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Loeb : l'avenir devant lui

Loeb : l'avenir devant lui
Par Eurosport

Le 27/09/2012 à 17:24Mis à jour Le 27/09/2012 à 19:38

Sébastien Loeb (Citroën WRT) assure qu'il pensera plus au plaisir qu'à la compétition en 2013. Sans certifier que c'est irréversible...

Voilà Sébastien Loeb soulagé des sempiternelles questions sur l'avenir. A 38 ans, l'octuple champion du monde, probablement certifié nonuple la semaine prochaine, a officialisé jeudi au Mondial de l'Automobile, à Paris, son désengagement progressif du WRC. En 2013, il ne participera qu'à quelques épreuves et ne visera pas un nouveau titre. "Ça fait quelques temps que je me pose la question de l'avenir", a expliqué le plus grand pilote de WRC de tous les temps en propos liminaire, lors de la conférence de presse de Citroën Automobiles. "On va lever le pied sur le rallye. On sera quand même au départ Monte Carlo parce qu'on a décidé de faire un petit programme partiel sur l'année."

"Pas encore rouillé"

En 2011, il avait resigné pour 2012 et assorti 2013 d'une option, en promettant de rouler pour Citroën et ou de se ranger des WRC. A côté de lui, Frédéric Banzet s'est réjoui de cette fidélité au double chevron, jamais démentie depuis 2001, et l'a poussé à en dire un peu plus. "Je t'ai demandé, il y a plus d'un an, que tu restes un véritable ambassadeur pour la marque", lui a rappelé le directeur général de Citroën Automobile. "Je ne me vois pas forcément en ambassadeur retraité", a répondu l'as d'Hagueneau, qui a soufflé avoir pris sa décision d'arrêter "quasiment en début d'année". "Aujourd'hui, même si j'ai un peu envie de lever le pied en rallye, je sens bien que je ne suis pas encore rouillé, que j'ai envie de rouler. On s'est dit que faire un nouveau programme ensemble pourrait être sympa. J'ai émis le souhait de faire du WTCC, qui est un autre championnat du monde, qui est une façon de recommencer une carrière pour moi, de me relancer dans un nouveau challenge avec Citroën."

Un peu plus tard, en coulisses, le recordman des victoires (74) s'est un peu plus livré sur cette révérence à inventer. "On sait qu'on commence sur le Monte Carlo, qu'on part sur une idée de trois-quatre rallyes à la base… Je n'ai pas envie de m'engager sur douze courses. Je pense plus à l'avenir", a-t-il précisé, confirmant le caractère transitoire de 2013 et la place que le championnat du monde de Tourisme occupait déjà dans son esprit. Et de répéter son envie de "se faire plaisir sur quelques beaux rallyes." "Après combien exactement ?", s'est interrogé. "Ça dépendra surtout du plaisir que j'y prendrai."

"Si je gagne les deux premiers, après je rentre chez moi"

A l'entendre, il n'y a aucune chance de le voir replonger pour l'exercice entier, "parce qu'un rallye prend une semaine", et qu'il en a assez de voler, rouler, tester, reconnaître à ce rythme depuis dix ans. Sans compter les séances d'essais. Le WTTC, "c'est quatre jours", rappelle-t-il. Il ne sera pas le même globe-trotter à partir de 2014 ou 2015.

Pourtant, il confirme à demi-mots envisager de s'aligner sur les deux premiers rallyes de 2013. "J'espère être bien placé après le Monte Carlo", lance-t-il, en sextuple vainqueur de la grande classique du Mondial. "Et la Suède est un rallye que j'aime, qui ne m'a pas souvent réussi, mais que j'ai peut-être envie de faire. Alors pourquoi pas ? Mais si je gagne les deux premiers, après je rentre chez moi. Se prendre au jeu ? Ce n'est pas le but. Après, tout est possible. Mais l'intention n'est pas là", promet-il.

Concrètement, en dehors de la certitude monégasque et de la tentation suédoise, l'Alsacien certifie son engagement au Rallye de France. Dans l'équipe officielle, Citroën WRT repeinte aux couleurs d'Abou Dabi, et non dans une structure annexe. "Mikko [Hirvonen] sera nominé à l'année, et je pense que quand je roulerai, je serai nominé", a-t-il prévenu. Hirvonen officiellement désigné pour viser le titre mondial, Loeb ne sera a priori pas prêt à se muer en équipier de luxe. "J'ai toujours aimé lui piquer des points donc je continuerai", a-t-il lancé, sourire en coin. Ce avec quoi son copilote monégasque, Daniel Elena, s'est montré d'accord, déclarant : "C'est sûr qu'au Monte Carlo, il ne faudra pas qu'il nous donner de consigne..."

A quelques mètres de son actuel leader, Hirvonen faisait bonne figure, insistant sur le soutien que Loeb pourrait lui apporter sur l'asphalte. En termes de réglages, mais pas seulement. S'il venait à être battu par Ogier (VW) sur le goudron français, par exemple, le Finlandais aurait tout intérêt à voir Loeb vaincre. Deuxième derrière Ogier, il cèderait sept points (18 contre 25). Troisième derrière Loeb et Ogier, il ne donnerait plus que trois points au jeune Français (15 contre 18).

Sordo, le pilote manquant ?

Citroën a donc beaucoup parlé de Loeb et d'Hirvonen jeudi, en prenant soin de ne pas évoquer la configuration régulière de l'équipe 1. Qui, en l'occurrence, avec Hirvonen ? "La solution idéale, c'est un pilote d'expérience dans la deuxième voiture, et continuer à former Thierry [Neuville]", a précisé Yves Matton, le directeur de Citroën Racing. "On avait un plan de deux ans avec lui. Je pense que pour arriver à notre objectif qu'il se batte pour le titre de champion du monde, il faut qu'on en reste là, à cette structure dans une construction sur deux ans." Son jeune compatriote belge n'est pas éligible dans son esprit pour piloter l'autre DS3 du team WRT, et restera sous la bannière Citroën Junior.

Le casting pour le deuxième baquet reste donc ouvert. "Tous les pilotes d'expérience sur le marché m'intéressent. Je suis en contact avec tous, et entre autres Dani [Sordo]", a confirmé Yves Matton. Fidèle lieutenant de Loeb de 2007 à 2010, l'Espagnol aussi altruiste que polyvalent serait la solution idéale dans l'optique du championnat Constructeurs. Il n'y aurait sans doute pas de pilote plus complet, compréhensif et connaisseur de la maison pour s'intégrer rapidement et "tourner" avec Loeb.

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