Beyou et les affamés

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Jérémie Beyou (BPI) a patronné les 2e et 3e étapes de la flotte de la 42e Solitaire du Figaro mais ses trois principaux rivaux se tiennent en 56 minutes.

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Les 46 skippers de la Solitaire du Figaro prennent dimanche aux Sables-d'Olonne le départ de la 4e et dernière étape de cette course, avec un solide leader au classement général provisoire, Jérémie Beyou, et quelques rivaux qui promettent de lui mener la vie dure jusqu'à l'arrivée à Dieppe. Avec une avance de 34 minutes sur Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham, 2e), Beyou (BPI) dispose d'un matelas confortable mais la messe n'est pas dite et tout peut arriver sur les 430 milles de cette manche: avarie, mauvais choix tactique, coup de pompe, etc...
Les 15 derniers Figaristes accusent plus de quatre heures de retard sur le premier et ne peuvent plus gagner mais derrière Beyou (vainqueur des deuxième et troisième étapes) et Delahaye, pointent deux grosses "pointures". Nicolas Lunven (Generali) est 3e à 6 minutes de Delahaye et dispose d’une marge de moins de 16 minutes sur Thomas Rouxel (Bretagne Crédit Mutuel Performance, 4e). Au total, ce quatuor de choc se tient en 56 minutes après trois étapes et quelque 1265 milles (2277 km) de course.
Pour Jérémie Beyou, qui a déjà gagné la Solitaire du Figaro en 2005, le niveau des meilleurs n'est pas vraiment supérieur à ce qu'il était il y a six ans... "mais les meilleurs sont plus nombreux". Beyou espère qu'un bon résultat dans cette 42e Solitaire du Figaro l'aidera "à trouver un budget" pour le prochain Vendée Globe (novembre 2012), la course autour du monde en solitaire et sans escale. Mais quoi qu'il arrive, il rejoindra à la fin du mois Jean-Pierre Dick à Lorient (Morbihan) pour s'entraîner en vue de la prochaine transat (en double) Jacques Vabre, qu'il fera à bord de son monocoque de 60 pieds (18,28 mètres) Virbac-Paprec. Le départ de cette course sera donné du Havre (Seine-Maritime) le 30 octobre, en direction du Costa Rica.
Classement général provisoire après trois étapes
1. Jérémie Beyou (FRA/BPI) en 184 h 31:40.2. Fabien Delahaye (FRA/Port de Caen Ouistreham) à 34 min 15 sec3. Nicolas Lunven (FRA/Generali) 40 min 52 sec4. Thomas Rouxel (FRA/Bretagne-Crédit Mutuel Performance) 56 min 41 sec5. Erwan Tabarly (FRA/Nacarat) 1 h 07 min 24 sec
Ils ont dit
Paul Meilhat (Skipper Macif 2011, 9e à 1 h 35 min 35 sec) : "Du départ jusqu'à la première nuit de course, ça va être très délicat. Nous partons dans un système orageux qui vient d'Espagne et monte vers le Nord Est. En s'approchant des côtes bretonnes, la météo sera plus stable. Mais, en Manche, nous retrouverons cette dépression... L'objectif est d'être parmi les premiers à s'extirper de cette zone incertaine au large des côtes vendéennes pour toucher une brise plus établie en Bretagne. Heureusement, les coefficients de marée sont faibles mais il va y avoir beaucoup de paramètres à gérer."
Morgan Lagravière (Vendée, 10e 1 h 34 min 06 sec - 1er bizuth) : "Concernant la météo, on devrait avoir un schéma relativement simple sur le papier, avec des vents stables de nord nord-est jusqu'à la pointe Bretagne, avant que ça bascule à l'ouest pour finir au portant. C'est un schéma qui semble assez fiable, mais c'est de la voile et on n'est jamais à l'abri de chamboulements."
Eric Drouglazet (Luisina, 23e à 3 h 46 min 13 sec) : "Cette dernière étape va être hyper indécise. Les orages sont très difficiles à prévoir à moyen terme. On va avoir une météo compliquée. Le parcours est déjà ardu en lui-même parce qu'il y a beaucoup de côtier. Avec des endroits difficiles : de nouveau le passage du Four, le Raz de Sein, les îles anglaises… le Raz Blanchard. On va se retrouver tout le temps à raser les îles, avec les risques de dévent que cela comporte. On sera soumis à l'accélération des courants aussi parce qu'on va passer à proximité des pointes. Et puis de l'île Batz à l'arrivée, on aura des vents très faibles. Il peut y avoir de gros écarts et de grosses surprises sur cette étape-là. Moi de toute façon, au classement général, je suis cuit, donc l'idée est de faire une bonne étape. Et si j'ai les Dieux avec moi, pourquoi pas faire quelque chose d'exceptionnel…"
Yoann Richomme (DLBC, 29e à 4 h 29 min 12 sec) : "Si j'arrive à atteindre mon but, je serais franchement très content. Je suis déjà satisfait car en dehors de ma déception sur la 1ère étape, je suis régulièrement dans le top 15 pendant la course. J'ai réussi à étalonner mon niveau et si j'arrivais à mieux terminer et à être plus patient sur les fins de parcours, je ferais de bien meilleurs résultats. Je pense qu'il me manque de l'expérience, de la patience et à la fois un peu d'opportunisme pour concrétiser."
Eric Péron (Skipper Macif 2009, 30e à 4 h 42 min 58 sec) : "Ça va être du gagne petit, côtier, sur cette dernière étape. On attend une dépression orageuse, la situation météo est encore incertaine. Globalement il faut s'attendre à naviguer près des côtes, à tactiquer en fonction des effets de site, avec les courants et les contre-courants. Il n'y aura pas de grandes options stratégiques. Cela va se jouer à l'usure, chaque erreur sera sanctionnée au classement. Il faudra aller au plus court avec des passages particulièrement délicats dans le passage du Four, au Cotentin..."
Frédéric Rivet (Vendée 1, 33e à 6 h 26 min 42 sec) : "Plus qu'un tour de Bretagne, l'étape qui arrive ressemble à un Tour de France ! Ça va être long. Plusieurs coups vont se profiler, il va falloir les prendre les uns après les autres, sans être trop extrême, car on a vu que ça pouvait ne pas marcher… Ce soir, avec le staff, on va donc à nouveau bien décortiquer les fichiers météo. L'objectif pour moi sur cette étape sera de faire un coup d'éclat. J'ai au moins un avantage, celui de n'avoir plus rien à perdre."
Jean-Paul Mouren (Groupe SNEF, 34e à 7 h 22 min 26 sec) : "Cette manche sera une étape où tout le monde va donner le maximum parce que c'est la dernière cartouche qu'on aura à tirer. Donc, ça va encore rehausser d'un cran le niveau. Cela va essentiellement se passer au près, il y aura de la "chirurgie" dans les cailloux du côté du nord Bretagne et ça, ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai très peur des cailloux tout simplement parce que je n'ai pas fait assez de croisière ou de pêche dans le coin, je n'ai pas appris ces endroits calmement… Pour ma part, j'aimerais bien être un peu mieux que là où j'en suis au classement mais je mérite ma place, c'est très hiérarchisé et cela ne se bouscule pas aussi facilement. Néanmoins, je vais essayer d'un peu moins dormir entre 3 et 6 heures du matin !"
Jacques Caraës (Solitaire du Figaro, directeur de course) : "Avec ce gros côtier pour finir, ce sera difficile pour les marins de trouver le sommeil. Ce sera tout à terre, il y aura des effets de site assez importants, les îles, les passages dans le courant avec le raz de Sein, le Four puis Aurigny et le raz Blanchard, donc l'étape est compliquée. Elle se fait pour les deux tiers au près dans des vents qui ne sont pas forcément très soutenus tout le temps avec peut-être un final au portant. C'est vrai que c'est une étape dure pour la fin. Elle est piégeuse. Elle doit tracasser pas mal de gars aujourd'hui. Mais le niveau de la flotte est tellement bon. Et puis cela permet de conserver du suspense pour la fin."
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