"J’adorerais rejouer en équipe de France"

"J’adorerais rejouer en équipe de France"
Par Eurosport

Mis à jourLe 14/02/2012 à 17:19

Publiéle 13/02/2012 à 08:53

Mis à jourLe 14/02/2012 à 17:19

Publiéle 13/02/2012 à 08:53

Article de Eurosport

Dans l'entretien qu'elle nous a accordé en marge de sa finale à Coubertin, Marion Bartoli confirme que sa relation nouvelle avec le public français la pousse à s'ouvrir davantage. Prête à rejouer en Fed Cup, elle attend un signal du capitaine Nicolas Escudé, même si les J.O. lui semblent compromis.

Pourquoi avoir attendu quatre ans pour revenir jouer à l'Open GDF Suez ?

M.B. : En 2008, j’ai fait une demi-finale à Coubertin et dans la foulée, je suis tombée malade et j’ai eu beaucoup de mal à récupérer. Le programme du circuit est tellement dense que parfois cela prend le pas sur ma très grande envie de jouer en France. Enchaîner l’Australie avec ce tournoi indoor avant de repartir de l’autre côté du globe, c’est physiquement très dur. Mais cette année, je voulais vraiment venir. Après ce qu’il s’est passé à Roland-Garros l’an passé, je me suis dit que c’était impossible de rater ce rendez-vous.

Jouer cette demi-finale Porte d’Auteuil a été déterminant pour revenir à Coubertin ?

M.B. : Oui, tout à fait. J’ai vécu des moments tellement forts que je voulais faire cet effort là. En plus, je suis N.1 française et il y avait beaucoup d’attente autour de ma venue ici. J’ai réussi à aménager mon planning pour faire ce détour et je serais quand même venue si j’étais allée loin à Melbourne.

Vous semblez plus à l’aise avec les médias et le public français avec qui le courant a l’air de passer bien mieux qu’avant... Cela n’a-t-il pas été un élément important dans votre décision de revenir ?

M.B. : Oui, ça c’est sûr. Il y a eu un énorme changement, je pense que c’est dû aussi à mon attitude qui a changé sur le terrain et en dehors aussi. On m’a découverte plus souriante, plus accessible, peut-être aussi plus naturelle, tout simplement, comme je le suis avec mes proches. Sans doute cela a-t-il plu. Le public a vu surtout que je me suis vraiment battue à Roland-Garros l’an dernier au niveau mental et tennistique, et je suis heureuse d’être parvenue à démontrer que j'étais capable de le faire ici en indoor.

Avez-vous senti une vraie difficulté à vous faire bien voir par le public ?

M.B. : Oui, mais je pense que c’était de ma "faute" en quelque sorte. C’est moi qui ne donnais pas assez aux gens. Je ne me sentais pas bien physiquement en arrivant à Paris à Roland-Garros, et cela se voyait sur moi et dans mon jeu sur terre battue qui n’est pas une surface que j’apprécie particulièrement et sur laquelle je n’arrivais pas à exprimer mon jeu. Il a fallu que je fasse de gros efforts physiques pour m’affûter davantage et me préparer au mieux pour donner le meilleur de moi et pour que les gens s'en aperçoivent.

Qu’est-ce qui a changé par exemple ?

M.B. : Ce qui est nouveau pour moi, c’est d’être reconnue de plus en plus dans la rue et de signer des autographes en France, mais aussi à l’étranger. Je n’ai jamais été élevée dans la perspective d’être absolument connue, d’être dans une sorte de star system, ou me mettre en première ligne. Je fonctionne avec humilité en me disant que tout va très vite, dans un sens comme dans un autre, et que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Cela ne m’empêche pas d’être très fière de mon statut et de mon parcours. Je vis quelque chose de fantastique en ayant cette carrière-là et en étant aujourd’hui septième mondiale.

Il y a un certain engouement autour de vous depuis quelques mois, au bord des courts mais aussi dans les coulisses, notamment au sujet d'un retour en équipe de France de Fed Cup que beaucoup de personnes attendent. L’avez-vous ressenti ?

M.B. : Oui effectivement, mais cela ne serait pas le cas si je n’avais pas le niveau que j’ai actuellement. Et j’ai ce niveau grâce à tout le travail que j’effectue à l’entraînement tous les jours avec mon père et à ma progression au classement. Cela n’est pas arrivé du jour au lendemain. C’est un travail très construit qui demande énormément d’implication. Il faut que je me donne à l’entraînement à fond tous les jours. Je n’ai pas le choix si je veux progresser. Donc je suis flattée que certaines personnes veuillent que je revienne jouer en Fed Cup, mais sans ce travail, je ne peux pas atteindre mon meilleur niveau de jeu. Donc jouer en équipe de France, oui, mais avec cette seule condition. J’adorerais rejouer en équipe de France, mais je ne peux pas y aller sans ça.

La France étant au bord d’une nouvelle relégation, certains membres de la Fédération seraient prêts à vous ouvrir la porte en grand en essayant de trouver un compromis entre vos conditions et les règles fédérales en place. En avez-vous discuté avec l’actuel capitaine Nicolas Escudé ?

M.B. : J’ai rencontré Nicolas, mais notre discussion a vite tourné court. Je lui ai dit: 'OK pour que je vienne, mais mon père vient aussi juste pour faire ma préparation physique.' Et il m’a répondu de suite : 'Je comprends, mais c’est non'. A partir de là, il n’y a plus eu de discussion, ni de compromis.

La raison de ce refus vient de la crainte que vous fassiez bande à part pendant la semaine et que la cohésion de groupe recherchée soit mise à mal…

M.B. : J’ai été très claire à ce sujet : je suis d’accord pour faire l’entraînement avec les filles, mais j’ai besoin de faire ma préparation physique à part car personne d’autre que mon père ne peut la faire. Une fois que je l’ai faite, je joue avec les autres, il n’y a aucun souci. Mais j’ai essuyé un refus catégorique. Si Nicolas change d’avis, je serais ravie de me venir prêter main forte à l’équipe de France. D’autant qu’il y a encore une rencontre importante à jouer en Fed Cup cette année…

Cette mésentente avec la Fédération vous ferme la porte pour disputer les jeux Olympiques. En fin d’année dernière, vous aviez indiqué que vous alliez vous battre pour y aller. Où en êtes-vous dans vos démarches ?

M.B. : Je n’ai quasiment plus aucune chance d’aller aux jeux Olympiques. Pour obtenir une invitation de la part du CIO, il faut être en accord avec sa Fédération et comme ce n’est pas le cas, j’ai plus de chance de jouer les J.O. en plantant un filet dans mon jardin que de disputer les jeux à Londres. C’est difficile à vivre car je suis 7e mondiale et mes résultats sur gazon sont très bons. Mais c’est comme ça. Cela prouve en tout cas à quel point je crois en ce je fais.

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