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A Wimbledon rien ne bouge?
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Publié 19/06/2009 à 08:30 GMT+2
Qui peut empêcher Roger Federer d'écrire une nouvelle page de l'histoire du jeu ? Si le printemps se poursuit au rythme de Roland-Garros, les organisateurs de Wimbledon pourraient récolter quelques surprises. Après trois finales Federer-Nadal, comme à Paris, les outsiders veulent du changement.
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Crédit: Eurosport
WIMBLEDON MESSIEURS 2009
NOUVELLE CONFIGURATION = ANCIENNE CONFIGURATION
Les organisateurs de Wimbledon sont tellement conservateurs qu'ils défient même le classement ATP. Non, ils n'ont pas encore osé inverser le N.1 et le N.2 (cette année, ils se sont contentés entre autres de placer Marat Safin à la 15e place), c'est le hasard du circuit qui leur a prêté main forte. Comme l'an dernier, comme d'ailleurs depuis 2004, Roger Federer est le grand favori de l'épreuve. Celui qui cherche une septième finale consécutive (un record unique) et un 15e titre du Grand Chelem (un record qui serait unique), un 6e à Wimbledon (à un pas du record de Pete Sampras). Derrière lui, il y a l'inconnue Rafael Nadal. Le N.1 mondial doit apporter deux réponses pour défendre normalement son titre : qu'il est physiquement capable de jouer (ce que ses récents entraînements tendaient à confirmer avant la désillusion lors de son match d'exhibition contre Lleyton Hewitt à Hurlingham), et qu'il a digéré sa défaite à Roland-Garros. Son handicap majeur, s'il peut jouer: un manque certain de préparation.
MURRAY A L'AFFÛT, DJOKOVIC EN SUSPENS
Ce qui fait surtout la spécificité de ce Wimbledon 2009, c'est la nouvelle palette d'outsiders. Le premier concerné, c'est Andy Murray. Nous avons tout dit ou presque sur la situation originale qui est la sienne en Grande-Bretagne (voir les liens plus haut). Premier Britannique N.3 mondial, il reste sur une défaite en quart de finale face à Rafael Nadal l'an passé. Ce qui fait la différence cette année ? C'est qu'il est "meilleur", tout simplement. Plus fort physiquement, plus fort dans le jeu, dans la tête et avec l'expérience d'une finale de Grand Chelem (US Open 2008). Sa première balle est efficace et il a "surtout amélioré (s)a seconde balle". Novak Djokovic, qui avait laissé Marat Safin lui passer sur le corps l'an dernier, a lui aussi les moyens de faire au moins aussi bien qu'en 2007 (demi-finale). Pour le Serbe, c'est une question de récupération mentale. Son tournoi de Halle laisse sceptique (balles de match sauvées face à Serra, défaite devant Haas en finale).
IL FAUDRA COMPTER AVEC LES FRAPPEURS
Pour voir les deux autres grands outsiders du tournoi, c'est simple et contrairement à ce que pourrait croire les organisateurs il suffit de regarder la suite du classement : Juan Martin Del Potro et Andy Roddick, N.5 et N.6. L'Argentin a fait l'impasse sur les tournois pré-Wimbledon. Il lui faut le temps de se remettre de sa demi-finale épique perdue à Paris. En conférence de presse après son match, il était à la fois abattu et en pleine décompression. Deux bonnes semaines auront remis la "Tour de Tandil" debout. On l'imagine aisément passer le 2e tour, sa meilleure perf, pour faire le siège des meilleurs en seconde semaine. L'inconvénient majeur de "Delpo", il faut plier les genoux très bas pendant quinze jours.
Pour Andy Roddick, finaliste faut-il le rappeler en 2004 et 2005, c'est la cheville qu'il a fallu soigner. Elles n'ont pas gonflé par excès d'orgueil mais la droite a vrillé au Queen's (en demi-finale). L'Américain, contrairement à Gaël Monfils forfait (poignet), va mieux. Il pratique le tennis le plus complet de sa carrière et peut envisager le tournoi avec ambition. Il sait que si Roger Federer n'avait pas croisé sa route si souvent, il aurait déjà un palmarès rare. Il sait aussi que l'époque est incertaine. Si Nadal a chuté à Roland-Garros, pourquoi Federer ne le laisserait-il pas souffler à Wimbledon ?
LES PRINTANIERS
Il faut remonter à 1990 et aux services-volées aériens de Stefan Edberg pour voir un Suédois fleurir en finale à Wimbledon. Mais il suffit de penser aux parcours de Thomas Johansson en 2005 et de Jonas Bjorkman en 2006, tous deux demi-finalistes, pour imaginer Robin Söderling pousser plus haut que le 3e tour cette année. Moins mobile que ses deux compatriotes, plus grand et surtout plus lent dans ses préparations, il lui faudra une bonne dose de premières balles et de confiance pour s'imposer sur gazon.
Le joueur en vue du moment qui a plus de chances de cueillir de beaux bouquets de résultats à Londres, c'est Tommy Haas. Sérieux à Roland-Garros sur une surface qui ne lui convient guère, il a remporté le titre à Halle sur gazon. Ce gars-là était un N.1 en puissance si les blessures et les aléas de la vie (accident de ses parents en 2002) ne l'avaient stoppé. En vieillissant, il a su retrouver la qualité intrinsèque de son bras et cultiver son jeu. Être dans sa partie de tableau ne sera pas un cadeau.
A SUIVRE, COMME D'HAB'
Sur gazon, vous le savez, un bon service vous ouvre plus de portes qu'ailleurs. Un centre de gravité bas et un bon coup d'oeil sont aussi utiles. Pas besoin d'échafauder de grandes stratégies, de bons réflexes peuvent vous propulser en demi-finales : Marat Safin ou Rainer Schuettler l'an passé et tant d'autres avant eux ont fait parler leur talent "inné" ou presque à Wimbledon. Cette saison, nous n'oublierons pas de citer le terrifiant Ivo Karlovic (et son nouveau record d'aces 55), son compatriote Marin Cilic, Fernando Gonzalez (quart de finaliste en 2005), Dmitry Tursunov, Mardy Fish, Feliciano Lopez et James Blake.
TSONGA EN LEADER
Après des années de disette et de blessures, Jo-Wilfried Tsonga avait retrouvé le plus haut niveau en 2007 sur le gazon du Challenger de Surbiton puis au Queen's (soit 11 matches et une seule défaite en dix jours). A Wimbledon il n'avait été battu que par le meilleur Gasquet possible au 4e tour ! En 2008, Jo s'est préservé et n'a pas joué à Wimbledon. En 2009, fort d'un "premier" Roland-Garros honnête (pas le premier mais le premier joué en pleine possession de ses moyens), le voilà chef de file des représentants tricolores. Gasquet et Monfils sont out (suspendu et forfait), Gilles Simon a perdu du grade sans pour autant retrouver son moral, et Paul-Henri Mathieu plafonne. Le seul Français que l'on aimerait voir mûrir encore plus vite, c'est Jérémy Chardy. Vainqueur ici-même chez les juniors en 2005, son jeu généreux qui s'appuie sur un service franc, un bon coup droit et sa volée nette s'adapte parfaitement aux conditions du gazon moderne, surface moins rapide qu'avant mais où le rebond est le plus bas du circuit.
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