) soit l'a dépassé (quart de finale en 2001, 2002, 2004, 2007, 2008, 2011, titre en 2003, finale en 2006).



AFP
























