Tennis > WTA tour

Rezaï-Mouratoglou, les retrouvailles


Par Eurosport
Dernière mise à jour Le 11/02/2012 à 11:33 -
Par Eurosport - Le 11/02/2012 à 11:33
Rezaï-Mouratoglou, les retrouvaillesUn an et demi après leur séparation, Aravane Rezaï et Patrick Mouratoglou vont à nouveau travailler ensemble, comme ils nous l'ont annoncé jeudi. La Stéphanoise va tenter de relancer sa carrière auprès de celui qui est plus qu'un coach pour elle. "Je sais ce dont elle a besoin", explique-t-il.
 

Le secret avait été bien gardé. Un an et demi après la fin d'une collaboration de neuf mois riches en titres (Bastad, Bali et surtout Madrid) et en émotions, Patrick Mouratoglou et Aravane Rezaï ont décidé de recomposer leur duo. A la surprise générale. Ce jeudi, les deux parties nous ont en effet annoncé s'être mises d'accord afin que l'ancienne N.15 mondiale retrouve les terrains de l'Académie Mouratoglou dès lundi prochain. Il ne l'entraînera pas personnellement, ce sera un coach particulier qui prendra sa relève, Patrick supervisant déjà Jérémy Chardy et Yanina Wickmayer, mais il aura un oeil très particulier sur son évolution.

Exit donc l'Argentin Igal Buberman, place à l'homme de confiance. Le seul ayant su, jusque là, matérialiser ce talent reconnu de tous mais mis à mal par une vie privée compliquée : Mouratoglou. Le coach mais aussi l'ami, avec lequel le fil n'a jamais été rompu. "Aravane a demandé à me voir après la Fed Cup. Je lui ai tout de suite exposé mes conditions", nous explique le patron de l'académie éponyme. Car s'il assume leur amitié en dehors des courts, le technicien assure qu'il n'aurait en aucun cas accepté de la reprendre sous son aile s'il n'avait eu face à lui une femme prête à tous les sacrifices pour retrouver son statut. "Elle m'a expliqué son souhait de remettre en place la structure qui était la notre et qui avait bien fonctionnée. A partir du moment où j'étais convaincu qu'elle acceptait mes conditions et qu'elle était prête à tout au niveau de l'intensité du travail, je n'ai pas hésité", insiste-t-il.

Eurosport

"Je sais ce dont elle a besoin"

Si l'accord s'est concrétisé jeudi, cela faisait déjà plusieurs mois que ce retour était dans l'esprit de Rezai. "Elle m'en avait déjà parlé à plusieurs reprises. C'est une décision murement réfléchie. Le week-end précédent a sans doute aussi été un déclic dans sa tête. Avant cela, elle n'était pas prête à faire les efforts nécessaires", reconnait sans fard le technicien. Si le temps où Aravane Rezai remportait l’Open de Madrid 2010, en battant notamment Justine Henin et Venus Williams semble aujourd'hui bien loin, lui croit toujours dans le potentiel de sa future nouvelle élève.

Pour lui faire retrouver son meilleur niveau,  il compte d'ailleurs énormément s'appuyer sur leur expérience précédente. "J'ai toujours été convaincu qu'elle avait un énorme potentiel. Elle en a exploité une partie mais n'est pas malheureusement allée au bout, regrette-t-il. Le talent ne peut s'exprimer que dans un cadre précis et c'est ce qui a manqué à Aravane. Aujourd'hui et c'est la condition de base : c'est moi qui décide. Je la connais très bien et je sais ce dont elle a besoin. Si on remet en place le mode de fonctionnement qui était le notre, les résultats suivront." Mais contrairement à la première fois et compte tenu de ses autres obligations, il ne pourra toutefois la suivre dans tous ses déplacements. Un entraineur de l’académie sera d’ailleurs choisi ce week-end pour accompagner la championne en tournoi.

Un programme "à la Churchill"

AFP

Comment relancer une joueuse incapable de franchir le moindre tour en Grand Chelem en 2011? Rezaï doit, en plus des séances d'entraînements musclées, mettre plus de rigueur dans ce qu'il appelle "l'entraînement invisible". Aucun écart ne lui sera pardonné. "Je sera au moins aussi exigeant que par le passé", prévient-il. Rien ne sera donc laissé au hasard et la jeune joueuse (bientôt 25 ans) doit s'attendre à un programme "à la Churchill" dans les semaines à venir : sueurs et larmes. "Elle doit faire des efforts à tous les niveaux. Que ce soit dans le volume, dans l'intensité ou dans maîtrise de la nutrition: tout sera surveillé. C'est très difficile, mais elle a obtenu ses meilleures en souffrant. Elle le sait. Elle est prête."

Avant de parler d'objectif, Mouratoglou tient d'abord à redéfinir un cadre précis sans lequel rien ne sera possible."Ma priorité est simple: la faire travailler. Elle a du retard à tous les niveaux. Elle est complètement hors de forme. Il faut remettre son tennis en place et cela ne sera fait pas comme cela. Il faut remettre le cadre qui permette d'attaquer tout de front". Persuadé que les résultats sont une "récompense qui arrive quand le travail est bien fait", il ne compte pas lui fixer d'objectif en termes de classement. Il y croit et saura se montrer patient. "En quelques mois, elle avait battu les N.2, N.3, N.4 et 5 mondiales. Le talent est là. On repart de loin. Elle a besoin d'avoir une confiance totale avec son coach. C'est le cas. Elle sait que nous avons gagné ensemble. Aujourd'hui, elle est sortie de la route, elle est 120e joueuse mondiale. Le chemin sera long".

A titre plus personnel, Mouratoglou assure ne pas avoir peur devant un tel challenge. La joueuse est caractérielle? "Il en faut (du caractère) pour réaliser de grandes choses, répond-il du tac-au-tac. Je n'ai jamais eu peur de prendre des risques. Jamais dans ma vie. Le challenge est magnifique! J'ai envie d'être de nouveau fier d'elle", s'emballe-t-il. Son seul souhait pour les mois qui viennent?  "Elle m'a fait rêver, j'ai envie qu'elle me fasse rêver de nouveau et on va tout faire pour..."

AFP
 
  commentaire(s)
Ajoutez le vôtre !
  commentaire(s)
Ajoutez le vôtre !
 
×