Diniz marche vers l'or

Contraint à l'abandon à Pékin, Yohann Diniz veut marcher vers l'or sur les 50 km de Londres (10h00). A 34 ans, le double champion d'Europe en rêve.

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Crédit: Eurosport

Voilà quatre ans qu'il attend ça. Quatre longues années à ruminer son abandon à Pékin sur le 50 km marche. Cette année là, la chaleur étouffante et une douleur aux adducteurs avaient eu raison de son rêve olympique. Un échec répété l'année suivante lors des Mondiaux. "A Pékin, je n’étais pas là avec la tête. J'étais spectateur de ma course. A Berlin (Mondiaux 2009), j'ai été au bout de moi-même mais loin des premiers (12e, ndlr)", analyse-t-il aujourd'hui. Remis en selle par son titre de champion d'Europe 2010, le deuxième après celui de 2006, le médaillé d'argent mondial en 2007 croit de nouveau en ses chances dans la capitale anglaise où il est arrivé seulement mardi : "Là, j'arrive assez relâché, détendu. Je sais à quoi m'attendre. Je ne suis plus impressionné".
A 34 ans, Diniz est prêt à relever son défi olympique. A Londres, il arrive avec la meilleure performance de l'année sur 50 km et la quatrième meilleure performance de tous les temps sur 20 km ! "Tout est au vert, assure-t-il malgré des problèmes d'allergie et une fracture à la sixième côte au printemps. Je voulais arriver le plus tard possible pour être le plus relâché possible. J'ai fait un bon 20 km en début de saison (le 18 mars à Lugano, avec record de France en 1h17:43). J'arrive avec un gros physique." Une course au cours de laquelle il avait malgré tout été devancé par Alex Schwazer (1h17:30). Mais la suspension pour dopage de l'Italien lui ouvre un peu plus la porte.
"Si c'est du bon Diniz il y aura une médaille au bout"
Le moral est donc là. Les jambes aussi. "C'est la première année que je prends tellement de plaisir, dit-il. J'ai fait des sorties de 40 km et je finissais comme si j'avais fait 15 km. J'ai exploré de nouvelles limites". Tactiquement, il a également mûri. "J'ai une qualité, celle de finir vite. Le but, c'est d'être le plus frais possible jusqu'au 40e km. Pourquoi ne pas porter l'estocade au 40e km? Ma stratégie, ce sera de laisser faire. C'est la leçon de Daegu. Je sais ce que je fais à l'entraînement. J'ai des armes." Lors des Mondiaux 2011, il avait été arrêté par les juges peu avant le tiers de la course (16e km) pour un troisième carton rouge. "J'aurais dû écouter mon entraîneur (Pascal Chirat). Je serais peut-être rentré dans le rang au lieu de continuer à m'exposer devant".
En confiance, le Rémois n'a peut-être jamais été aussi prêt de son rêve. Il le sait. "Si c'est du bon Yohann Diniz il y aura une médaille au bout. Il faut seulement que je fasse ce que je fais tous les matins à l'entraînement", confie-t-il avant de s'attaquer à la boucle de deux kilomètres autour de Londres. Et si possible, il espère marcher vers l'or : "Je ne me mets ni pression ni stress. Je me dis que c'est dommage d'avoir un tel potentiel et de ne pas le transformer en médaille, comme en 2007 à Osaka (2e des Mondiaux, ndlr). Il y a quelque chose quand même qui me tend les bras. Il ne faut pas laisser passer cette nouvelle occasion, même si j'ai dit que je continuerais jusqu'à Rio 2016." Cette fois, Diniz ne veut pas rater la marche.
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