Tommi Mäkinen - champion 1996, 97, 98 et 99
Le Finlandais a côtoyé Loeb pendant deux saisons. En 2002, le pilote historique de Mitsubishi rejoint Subaru. Pas évident de se lancer sur les routes piégeuses du Monte-Carlo avec une voiture inconnue. Mais il a les certitudes d’un quadruple champion du monde et quadruple lauréat en principauté. En face, Loeb et Citroën sont des débutants. Mäkinen mène une spéciale avant de se faire déborder par son challenger, sûr de son fait. Cependant, le Finlandais a le dernier mot après l’arrivée, sur réclamation. Le public sait qui est le plus fort. Ça se verra encore plus ensuite : Mäkinen ne mordra plus jamais sur Loeb, ni en 2002 ni en 2003.
Carlos Sainz - champion 1990 et 92
En 2003, le double champion du monde déboule tardivement chez Citroën avec un statut de star partagé avec son vieux rival, McRae, mais une réputation déclinante. Ce professionnel accompli doit montrer au jeune Loeb les astuces du pilotage sur terre, le réglage d'un bolide de WRC. Il n'est pas non plus maladroit sur asphalte mais sa fierté légendaire est rapidement mise à mal par le Français. En ouverture de la saison, sur le terrain sélectif du Monte-Carlo, le taulier espagnol est dominé pendant trois jours et se range comme son comparse écossais derrière le surdoué d'Haguenau, qui avait déjà étalé sa maestria princière en 2002. "El matador" a encore des atouts dans sa manche face à un Alsacien de plus en plus polyvalent : une expérience qui lui donne une longueur d'avance dans les nouveaux rallyes (il gagne en Turquie) et une régularité de métronome. En lice pour le titre lors de la finale galloise, il sait que l'avenir ne lui appartient plus et programme sa retraite fin 2004. L’année suivante, il s'aperçoit effectivement qu'il n'a plus d'argument pour rivaliser avec Loeb et revient piger deux fois en 2005 pour aider Citroën à garder son titre Constructeurs.
Le Madrilène abandonnera plus tard à Loeb son record de victoires mais en gardera un autre grâce à son exceptionnelle longévité : celui des saisons (12) soldées par au moins une victoire.
Colin McRae - champion 1995
En 2003, l'Ecossais doit être le coéquipier de référence de Loeb mais il se retrouve finalement dans un ménage à trois avec son ex-comparse de Ford, Sainz. Il essaie de compenser un pilotage brouillon par une approche sérieuse de la compétition mais il se bat toute l'année pour exister face au Français. Au Monte-Carlo, il le seconde honorablement et le devance en Suède, un terrain où les novices n'ont aucune chance. A partir de là, il ne fait plus peur au protégé de Fréquelin, le directeur de l'équipe Citroën. Plus grave, il ne lui est plus d'aucune utilité ; y compris sur la terre. Un pilote peut perdre sa pointe de vitesse mais n'est pas complètement "has been" du moment qu’il est capable de transmettre les secrets de sa vitesse. "Mc Crash" a ébloui l'aspirant Loeb dans ses spectaculaires dérives plus ou moins contrôlées, mais en cette année de cohabitation la réalité le démythifie : ses temps ne sont tout simplement pas compétitifs par rapport à l'espoir tricolore. Ce dernier a compris qu'il ne faut pas glisser pour sortir des temps. McRae n'a donc rien à apprendre à Loeb. La sanction suprême arrive au pays de Galles, où il est totalement débordé par un adversaire bridé par la consigne d'équipe.
Désacralisé en 2003, McRae n'aura jamais fait le poids. Starisé par un jeu vidéo, populaire auprès des amateurs de pilotage à la limite de la cascade, le champion du monde 1995 ne s’est par exemple jamais imposé au Monte-Carlo, épreuve reine que Loeb a accroché six fois à son palmarès. Il reviendra en 2006 pour remplacer le crack français blessé à une épaule. Une expérience catastrophique.
Marcus Grönholm - champion 2000 et 02
Le Finlandais fut le dernier géant avant Loeb. Il connaît trois années de plénitude chez Peugeot, de 2000 à 2002, ponctuées par deux titres Pilotes, et n’a ensuite plus droit à la tranquillité : il retrouve le Français en toutes circonstances, sur tous les terrains excepté la Suède et la Finlande, ses chasse-gardées. Ce duel servira les deux hommes. La 206 en bout de course, MG retrouve en 2005 une voiture fiable et performante, la 307. Mais il est trop tard : l’as d’Haguenau, qui vient de remporter son premier titre, avance comme un boulimique sur la route des records. "Full pedal" a de la classe et du cran, il est coriace dans la bagarre mais finit parfois par craquer sous les coups de boutoirs de l’Alsacien. L’arrêt de Peugeot le pousse chez Ford en 2006. Au Monte-Carlo, il profite d’une rare faute de son adversaire pour enlever sa seule victoire mondiale sur asphalte, et enchaîne naturellement sur le manteau suédois. Il ne sait pas qu’il a mangé son pain blanc : Loeb, sur une Xsara semi-privée de Kronos, aligne cinq succès et verrouille sur le bitume. C’est avec un sentiment d’impuissance qu’il assiste au nouveau couronnement de son adversaire, en convalescence chez lui pendant quatre épreuves. 2007 est le dernier acte de ce duel qui tient tous les fans du WRC en haleine : le grand Marcus bat Loeb de 0"3 en Nouvelle-Zélande mais court à sa perte en Irlande. L’histoire retiendra qu’il a poussé plus que personne Loeb dans ses retranchements.
Petter Solberg - champion 2003
Le Norvégien est le dernier pilote titré avant Loeb. En 2003, il est sacré sur un concours de circonstances au pays de Galles alors qu’il n’a jamais mené le championnat. Burns (Peugeot) a déclaré forfait pour la finale, victime d’un malaise annonciateur de sa maladie fatale. Sainz (Citroën) abandonne rapidement, enfermant son coéquipier français dans la politique d’équipe. En 2004, "Hollywood" est proprement laminé par Loeb (82 points contre 118 pts). Entre eux, deux classes d’écart. En 2005, Solberg signe sa dernière victoire à ce jour au pays de Galles. Peugeot a retiré Grönholm du rallye suite à l’accident fatal de Park, le copilote de Märtin, et Loeb s’inflige une pénalité pour pudiquement retarder son titre. Trop fougueux, médiocre tacticien, Solberg ne se hissera que rarement au niveau stratosphérique de Loeb.
Richard Burns - champion 2001
Burns et Loeb se sont mesurés sur quelques manches en 2001 et 2002 et sur toute la saison 2003. Mais rapprocher les performances du Britannique, sacré en 2001 à force de régularité (une victoire), et du Français n’est pas opportun. Burns s’est retiré fin 2003, deux ans avant de succomber à sa maladie. On ne saura jamais à quel point il n’a pu exprimer ses qualités après son titre en 2001.



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