Etape 2 : déclarations

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Voici ce qu'ont déclaré les principaux protagonistes à l'issue de l'Etape 2 de la Solitaire du Figaro, à Brest.

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Crédit: Eurosport

Armel Le Cléac'h (Brit Air, vainqueur en 2 j 12 h 44 min 40 sec) : "C'était intense jusqu'au bout, le dernier bord dans le goulet n'en finissait pas, le vent était tombé et il y avait un peu de courant contre, je dois reconnaître que j'ai eu un petit coup de stress (…) C'est le métier, c'est ce que je me suis dit après SN1, sous petit spi, avec François et Jérémie, j'ai vu qu'on faisait vraiment la différence. J'ai fait des petites siestes, au total, sur l'étape, je pense que j'ai dormi trois ou quatre heures. Mais c'était difficile, avant SN1, je mettais du charbon pour revenir dans le bon paquet et, ensuite, quand je suis passé en tête, avec la pression que me mettaient Jérémie et François, il fallait tenir."
François Gabart (Skipper Macif 2010, 2e à 16 min et 55 sec) : "Je ne suis pas très bien parti, mais dès la première nuit j'ai bien travaillé, j'ai fait marcher le bateau, trouvé un passage pour traverser la dorsale... On a bien tiré notre épingle du jeu avec Armel et Jérémie. Ensuite, ça a été la remontée vers Brest le long des côtes bretonnes avec deux sacrées « stars » à mes côtés ! J'ai passé Jérémie au Raz de Sein, mais on était encore très proches. En rade de Brest, j'ai joué avec une risée, en deux trois empannages j'ai gagné quelques petites (mais précieuses) minutes (…) Je me sens moins fatigué qu'après la première étape. Je n'ai pas encore fait les comptes. Je fais les étapes les unes après les autres. Ce qui importe c'est que je sais que je suis capable de faire une autre étape comme celle-ci !"
Jérémie Beyou (BPI, 3e à 23 min 13 sec) : "Je me suis retrouvé coincé, avec François (Gabart), en arrivant dans le goulet de Brest. Armel partait devant avec du vent, les autres arrivaient à fond derrière et nous étions arrêtés !!!" "Je crois que j'ai tout donné. Il y a eu peu de repos. J'ai peut-être dormi un peu devant l'île de Groix au près ce matin. Je suis déçu parce que, successivement 1er au classement, je me disais : tiens, je ferais bien la même étape que l'an dernier !" (ndlr : il l'avait emporté).
Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 4e à 33 min 36 sec) : "J'étais trop pressée de partir. D'habitude on arrive à se refaire entre la ligne et la bouée de dégagement, mais ça n'a pas été le cas cette fois-ci. Derrière, j'ai enchaîné avec une très belle sortie de la baie de Gijon et une bonne négociation de la dorsale (...) Il y a eu 12 heures de spi... parfaites ! (en direction de la marque SN1) Le bateau dépotait dans tous les sens. Le bonheur. C'est à ce moment que j'ai retrouvé Fred Duthil, Nicolas Lunven et Erwan Tabarly qui me courraient après depuis la sortie de dorsale. A SN1, il y a eu une hésitation sur les voiles ; génois ou solent ? La question était là. Mais j'ai fait exactement ce que le routage disait de faire et j'ai viré après les autres, ce qui m'a permis de recoller au paquet des huit premiers. Entre Groix et Les Glénan, on s'est tous décalé à terre, avant de faire du près à jouer dans les cailloux. Au Ras de Sein, on a passé un temps fou à tirer des bords... avant de repartir sous spi à l'attaque!"
Kito de Pavant (Groupe Bel, 7e à 38 min 41 sec) : "Je n'ai pas dormi pendant trois jours. J'ai dû faire deux siestes de cinq minutes. J'ai les mains en compote, je me suis fait des plaies partout mais je suis satisfait de ma seconde étape. Sur la première, j'étais fébrile et là, je me suis senti bien, relax, j'ai pris du recul sur tout ça. C'était long, c'était dur, mais c'était agréable de courir plutôt devant et de s'accrocher. Je m'en sors bien, je suis content. Je suis bien parti, presque en tête. Après, je voulais à droite dans le golfe de Gascogne. Je le sentais bien, je ne savais pas vraiment comment y aller alors je me suis lancé et c'était pas mal. Ensuite, tu te dis : 'C'est bon, on va gérer, on a de bonnes conditions pour allonger la foulée', mais non, ils (les concurrents) reviennent de partout, par la droite, la gauche, derrière… il ne faut jamais s'arrêter, toujours attaquer. Sur l'eau, c'est impressionnant de voir comme tout le monde navigue bien, du premier au dernier. J'avais oublié comme c'était dur la Solitaire. Les écarts se font et se défont à une vitesse incroyable. Tu es obligé de te donner entièrement sur cette course, sinon ça tourne à la punition. Armel (Le Cléac'h) va très vite. Il transverse la flotte, navigue super bien et fait peu d'erreurs. Il est sur un nuage et très serein. Il arrive à maturité, navigue à bord d'un bateau prêt, et surtout, il a très envie de faire ça. Gagner deux étapes alors qu'il n'était pas bien placé au départ de chacune d'elle, c'est fort. Il domine pour l'instant et j'espère qu'il va gagner. Il fait une démonstration, comme François (Gabart) d'ailleurs."
Anthony Marchand (Espoir Région Bretagne, 14e à 46 min 8 sec et leader au classement général des bizuths) : " L'ordinateur ne marchait plus. Dans le clapot, ça tapait beaucoup, il n'y avait pas beaucoup de vent, c'est comme si quelqu'un jouait avec la souris et activait plein de trucs ! J'éteignais, je rallumais, et ça se remettait à clignoter dans tous les sens ! Des pages se rouvraient, ça n'arrêtait pas (…) Je me suis trompé de marque de passage, je suis énormément déçu. A un moment on était sur la route de la pointe de Penhir, tout le monde a empanné, et je me suis demandé ce qu'ils faisaient ... (…) Je n'ai pas dormi sauf peut-être quelques minutes pendant la première nuit. Je n'avais pas envie de dormir. Je ne sais pas si c'est bien mais c'est comme ça !!! (…) Armel le Cléac'h m'a aidé à mieux avancer dans le golfe de Gascogne. Il n'était pas très loin devant, je l'observais donc aux jumelles pour comprendre comment il règle son bateau ..."
Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls, 22e à 1 h 18 min 55 sec) : "Ils sont vraiment bons devant ! Je crois que je vais avoir besoin d'aller voir ma trace de près pour comprendre ce qu'il s'est passé. J'ai essayé d'y aller prudemment, trop peut-être. J'avais décidé de jouer la route directe et je m'y suis tenu. Il y a eu des moments très sympa, sous spi notamment. Je savais que ça allait monter, mais pas autant que ça. Ca s'est renforcé au moment où quelques concurrents sont arrivés, des gars comme Gildas Morvan par exemple, et je me suis laissé influencer par leur navigation. Je me suis dit que s'ils faisaient ça c'est que ça devait être bon. Je me rends compte que c'est difficile de rester dans ses schémas de départ. Le passage de front a donc été un peu compliqué pour moi et après ça s'est mieux enchaîné. Je suis content parce que j'ai moins subit que sur la première étape. J'ai juste eu peut-être un peu de mal à doser ma trajectoire. J'ai la vitesse mais il me manque encore ça. Je dois encore gagner en connaissance du bateau. Je perds de précieuses minutes sur des petites différences. Le niveau est particulièrement homogène cette année et tu n'as pas le droit de te tromper!"
Eric Péron (Skipper Macif 2009, 29e à 1 h 38 min 46 sec) : "Je suis bien parti. J'étais bien placé pour passer la dorsale. J'étais d'ailleurs sur la même trajectoire qu'Armel, François... Et puis j'ai voulu pousser un peu plus cette route Ouest, mais ce n'était finalement pas une bonne idée. Après SN1 j'ai eu des problèmes de pilote automatique qui m'ont fait perdre du terrain, et de l'énergie. Ensuite, j'étais à contre temps. C'est dommage. Pour un petit bord comme ça... J'aurais dû faire comme les autres et suivre le troupeau. J'ai voulu tenter un coup. Mais au moins je sais où sont mes erreurs."
Sylvain Mondon (Météo France) : "Il (Le Cléac'h) a tiré les meilleurs bords, appuyé sans cesse à bon escient, où ça payait, au bon moment et il allait très vite. Il fallait être opportuniste, envoyer le premier le spi, le solent, virer le premier et ainsi de suite et gagner mètre après mètre."
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