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Wimbledon 2013 - Détermination et réussite, le cocktail gagnant de Bartoli

Détermination et réussite, le cocktail gagnant de Bartoli
Par Eurosport

Mis à jourLe 07/07/2013 à 00:11

Publiéle 06/07/2013 à 20:26

Mis à jourLe 07/07/2013 à 00:11

Publiéle 06/07/2013 à 20:26

Article de Eurosport

Personne n'aurait misé un penny sur la victoire de Marion Bartoli à Wimbledon. De la détermination et un coup de pouce du destin en ont décidé autrement.

L'aboutissement d'une carrière. A 28 ans, Marion Bartoli a connu l'émotion suprême de s'imposer dans un tournoi majeur. Un sentiment que seules Françoise Dürr, vainqueur à Roland-Garros en 1967 avant le début de l'ère Open, Mary Pierce et Amélie Mauresmo peuvent encore partager aujourd'hui. Pourtant, rien ne laissait présager un tournoi aussi idyllique à la quinzième joueuse mondiale, qui n'avait pas dépassé le stade des quarts en 2013 avant d'arriver à Londres. Pas une seule joueuse du Top 10 à battre sur sa route, aucun set perdu, pas de problèmes physiques à gérer : pas de doute, la Française a reçu un coup de pouce magnifique du destin qu'elle n'osait même pas imaginer dans ses rêves les plus fous.

C'est simple, ce parcours-là est inédit. Jamais une lauréate en Grand Chelem n'a été aussi vernie que Marion Bartoli dans l'ère Open. Face à elle, Sabine Lisicki pouvait laisser couler ses larmes une fois la finale perdue. L'Allemande a battu à elle seule la tenante du titre en huitièmes de finale, Serena Williams, et la finaliste de l'an passé en demi-finale, Agnieszka Radwanska, respectivement numéros 1 et 4 mondiales. Sa déception est d'autant plus grande que, samedi, la 24e mondiale n'a été que l'ombre d'elle-même. Elle qui espérait succéder à Steffi Graf, dernière Allemande vainqueur d'un trophée majeur (Roland-Garros en 1999), n'a même pas pu s'empêcher de sangloter au fur et à mesure que la finale lui filait entre les doigts.

Cette douleur de passer à côté d'un match important, Marion Bartoli l'a connue aussi pour avoir perdu face à Venus Williams ici-même il y a six ans. "Quand j'étais petite fille, je rêvais de ce tournoi. En 2007, j'avais raté ma finale. Sabine, je te promets que tu en rejoueras une de finale ici...". Comme ses aînées Pierce et Mauresmo, Bartoli a décroché son premier titre majeur après avoir perdu une finale. Et surtout au bout de sa 47e participation à un tournoi du Grand Chelem. Là, en revanche, c'est un record, symbole même de sa détermination. "Merci à mon père d'avoir été là aujourd'hui. Cela veut tellement dire pour moi... J'ai commencé ce tournoi sur le court 14, et je n'imaginais pas être ici aujourd'hui ! Je suis tellement fière..."

"Difficile de résumer 22 ans de travail en une phrase"

"C'est incroyable, a lâché à l'issue de la finale Amélie Mauresmo, qui la suit de près depuis le début de la saison. Il y a deux semaines, c'était encore imprévisible, mais depuis les quarts de finale, j'ai réellement pensé qu'elle pouvait le faire. La façon dont elle a remporté la demie et la finale est incroyable aussi. Mentalement, elle n'a jamais douté, au contraire de Lisicki qui a été rattrapée par l'événement. Pour une première finale, elle l'a appris de la plus dure des manières."

"C'est très difficile de résumer 22 ans de travail en une phrase, a déclaré son père Walter. Pendant les trois secondes qu'a duré notre accolade, on s'est tout dit. Je suis extrêmement fier d'elle. Dans quelque temps, je vais m'effondrer, je suis au bord de lâcher, tout simplement." "Cela restera gravé dans ma mémoire, a souligné pour sa part Thomas Drouet, son nouvel entraîneur. Je suis heureux pour Marion car elle traversé des moments difficiles. Elle a travaillé depuis 20 ans pour réaliser son rêve, aujourd'hui elle l'a fait." En dehors de son clan, les réactions ne se sont pas fait attendre. Sabine Lisicki, fair-play jusqu'au bout malgré la déception, a été la première à affirmer qu'elle méritait sa victoire. Elle ne fut pas la seule. Kim Clijsters, pas rancunière après la défaite de sa protégée Kirsten Flipkens en demi-finale, y est allée de son tweet de félicitations.

Au micro d'ESPN où elle commente les matches pour la télévision US, Chris Evert, championne aux 18 titres du Grand Chelem, a même loué les changements de la Française aussi bien en dehors que sur les courts, notamment au service. Elle a vu juste alors que, symboliquement, la Française a conclu le match et le tournoi par un ace. "Je m'entraîne au service depuis tellement longtemps que, au moins, pour une fois j'arrive à sortir un ace au moment important!", a commenté la Française. Cette victoire ne va pas changer ma personne. Je vais continuer à travailler dur." Patrick Mouratoglou, entraîneur de Serena Williams, n'a pas hésité à parler "d'exemple" pour les autres joueuses. Il est sûr qu'après cette victoire inespérée, gagner un Grand Chelem devient un rêve un peu plus accessible. A condition de le vouloir vraiment. Et d'avoir une bonne dose de chance.

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