Votre titre à un petit parfum d'exception : vous êtes le premier Français champion de F3 britannique...
Jean-Eric Vergne : Oui, c'est génial. J'ai même du mal à réaliser. Personne n'avait gagné le championnat en août. Et je l'ai fait avec zéro erreur et douze victoires !
Nicolas Minassian aurait du être le premier Tricolore sacré en F3 britannique, en 1997. Mais il s'était fait un peu "casser" sur une question de discipline. A croire que les Britanniques ne voulaient pas d'un Français champion… Avez-vous eu cette impression ?
J. E. V. : J'ai clairement essayé de bien me faire voir, d'être clean. Le problème est que, justement, j'ai accroché en course mon principal adversaire, Webb, à Rockingham. Ça a failli être très compliqué... En fait, un premier accident, qui n'était pas de mon fait, en a entrainé un second, qui a laissé penser que j'étais responsable. Mais la télémétrie, les vidéos et les témoignages ont montré que je n'y étais pour rien. Les commissaires ont mis trois heures à tout regarder, décortiquer. Finalement, Huertas a pris une amende et Webb a retiré son appel.
Le duel contre Webb a-t-il été tendu ? Vous a-t-il appris quelque chose ?
J. E. V. : Il a été un peu tendu, à cause de cet accrochage. Puis à cause de notre passe d'arme à Spa-Francorchamps : j'étais deuxième derrière lui, en train de le passer, lorsqu'il m'a envoyé dans l'herbe. Dans notre lutte, j'ai toujours pris énormément de risques, sans jamais être responsable d'un incident.
Qu'appréciez-vous en tant que pilote ?
J. E. V. : Je n'ai pas de préférence marquée, j'ai un style qui me permet de m'adapter à toutes sortes de voitures, survireuses ou sous-vireuses, car j'ai beaucoup appris de mon passage en Formule Renault chez SG Formula. Autrement, j'aime les séances de qualification, quand il faut tout bien mettre en place sur un tour.
Préférez-vous être chasseur ou chassé ?
J. E. V. : En fait, je ne me suis fait dépasser qu'une fois cette saison. J'aime les situations où il faut attaquer pour doubler. A Spa, j'ai gagné en partant 7e. C'était sympa.
Vous faites partie du programme Red Bull Junior, qui vient de se séparer de Hartley. Du coup, vous allez récupérer son baquet chez Tech 3 en World Series by Renault… L'agenda s'emballe…
J. E. V. : Oui, absolument (rires). Je suis là pour ça, pour rouler le plus possible. Ça ne peut être que du bonus. Le titre de F3 en poche, je vais pouvoir me concentrer sur la World Series.
Helmut Marko, le responsable du programme Red Bull Junior, vous suit-il sur les compétitions ?
J. E. V. : Il me fait confiance et ne s'attendait pas à ce que je gagne si tôt. Bon, il n'est pas venu me voir cette année mais à chaque fois que j'ai gagné, j'étais à peine descendu du podium qu'un message m'attendait déjà sur mon portable.
Hartley cumulait le poste de réserviste en F1 chez Red Bull et Toro Rosso. Votre promotion est-elle en cours ?
J. E. V. : Ça n'est pas très important d'être nommé pilote N.3 (conjointement avec Ricciardo). C'est bien d'être présent sur les Grands Prix, d'assister aux réunions techniques, mais c'est plus un titre honorifique. Je préfère passer du temps à l'usine, travailler sur le simulateur et apprendre les réglages avec les ingénieurs.
Tech 3 a l'avantage d'être une équipe française…
J. E. V. : L'une des meilleures de World Series, surtout. C'est une super équipe, qui a une bonne expérience de la catégorie. Et je la connais déjà un peu puisque j'ai fait deux courses avec elle cette année en GP3.
Connaissez-vous aussi Ricciardo, votre futur équipier chez Tech 3 ?
J. E. V. : Oui. On habite dans la même ville, Milton Keynes, où est basée de Red Bull Racing. On s'entend bien, on fait du sport ensemble, on mange parfois ensemble. C'est quelqu'un de vraiment sympa.
Avez-vous une assurance de rouler en World Series 2011 ?
J. E. V. : Aucune pour l'heure. Ce serait la logique mais je vais déjà disputer mes premières courses dans ce championnat.
L'an dernier, trois jours avaient été réservés en F1, à Jerez, pour faire rouler des jeunes pilotes. Allez-vous en bénéficier cette année ?
J. E. V. : Il y aura deux jours de tests à Abou Dhabi (après la dernière manche du championnat) et je ne me vois pas ne pas les faire, avec Red Bull ou Toro Rosso. Mais pour l'instant il n'y a rien d'officiel.
Avez-vous une préférence pour le titre entre Vettel et Webber ?
J. E. V. : J'espère que l'équipe va remporter le titre Constructeurs, car elle le mérite dix fois, et que ça se jouera entre Vettel et Webber, qui ont fait du super boulot.



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