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"Ça va commencer"
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Publié 24/06/2006 à 20:15 GMT+2
Ladji Doucouré va lancer sa saison la semaine prochaine lors de la Coupe d'Europe. Le champion du monde du 110 m haies estime monter en puissance au fur et à mesure mais demande un peu de patience à ses fans. Pour lui, la saison du 110 m haies ne va comme
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LADJI DOUCOURE , tout d'abord, comment allez-vous au niveau physique ?
L.D. : Tout va bien. J'ai des petites courbatures mais c'est bon signe. Cela veut dire que le travail porte ses fruits. Depuis le début de l'année, on réalise de bonnes périodes de travail à l'entrainement et je progresse. Mais attention, je sais qu'il va falloir en faire de plus en plus pour être au top.
Où en êtes-vous par rapport à l'année dernière ?
L.D. : La préparation n'a pas du tout été la même. Cette année, on a décidé de décaler et de tenter l'expérience aux Etats-Unis. Sur le pic de forme, la préparation est complètement différente. L'année passée, on voulait faire des chronos assez tôt pour obtenir de bons couloirs par la suite. Cette année, on est vraiment tourné vers les championnats d'Europe.
Votre expérience aux Etats-Unis terminée, allez-vous refaire ce type de préparation les prochaines années ?
L.D. : Franchement, on ne sait pas encore. On attend la fin de la saison pour tirer les enseignements de cette expérience. On va adapter notre calendrier en fonction de 2008 et des Jeux Olympiques de Pékin. On a fait 2003 et 2004 et on a vu que j'arrivais en forme pour les grands compétitions. On ne sait pas encore comment je réagis lors des compétitions à l'autre bout du monde. On tente des expériences.
Donc, on ne peut encore comparer vos temps ?
L.D. : Pour les journalistes, c'est peut-être intéressant mais pour moi cela ne veut rien dire. Je commence tout juste à faire du spécifique, je ne sais pas encore précisément quand je vais réaliser les bons chronos. Toutefois, je ne vais pas en Coupe d'Europe avec les doigts de pieds en éventail. Il y aura du beau monde là-bas. Les meilleurs européens vont être au rendez-vous. Surtout l'atmosphère du championnat d'Europe sera déjà présente. C'est donc important pour se mettre dans le bain.
Justement, vous abordez la Coupe d'Europe, quelle place accordez-vous à cette compétition ?
L.D. : La pression est totalement différente par rapport à un championnat d'Europe. Là, on court pour l'équipe. La pression ressemble à celle d'un relais. Ce qui compte c'est l'équipe. Le chrono a peu d'importance. Il passe au deuxième plan. Il faut vraiment assurer la place pour marquer des points. A l'inverse, on se concentre sur sa place mais également sur le chrono aux championnats et aux meetings. Là c'est à titre individuel mais je veux faire quelque chose à Malaga pour l'équipe.
Vous allez faire votre première course en Europe la semaine prochaine, comment comptez-vous aborder ce rendez-vous en terme technique ?
L.D. : La première partie est toujours ma bête noire. Finir, je sais le faire. Mon objectif est donc de réussir à enchainer les quatre premières haies pour pouvoir me relâcher après. Les premiers mètres, c'était vraiment mon problème pendant le stage aux Etats-Unis. Je restais scotché et prenais la première haie dans le nez. En fait pour le moment, il n'y a que lors de la réunion d'Eugene que j'ai réussi un bon départ. Là je me suis épaté. Je me suis dit : "Pas mal, t'es capable de faire ça, toi !". J'étais vraiment content de ma course (il finit deuxième en 13''33 derrière Liu Xiang). Ça m'a mis en confiance.
Et à Malaga, allez-vous avoir cette vitesse ?
L.D. : Pour être franc, je n'en sais rien encore. Une chose est sûre, je vais tout faire pour cela. Il faut absolument que je parte vite car après je pourrais contrôler la course par la suite. Si tout va bien, je n'ai pas de limites.
Si on regarde vos dernières sorties, on s'aperçoit que vous n'avez pas réalisé une course propre pour l'instant. Est-ce que cela sera un objectif la semaine prochaine ?
L.D. : Ça s'est sûr ! Sur les dernières courses, mes performances étaient un peu désordonnées. Si je fais une course fluide, je n'ai plus à penser à mes bras. Il faut juste que je me concentre sur ma course et tout devient facile. A l'inverse, si je dois courir en réfléchissant à mes bras, ma fluidité, ma position, alors je retourne en 2003. Dans ce cas, cela ne sert à rien de continuer. Les haies, ce n'est pas comme le vélo. Ça ne revient pas vite. Il faut travailler et travailler pour ne rien oublier. Maintenant j'ai compris cela.
Pour voir plus loin que l'Europe, le champs de postulants aux médailles s'est encore élargi pour le 110 m haies avec l'éclosion notamment du jeune Cubain Dayron Robles. Vous n'êtes plus cinq mais presque sept au très haut niveau. Comment gérez-vous cette arrivée de nouveaux talents ?
L.D. : On est dans une discipline très technique et je savais que cela allait arriver. Moi et Liu Xiang, on est arrivé très vite. Tous les ans, il y a de nouveaux prétendants. Je sais que je ne suis pas une exception. L'année prochaine, il y en aura d'autres encore. Je me suis toujours mis dans cette optique. Je fais toujours attention. J'essaye de regarder où en est la concurrence. Je ne suis pas du tout surpris.
Ces arrivées sont des bonnes nouvelles pour le 110m haies ?
L.D. : En effet, c'est très bien. Mais il faut que cela s'arrête là (il rigole). Après on va être obligé de faire 5 ou 6 séries. Ce serait trop ! Par contre, pour la combativité, c'est bien. Avec cette concurrence, toutes les courses deviennent des finales. Aujourd'hui déjà, personne ne sait qui va gagner avant le début d'une course. C'est la beauté de notre discipline. Rien à voir avec le 100m, où Justin Gatlin et Asafa Powell s'évite.
Vous n'avez pas encore vraiment débuté votre saison, comment analysez-vous les performances de vos concurrents ?
L.D. Pour moi, tout va commencer maintenant. Liu Xiang n'a fait que deux courses. Personne n'est vraiment au top de sa saison. Liu Xiang ne s'affole pas comme moi. Certains préparent la Coupe d'Europe et d'autres des tournées américaines. A mon avis, les choses sérieuses vont se mettre en place au Stade de France lors du meeting du 8 juillet.
Vous faites également partie du relais 4x100 m, quelles sont les chances de l'équipe de France en Coupe d'Europe ?
L.D. : A mon avis, on a les mêmes chances que l'année dernière. On veut battre les Anglais et les Italiens. Histoire de montrer que l'on n'a pas fait que deux courses dans notre vie.
Le relais aux championnats d'Europe, c'est un objectif ?
L.D. : Oui, on s'est tous donné rendez-vous dans un an après le titre à Helsinki. L'équipe a beaucoup changé mais on le savait. L'important est de garder la même philosophie. Il faut avoir le même état d'esprit. On doit avancer avec la même envie.
Du point de vue personnel, avez-vous plus de pression depuis votre titre mondial à Helsinki ?
L.D. : Oui, c'est évident ! Des personnes attendent plus de résultats car je suis champion du monde. Toutefois, mon objectif n'est pas de faire plaisir aux gens. Quand j'entends que j'ai un statut à respecter et que je dois m'imposer à toutes les courses, je souris. Je ne me prends pas la tête. Il faut savoir si tu veux être présent aux grands rendez-vous ou aux meetings. C'est pour cela que mes défaites lors de la préparation américaine ne m'inquiètent pas. J'étais en plein travail.
Pensez-vous avoir progressé depuis la saison dernière ?
L.D. : Au niveau chronométrique, je ne crois pas pour l'instant. Mais dans ma manière de travailler, oui. Je comprends mieux les exercices, mon approche est différente. Je suis devenu plus professionnel.
Donc plutôt optimiste ?
L.D. : Oui, ma saison va commencer avec la Coupe d'Europe et les chronos vont s'enchainer par la suite.
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