Powell a conjuré le sort

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En battant le record du monde du 100 m mardi à Athènes, le sprinter jamaïcain Asafa Powell a définitivement fait s'envoler les fantômes de sa finale olympique ratée. Le stress oublié, ce fan de Maurice Greene semble imbattable. A quelques semaines des Mon

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Crédit: Eurosport

Les conditions étaient idéales. La piste faisait de l'oeil au record du monde. Tout était réuni pour que le chrono de Tim Montgomery tombe. Et ce fut le cas. Enfin, a-t-on envie de dire, tant cette marque semble suspecte. "Je ne veux rien dire (sur lui )". Voilà la simple et courte réponse d'Asafa Powell quand on lui demande son avis sur l'ancien recordman du monde du 100 m, dont le record vient d'être effacé des tablettes de l'IAAF.
Maurice Greene pour idole
Le Jamaïcain porte l'insouciance de ses 22 ans et sait qui remercier avant tout : son père, pasteur. "Sa foi m'inspire beaucoup comme le fait le reste de ma famille" déclare ce fan inconditionnel de Maurice Greene. Le sprinter américain est son modèle, son idole, l'homme qui le pousse à tendre à la perfection : "Avec Linford Christie, c'est l'un de mes héros."
"C'est extraordinaire de battre après Maurice Greene le record du monde dans ce même stade" : ravi d'imiter le sprinter US sur cette piste d'Athènes, la plus rapide du monde, Asafa Powell n'était pourtant pas totalement satisfait de sa course : "fantastique mais pas parfaite", selon lui. Sa performance sort tout de même de l'ordinaire et reste un modèle du genre.
Mardi, à Athènes, son départ moyen fut rattrapé par sa phase de poussée qui dura plus de 50 mètres. La fluidité de sa gestuelle et son amplitude, surtout dans les 30 dernières mètres, ont impressionné. Son relâchement, déjà en demi-finale (9"98), augurait de belles promesses. En finale d'un meeting, peu relevé cela dit, Powell a prouvé que la finale des JO n'était qu'un lointain souvenir (5e à l'arrivée). Le stress et l'angoisse hellènes envolés, Powell pouvait filer vers ce chrono canon.
Une progression logique
On voit déjà arriver les mauvaises langues parler de dopage mais Powell ne ressemble à aucun autre athlète. Sa musculature n'est pas celle qui caractérisait certains Américains en finale des derniers Jeux Olympiques. Le Jamaïcain ne sort pas de nulle part.
Déjà dominateur dans les catégories cadets puis juniors, Powell a amélioré ses records personnels sans que la progression soit ahurissante : 10"12 en 2002 (il a alors 19 ans), 10"02 en 2003, 9"87 en 2004, et donc 9"77 aujourd'hui. "Je savais que je pouvais battre le record du monde et je suis très heureux que cela ait réussi" s'est déclaré un Powell ravi lors de la conférence de presse mardi.
Il est néanmoins intéressant de préciser un petit point qui a une importance relative : même si le temps (9"77) de Powell fait de lui l'homme le plus rapide au monde sur cette distance, il n'en fait pas de lui l'homme le plus rapide du monde tout court. Ce surnom reste la propriété de l'Américain Michael Johnson, qui, depuis la finale du 200 m des JO d'Atlanta (19"32), détient le record de la plus haute vitesse jamais atteinte (43,5 km/h). Et si Asafa Powell doublait 100-200 m ?
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