Ophélie Claude-Boxberger, dans quel état d'esprit êtes-vous ?

O.C-B. : "C'était long d'attendre avec le confinement. Tout a pris du retard, la justice aussi. Je m'entraîne au mieux. J'ai retrouvé un bon niveau assez vite. Je suis passée par plusieurs phases, d'abord de me dire que ce qui m'arrivait n'était pas normal, puis la colère."

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Qu'attendez-vous de votre passage devant la commission des sanctions ?

O.C-B. : "L'abandon des poursuites. On a l'impression qu'il n'y a pas de présomption d'innocence ; quand on reçoit la notification du contrôle positif (le 4 novembre 2019 pour un contrôle le 18 septembre) on est déjà coupable. On avait pourtant avancé avec l'Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, service de la gendarmerie qui mène sa propre enquête), on savait d'où ça venait, l'AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) n'en a pas tenu compte. C'est dommage que l'AFLD ne travaille pas avec l'Oclaesp. On a l'impression que je suis coupable de tout, responsable d'avoir fait revenir cet homme (ndlr : Alain Flaccus) dans ma vie, que lui n'a rien fait. Qu'est-ce qu'ils croient ? Ce n'est pas si simple que ça."

Quels retours avez-vous eu du milieu de l'athlétisme depuis quelques mois ?

O.C-B. : "Dans cette affaire, je me suis sentie très soutenue par les personnes qui me connaissaient bien. Ces gens savent que je suis une grande travailleuse, je ne suis pas arrivée de nulle part. Depuis toujours je fais partie des meilleures françaises. Par contre, beaucoup de personnes ont pu avoir de la jalousie, de la rancoeur et se sont déchaînées sur les réseaux sociaux. Au début, je répondais, mais il y avait encore plus de haine. Par exemple, des filles qui étaient mes adversaires plus jeunes ont pu écrire :"on l'a toujours su (...) à cause d'elle j'ai manqué une carrière de haut niveau". N'importe quoi. Cela fait mal."

Vous vous êtes beaucoup exposée ces derniers mois...

O.C-B. : "Avec cette affaire j'ai exposé ma vie privée, c'est notamment pour ça que je veux porter plainte contre Alain Flaccus pour viol (des faits non prescrits qui dateraient d'une quinzaine d'années, niés par M. Flaccus). Je ne veux pas payer pour tout, je ne veux pas perdre ma carrière d'athlète, c'est quasiment tout ce qu'il me reste. C'est tellement dur que tout mon travail soit remis en cause, je m'entrainais dur, je faisais attention à tout, la nutrition... Quand je pense à tous les sacrifices... Cela me met en colère. En plus je ne vis pas de l'athlétisme, je suis professeure d'EPS TZR (titulaire sur zone de remplacement) à 70%. Jamais je n'ai eu de soucis avec mes élèves, eux ils sont fiers d'être entraînés par une athlète.

Mon objectif depuis longtemps c'est de finir en 2024 aux Jeux sur marathon

Votre relation avec le Dr Serra, depuis licencié par la fédération, a aussi été beaucoup commentée...

O.C-B. : "C'est mal compris qu'une athlète puisse être en couple avec un médecin. Après les révélations sur notre relation (en juin 2019), le cauchemar a continué aux Mondiaux de Doha (entre septembre et octobre 2019). Des gens de la direction technique nous espionnaient, essayaient de nous prendre en photo. On ne pouvait plus vivre notre relation."

Comment vous projetez vous dans votre carrière ?

O.C-B. : "Mon objectif depuis longtemps c'est de finir en 2024 aux Jeux sur marathon, comme mon père l'avait fait à Los Angeles en 1984 (42e). Je voulais finir sur la piste à Tokyo puis basculer sur la route."

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