Armand Duplantis, Femke Bol, Jakob Ingebrigtsen... toutes les stars européennes seront présentes aux championnats d'Europe de Birmingham

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Il aura fallu attendre 2026 pour voir les Championnats d’Europe poser leurs valises en Angleterre. Pour cette grande première à Birmingham, le contexte est idéal : sans Jeux ni Mondiaux pour leur faire de l’ombre, les meilleurs athlètes du continent ont fait de ce rendez-vous un objectif majeur. Avec Duplantis, Bol, Ingebrigtsen... et une armada de Bleus, ces Europe ont tout d’un "petit mondial".

"Jimmy Gressier peut jouer ce rôle de leader en équipe de France"

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C’était une anomalie dans l’histoire de l’athlétisme européen. L’Angleterre n’avait encore jamais accueilli les Championnats d’Europe, elle qui reste pourtant la deuxième plus grande chasseresse de médailles derrière l’Allemagne réunifiée – et son héritage RDA-RFA. Birmingham 2026 constitue donc une première pour tout le Royaume-Uni, qui accueille les meilleurs athlètes du continent dans l’ouest de l’Angleterre à partir de ce lundi 10 août.
Inédit, donc, mais surtout particulièrement bien placé dans le calendrier. Car cette année 2026 a quelque chose de singulier : pour la première fois depuis 2018, aucune autre grande échéance internationale, ni Championnats du monde ni Jeux Olympiques, ne vient faire de l’ombre aux Europe. Les stars du Vieux Continent ont donc eu tout le loisir de faire de Birmingham et de son Alexander Stadium de 40 000 places, un véritable objectif. Et forcément, à l’heure où les chronos et les podiums européens prennent une importance inhabituelle, on en salive d’avance.
Notre consultant, Stéphane Caristan aussi, notamment lorsqu’il s’agit d’imaginer les performances qui pourraient tomber : "J’attends effectivement beaucoup de performances. À priori, les conditions météo devraient être plutôt favorables. En général, ce n’est pas un championnat qui est majeur, alors que là, il n’y a pas de championnats du monde. Forcément, on va l’aborder avec beaucoup plus d’ambition, pour les Européens bien sûr. On a des stars en Europe, quelques stars… Je pense en premier lieu à Duplantis, évidemment."

Mondo, Roi des Europe

Le Suédois arrive justement en pleine forme à Birmingham. Cette saison, il a déjà porté son record du monde à 6,31 m, à Uppsala, après l’avoir établi à 6,30 m à Tokyo en septembre dernier lors des championnats du monde. À Birmingham, il pourrait donc s’attaquer pour la dix-septième fois à son propre record. D'autant plus que le champion olympique a déjà été sacré aux Europe en 2018, 2022 et 2024, avec chaque fois un saut à plus de six mètres. Une régularité qui raconte assez bien le rapport particulier qu’il entretient avec la compétition continentale.
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C’est d’ailleurs à Berlin, en 2018, qu’il avait signé son premier grand coup d’éclat chez les seniors, avec une barre à 6,05 m, alors qu’il n’avait que 18 ans. Depuis, le gamin de Lafayette est devenu le patron absolu de sa discipline. Cette fois, pourtant, un peu de suspense pourrait venir se glisser dans son royaume. Depuis deux ans, le Grec Emmanouil Karalis est devenu son principal rival, et un peu plus qu'un faire-valoir. Médaillé de bronze des JO de Paris en 2024 avec 5,90 m, il a fait exploser les attentes en effaçant une barre à 6,17 m, chez lui, à Athènes en février, devenant ainsi le deuxième meilleur performeur de l’histoire.
De quoi promettre un concours de perche particulièrement appétissant. Et les Français pourraient bien avoir leur mot à dire. Thibaut et Mathieu Collet, respectivement médaillés d’or et d’argent aux Championnats de France d’Albi le 22 juillet dernier, ainsi que Baptiste Thiery, auront pour mission de se mêler à la lutte et, pourquoi pas, de venir tirer les marrons du feu pour une place sur le podium.

Le pari fou de Femke Bol

Chez les femmes, c’est le 800 m qui risque de prendre le plus gros de la lumière des projecteurs. La raison ? L'arrivée de la gloutonne Femke Bol sur la distance. La Néerlandaise, double championne du monde du 400 m haies et multiple médaillée olympique, s’est lancée un pari aussi audacieux que risqué depuis le début de la saison 2026 : se consacrer au 800 m avec, en ligne de mire, les Jeux de Los Angeles 2028.
Un choix qui rappelle évidemment celui de sa grande rivale de ces dernières années sur le tour de piste, Sydney McLaughlin-Levrone, passée elle aussi avec succès du 400 m haies au 400 m plat, jusqu’à devenir championne du monde de la distance à Tokyo en 2025. Et Bol a déjà montré qu’elle n’était pas venue pour faire de la figuration. Après avoir fait ses débuts sur la distance en France, à Metz, elle a signé un prometteur 1'57''13 à Hengelo en juin.
Depuis, la Néerlandaise a terminé deux fois deuxième en Ligue de diamant cette saison, à Paris derrière la Suissesse Audrey Werro, auteure d’un impressionnant 1'53''80, puis à Londres derrière la Britannique Keely Hodgkinson, championne olympique et championne du monde en titre. Le 800 m féminin n’a donc probablement jamais été aussi dense. Au point de commencer à regarder sérieusement du côté du vieux record du monde de Jarmila Kratochvílová, 1'53''28, établi en 1983 et qui résiste depuis plus de quatre décennies.
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Bol est-elle partie pour marcher sur les traces de McLaughlin ?

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L’énigme Ingebrigtsen et l’incertitude Jacobs

Autre grande interrogation : sur 5000 m, le champion olympique et triple champion d’Europe en titre sur la distance Jakob Ingebrigtsen n’a pas couru la moindre course cette saison. Sa dernière apparition remonte aux Mondiaux de Tokyo, où il avait terminé seulement dixième du 5000 m. Depuis, l’athlète de 25 ans a été opéré du tendon d’Achille qui le gênait depuis plusieurs mois et a également dû composer avec une maladie au cours de l’été.
Un long tunnel dont il devra sortir pour performer à Birmingham. D'autant plus que cela pousse derrière lui, avec le Belge Isaac Kimeli qui pourrait en profiter, ou bien le Français Jimmy Gressier, troisième sur la distance aux Mondiaux de Tokyo en 2025.
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La ligne droite aussi a ses stars et ses mystères à résoudre. Le champion olympique de Tokyo Marcell Jacobs, détenteur du record d’Europe en 9''80, a de nouveau fait parler de lui le mois dernier avec un spectaculaire 9''67, beaucoup trop venté pour être homologué (+4,1). De quoi nourrir les attentes autour du sprint masculin
Et puis il y aura Karsten Warholm. Le Norvégien tentera de décrocher un quatrième titre européen consécutif sur 400 m haies, rien que ça. Le Grec Miltiadis Tentoglou, champion olympique à Paris et champion du monde en titre à la longueur, sera lui aussi de la fête. Même chose pour l’Allemande Yemisi Ogunleye, championne olympique du poids à Paris. Pour une fois, personne ne semble avoir envie de faire l’impasse. Et ca sent la poudre.

Et les Bleus dans tout ça ?

Évidemment, les Français ne débarqueront pas à Birmingham pour simplement regarder les autres collectionner les médailles. Deux ans après une moisson historique à Rome, où la délégation tricolore était repartie avec 16 médailles, dont quatre en or, les Bleus auront plusieurs occasions de faire monter le compteur. Jimmy Gressier sera la principale figure de proue du contingent tricolore. Le Français voudra rééditer son exploit des Mondiaux de Tokyo, il y a un peu moins d’un an.
Autre nom à suivre, celui de Samuel Vessat. La météorite de l’athlétisme français, devenue recordman de France il y a deux semaines à Albi, s’attaque cette fois à un tout autre morceau avec le Britannique Matthew Hudson-Smith, recordman d’Europe du 400 m, qui évoluera quasiment à domicile. Un duel qui pourrait valoir le détour.
Sur 800 m, Gabriel Tual devra, lui, retrouver la recette qui lui avait permis de décrocher le titre européen en 2024. Moins flamboyant cette saison, le Français devra sortir une course de très haut niveau pour espérer conserver sa couronne. Chez les femmes, Anaïs Bourgoin et Renelle Lamote auront également fort à faire face à un plateau européen particulièrement dense.
Just Kwaou Mathey arrive, lui, avec une étiquette particulièrement lourde sur les épaules sur le 110 m haies : celle de favori numéro un. Orphelin de Wilhem Belocian et de Sasha Zhoya, le clan français compte sur lui pour aller chercher l’or. Le hurdler avait d’ailleurs fait l’impasse sur les Mondiaux en salle afin de concentrer sa préparation sur ce rendez-vous continental. En demi-fond, Alice Finot tentera de conserver sa couronne européenne, tout comme Alexis Miellet. Dans les concours, Yann Chaussinand voudra, lui, prouver que son record de France établi à Albi n’était pas un aboutissement, mais bien un tremplin vers quelque chose de plus grand.
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Bilan des Bleus : "On n'arrive pas à s'exprimer les jours j, on rate des médailles"

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Alors, jusqu’où peuvent aller les Bleus ? Stéphane Caristan, lui, veut croire à une belle moisson. "Je suis confiant. On a quand même une bonne dizaine de chances de médailles déjà sur le papier, avec toutes les bonnes surprises qu’on peut avoir. Je pense qu’à deux ans des Jeux, c’est une sélection qui est ambitieuse et qui doit s’affirmer sur le terrain pour prendre de l’expérience." Et si Birmingham pouvait permettre aux Français de se rapprocher du record de Zurich, établi à 24 médailles ? Caristan préfère rester prudent : "On n’aura pas 80 finalistes, mais si on pouvait en avoir 25 ou 30, ce serait un résultat exceptionnel, à deux ans de Los Angeles."
Des stars à n’en plus finir, des records qui pourraient tomber et une délégation française armée de nombreuses chances de médailles, c’est Championnats d’Europe de Birmingham ont, sur le papier, tout d’un petit Mondial. Dans un mois d’août sans Jeux ni Championnats du monde pour détourner les regards, les Europe ont cette fois la lumière rien qu’à eux. Reste maintenant à savoir si la piste de Birmingham sera à la hauteur des promesses.
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