Eurosport
Du pain sur la planche
Par
Publié 04/08/2010 à 11:44 GMT+2
Jérémie Beyou (BPI) menait la flotte de la Solitaire du Figaro mercredi à 04H30, devant Kito de Pavant (Groupe Bel). Les 45 marins engagés dans la 2e étape progressait à la latitude d’Arcachon, en directeur de Saint-Nazaire.
Eurosport
Crédit: Eurosport
A la latitude d’Arcachon, soit à 160 milles de la première marque de parcours de Saint-Nazaire, la flotte étalée en longitude, a entamé sa course de vitesse sur un bord dans le golfe de Gascogne. Le vent s’est renforcé mais demeure très instable. Il y a donc du pain sur la planche dans l’aube grise de cette deuxième journée de mer. Pour l’instant, l’oriental Jérémie Beyou (BPI) est aux commandes suivi de Kito de Pavant (Groupe Bel) et Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls).
Comme le disait hier François Gabart : "Ce n’est pas parce que c’est du tout droit que c’est facile." La nuit que viennent de passer 45 solitaires en témoigne. La pétole s’est installée au coucher du soleil, saluée par quelques bancs de dauphins, mais après quelques heures à petite vitesse pour traverser la dorsale, le vent est rentré par à-coups, obligeant les marins à constamment adapter leurs réglages. Le premier passage de front a aussi entraîné (en dehors du revêtement du ciré) quelques manœuvres dont un envoi et un affalé de spi.
Au petit matin, sous un ciel opaque et une douce température, le vent est en train de s’installer (autour de 15 à 18 nœuds) et le clapot se former. Toute la flotte évolue bâbord amure sous grand-voile haute et génois, au reaching, à une vitesse moyenne proche des 7,5 nœuds. Si la progression vers les côtes françaises n’est pas encore tout à fait inconfortable, elle devrait le devenir en cours de journée avec un durcissement des conditions. Le tout sera très instable et nécessitera de nouveaux changements de voiles : spi, génois, solent ? Dans ce contexte, la plupart des marins joints ce matin à la vacation évoquaient la nécessité de se reposer pour attaquer cette deuxième journée de course humide et ventée.
Avantage aux orientaux
Côté stratégie, l’armada s’est étalée sur 18 milles d’Ouest en Est. Et depuis hier soir, c’est le groupe le plus oriental qui a pris les commandes. Jérémie Beyou faisait partie des plus fervents partisans de cette option : le voici récompensé ce matin avec une première place au pointage de 4h30. Le skipper de BPI a bien rattrapé son retard après son départ volé devant Gijón. Il devance d’1,4 mille Kito de Pavant (Groupe Bel). Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), le leader de la veille, complète le tiercé avec un peu plus loin l’Italien Pietro D’Ali (I-Nova 3) et François Gabart (Skipper Macif 2010) qui avait décidé la veille de se recentrer pour, disait-il, "minimiser les risques". Le premier bizuth s’appelle Arthur Le Vaillant (Philia Promotion Immobilière) et il pointe en 7e position… pas mal pour le benjamin de la flotte ! A noter enfin que du leader au dernier (Arnaud Godart-Philippe sur Senoble ferme la marche), il y a déjà plus de 12 milles d’écart ce qui n’est pas anodin au moment d’entamer ce long bord technique jusqu’à Saint Nazaire…
Echos du Large
Kito de Pavant (Groupe Bel), 2e au classement de 04h30 : "On ne s’ennuie pas. Il y a pas mal de choses à faire. Le vent est rentré, il est plus stable. J’en ai profité pour me reposer car depuis le début, après une belle soirée avec la lumière et les dauphins, le vent a été très instable avec beaucoup de réglages, beaucoup de boulot. Je suis bien parti, je me suis bien dégagé, là, je suis avec Jérémie qui va assez vite devant. Y’a un peu de clapot mais ça glisse… on a 10 à 15 nœuds. On est en ciré et polaire quand même, car il y a des manœuvres (je viens de rentrer le spi) et que l’été c’est terminé…"
Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), 3e au classement de 04h30: "Là, on a retouché du vent soutenu. Je suis au reaching sous génois et ça déboule bien. On a traversé un petit front avec un peu de pluie, ça se redégage et ça devrait réadonner. Là, je suis en mode bourrin, tout matossé à bloc, le bateau chargé, les voiles bordées. Je me situe un peu sous la flotte et en pointe pas très loin de la route directe donc pas trop mal à mon goût."
Gildas Morvan (Cercle Vert), 19e au classement de 04h30 : "On a réussi à sortir de l’auberge espagnole. On n’a pas eu beaucoup de vent au départ. Là, depuis quelques heures, on a du vent plus régulier. On fait route directe sur St Nazaire, ça cavale. Il faut cravacher pour revenir mais il y a du boulot jusqu’à Brest. On attend pas mal de variations de vent en force et en direction des côtes françaises, y’aura pas mal de manœuvre : sous spi, genois, solent."
Karine Fauconnier (Eric Bompard Cachemire), 23e au classement de 04h30 : "Ça va, ça commence à bouger un peu avec le clapot qui se lève. On a eu un passage de front déjà, on en attend un deuxième. J’ai fait un départ catastrophique donc je ne suis pas très contente de mon début de course. Je vais essayer d’anticiper les changements de voile. Il y a déjà eu un envoi de spi, il y en aura peut-être un autre et puis un passage sous solent. J’ai dormi 20 minutes en sortie de dorsale et sous spi je me suis un peu écroulée sur le pont."
Alexis Loison (AllMer Ineo-GDF Suez), 29e au classement de 04h30 : "Ça fait plaisir, cette année les départs se passent bien ! Ça a été vraiment dur de sortir de la baie de Gijón, il y avait du vent un peu fou et dans tous les sens. Chacun a fait son chemin, c’est un peu dur de voir où sont les concurrents. J’aurais bien aimé être plus dans l’Ouest mais j’ai du monde des deux côtés. Le vent va monter jusque SN1, ça va être un bord limite spi-génois, il ne faudra pas fermer les yeux, y aller, foncer dans le tas et mettre le spi et enchainer les surfs comme un grand. Là, c’est le bon moment pour enchainer les siestes…"
Sur le même sujet
Publicité
Publicité