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Etape 2 : déclarations
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Publié 10/08/2011 à 17:31 GMT+2
Voici ce qu'ont déclaré les principaux protagonistes à l'issue de l'Etape 2 de la 42e Solitaire du Figaro, à Dun Laoghaire.
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Jérémie Beyou (vainqueur de l'étape 2 en 65h25 min 16 sec) : "Je me suis appliqué, pour arriver à être devant et à y rester, ce n'était pas facile ! Au départ de Ouistreham, il y avait des grains et à l'arrivée aussi ! A l'arrivée le vent était dans tous les sens, le spi, je l'ai mal traité et il a fini par éclater... Fanch (ndlr : son préparateur) va avoir un peu de boulot le pauvre. Mais il fallait être devant et tout mettre durant la nuit. On a dormi la deuxième nuit et hier après-midi lorsque j'avais Erwan (Tabarly) bien installé derrière moi, j'ai pu faire la sieste bien calé sur le pont."
Nicolas Lunven (Generali, 2e à 19 min 54 sec) : "Je prends avec bonheur cette 2e place parce qu'elle était dure cette course. C'était une étape de montagne. Tous ces grains à l'arrivée, ce n'était pas trop prévu au programme… avec le vent qui passe de 5 à 35 nœuds… Mais ça fait du bien de se battre et d'être récompensé à la fin. J'ai été dans le bon groupe tout le temps. Au début, j'étais entre 10 et 15. A Land's End, j'étais troisième et après j'ai essayé de tenir mon rang jusqu'à l'arrivée. J'étais super content de la manière dont j'ai navigué. Je me suis bien amusé (…) J'ai mal à mon genou droit. On s'est cogné de partout, il y avait beaucoup de mer, avec du vent. J'ai sorti toutes voiles possibles à part le tourmentin. Tu les sors, tu les ranges, tu manœuvres, tu te cognes de partout. En plus, avec la fatigue, tu n'as plus trop les réflexes et tu te fais vraiment mal."
Adrien Hardy (Agir Recouvrement, 3e à 37 min 46 sec) : "On a toujours été groupé, et ça se joue au final. Cette nuit, j'en pouvais plus, alors je n'ai pas eu le choix que d'aller dormir. On était sous spi mais j'ai quand même dormi 3 ou 4 fois 20 minutes, ce qui est énorme. J'ai perdu pas mal de places mais je n'y arrivais plus : je voyais 2 spis à l'avant du bateau, c'était affreux… Alors j'ai arrêté mais du coup, ce matin, j'étais plus en forme que les autres, j'avais énormément d'énergie, vers 5 heures du matin, je me suis mis dessus. J'ai fait la route directe et ça a bien marché."
Morgan Lagravière (Vendée, 6e à 41 min 59 sec - 1er bizuth) : "Trois journées et trois nuits très difficiles dans de la mer et du vent fort : on n'avançait pas beaucoup… Je n'ai pas pris de plaisir, partagé entre l'envie de bien faire et la peur, parce qu'on s'est fait des sensations dans 35 nœuds sous spi. Ca partait dans tous les sens. Je suis évidemment content du résultat mais il va falloir se reposer, manger de vrais plats, faire le break avec le bateau et me changer les idées. Honnêtement, je me pose des questions quant à continuer sur le circuit Figaro ! Je suis content de voir à quoi ça ressemble parce que ce sont des régates spéciales et intéressantes, mais c'est tellement dur ! Parce que ça a été raide dès le départ de Caen. Et après, l'état de la mer était tel qu'on ne pouvait pas lâcher la barre… Quant à la fin, on était déjà un peu à bout et on se tape plus de trente nœuds sous spinnaker ! Le bateau allait à plus de 18 nœuds : c'est impressionnant. Et on se rend compte qu'on peut vite passer à l'eau quand on se fait balayer par les vagues et qu'on tombe tout le temps dans le bateau. Je me suis engagé sur ce projet avec la Vendée et j'irais jusqu'au bout de moi-même pour faire au mieux. Le retour à terre est agréable et va lisser les choses quand je vais me remémorer les moments que j'ai vécus : le positif démarre jeudi."
Fabien Delahaye (Port de Caen Ousitreham, 7e à 42 min 30 sec) : " Une fois la tête libérée de mes soucis électroniques, je me suis battu et à force de stratégie, je gagne 10 places au classement. Ce matin, j'étais très bien situé, dans les 5 premiers et avec très peu d'écart. C'est là que la foire a commencé ! C'était vraiment la foire sur la fin. 20 milles avant l'arrivée, tu passes de 40 à 0 nœuds en quelques instants. Malgré tout, je ne perds que 2 places dans l'histoire donc ce n'est pas si terrible, mais Jérémie Beyou (BPI) a un peu creusé l'écart en temps, mais ça, on verra plus tard."
Frédéric Rivet (Vendée 1, 12e à 49 min 04 sec) : "Encore une fois, il n'a pas manqué grand chose pour aller chercher le podium.Ce matin, j'étais bord à bord avec Adrien (ndlr, Hardy) et au final il s'en va décrocher la 3e place... Il y avait encore pas mal de navigation dans le petit temps et je sens que je suis encore perfectible dans ces conditions. Il faut vraiment que je travaille ça pour espérer finir plus haut dans le classement (…) J'ai le dos un peu en vrac, les mains bien abîmées, mais le moral est là et je vais tout faire pour aller chercher quelque chose à la maison. Surtout que, comparé aux autres, je me trouve pas mal au niveau de la lucidité et de la forme physique."
Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls, 13e à 50 min 55 sec) : "Je suis content d'arriver. J'ai fait un super début d'étape. Les deux premiers jours de course, j'étais même fier de moi, ce qui arrive rarement ! Je crois n'avoir fait aucune erreur jusqu'à la pointe anglaise (…) Après Land's End, je savais que ça allait être chaud, que ça allait attaquer de partout. J'ai fait le choix de protéger l'Ouest. Je commençais à être sérieusement fatigué, on était dans du petit temps et à chaque fois que j'allais mettre le pilote, le bateau partait, se mettait en rideau et il fallait le relancer. Mon option n'était pas mal, c'était aussi celle de Thierry Chabagny qui s'en sort bien (ndlr : le skipper de Gedimat termine 5ème en Irlande). C'est plus la conduite qui a posé problème à ce moment là". Du prés, la négociation d'une dorsale placée sous le signe de la stratégie sensible et une nuit sous spi prenant des allures de chevauchée sauvage, c'est un menu complet, liquide compris, auquel ont eu droit les solitaires : "Il y a eu des surfs énormes, des claques à 35 nœuds. Après la dorsale qui nous a donné du petit temps mais des conditions très stratégiques, je me suis dis ça y est, ça va être de la glisse et en fait pas du tout. C'était la guerre ! Je suis détruit, j'ai commencé à dormir la nuit dernière mais malheureusement ça a été défavorable à la vitesse. Mais quand le corps dit stop, il le fait vraiment !"
Eric Peron (Macif 2009, 14e à 53 min 58 sec) : "Il y a eu des moments où il était plus facile d'être derrière que devant, ce fut le cas par exemple au large de Cherbourg : nous, nous devions nous enfoncer dans notre route vers l'Ouest en attendant la renverse du courant, alors que derrière ils ont pu virer plus tôt. Ensuite, je suis bien revenu à l'entrée de la Mer d'Irlande, mais j'ai juste viré trop tôt dans mon option Nord, cela s'est joué à 2 milles... je continuais un peu plus et je recroisais dans les dix sans problème."
Romain Attanasio (Savéol, 15e à 54 min 54 sec) : "Ce matin, j'ai pris une bonne trajectoire, j'ai longé la côte irlandaise, ça avançait vite ! J'ai même cru un moment que j'allais prendre la tête de cette manche ! J'ai doublé beaucoup de bateaux, c'était incroyable ! Malheureusement le vent a ensuite molli sur cette zone. L'option était de prendre à l'extérieur mais je n'étais pas bien placé pour ça, et j'aurais perdu encore plus de places.
Je n'ai quasiment pas dormi et je n'ai que très peu mangé également. Je sais que c'est le parfait exemple à ne pas suivre, mais là, on ne m'en a pas laissé le choix ! Pour tout avouer, là je viens de me faire plaisir avec une super assiette composée, gentiment proposée par l'organisation de la Solitaire, et je dois dire que ça requinque ! Je ne vais pas dire que je suis en pleine forme mais ça va déjà mieux !"
Paul Meilhat (Macif 2011, 16e à 57 min 48 sec) : "Ce sont des étapes comme celle-ci qui font que cette épreuve est mythique ! En trois jours on a essuyé deux fronts, négocié une dorsale, enquillé 48 heures de près, une traversée de Manche, croisé des tonnes de dauphins et de baleines pour terminer par des surfs à plus de 15 nœuds ! C'est génial !... presque mythique..."
Gildas Morvan (Cercle Vert, 20e à 1h05 min 44 sec) : "Une étape dure : on part déjà avec de gros grains au départ de Caen : 35 nœuds, ça annonçait la couleur ! On enchaine ensuite le passage dans les cailloux au raz Blanchard… un peu chaud de nuit dans les cailloux ! Entre Guernesey et l'Angleterre on a eu droit à du près assez fort dans une mer démontée : on n'arrivait pas à se tenir ni à la barre ni à l'intérieur, c'était vraiment l'enfer ! Et pour finir sous spi dans 30 nœuds de vent, avec la fatigue ça a compliqué la tâche … C'est décevant car il n'y a que l'arrivée qui me pénalise : à 20 milles j'étais encore juste derrière Nicolas Lunven qui finit 2e… C'est un coup dur, ces deux spis explosés quand je les envoie et qui me font terminer 20e au lieu de 4 ou 5e, ça fait quand même du temps à rattraper (9e à 1h04 du leader, ndr). Mais bon, il va falloir se remettre en selle, déçu mais pas abattu je dirais !"
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