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La France loin du compte
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Publié 26/08/2008 à 12:30 GMT+2
L'athlétisme français a du pain sur la planche. Le bilan des Jeux de Pékin, en-deça des objectifs fixés (deux à quatre médailles), a laissé apparaitre une faiblesse collective inquiétante. Pire, l'équipe de France est minée par les querelles intestines. B
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Personne n'attendait certes de merveilles de l'athlétisme français. Mais le premier sport olympique ne restera pas moins comme une des grandes déceptions de la délégation tricolore à Pékin. Le temps des triomphes d'Atlanta (quatre médailles dont trois en or), semble bien loin. L'embellie des Championnats du monde de Paris, voilà cinq ans, aussi. La France n'a pas su capitaliser sur cette jolie réussite. Le pire a certes été évité grâce à la médaille d'argent surprise de Mahiédine Mékhissi-Benabbad sur le 3000m steeple, évitant aux Bleus de connaitre un nouveau zéro pointé après celui de Sydney en 2000. Mais à l'exception de ce podium venu de nulle part, l'athlétisme tricolore a affiché une faiblesse d'ensemble inquiétante, à laquelle il faut ajouter une image assez déplorable.
Le premier gros point noir est venu des leaders. Ils ne sont pas nombreux, mais quand ils passent tous ensemble au travers, le résultat d'ensemble s'en ressent forcément. Yohann Diniz, champion d'Europe et vice-champion du monde en titre, constituait une des rares valeurs sûres. Mais le marcheur n'a pas assumé son statut de médaillable dans le 50 km, en abandonnant peu après la mi-course. Idem pour Mehdi Baala, très attendu sur 1500m. Mais une fois encore, le Strasbourgeois a failli au niveau planétaire. Une mauvaise habitude chez lui, à l'exception de sa médaille d'argent des Mondiaux de Paris en 2003. Baala, trop court, a échoué à la quatrième place et c'est là une réelle déception.
L'exemple de la natation
D'autres, beaucoup d'autres, ont échoué beaucoup plus loin des podiums. On pense à Romain Mesnil, médaillé d'argent en 2007 à Osaka, incapable de franchir 5,65m en qualifications à la perche. A Christine Arron, dont l'élimination dès les quarts de finale du 100m sent "bon" la fin de carrière. Ou encore à Muriel Hurtis (demi-finaliste sur 200m. Le cas de Ladji Doucouré est différent. Le champion du monde 2005 du 110m haies revient de si loin que sa quatrième place, si elle n'est pas sans susciter des regrets légitimes chez l'élève de Renaud Longuèvre, constitue tout de même un résultat honorable. D'autant que Doucouré a bénéficié des malheurs de Liu, Trammell voire Olijars. Il avait besoin de réussir un petit hold-up pour monter sur la boite. Il n'en a pas été si loin. Leslie Djhone, cinquième du 400m, avait lui un coup en or à jouer, mais une blessure à la cuisse l'en a empêché. Dommage, car le bronze, voire l'argent, était dans les cordes du recordman de France. Bob Tahri, toujours régulier, est à sa place sur 3000m steeple (5e), tout comme Manuela Montebrun, qui termine au même rang en finale du marteau, alors que Romain Barras a agréablement surpris (5e du décathlon).
La France a malheureusement failli sur ses traditionnels points forts, comme les relais. Pour la première fois, aucun des quatre relais (les deux 4x100 et les deux 4x400) n'a pu se glsiser en finale. Pire, la délégation tricolore a offert une image déplorable en affichant au grand jour des querelles intestines qui pourrissent le groupe. Une reprise en main semble indispensable, tant au niveau des athlètes, peu impliqués pour certains, que des entraineurs. "Un athlète ne pourra participer à une compétition internationale en individuel, que s'il fait le relais et participe aux rassemblements relais", a prévenu le président de la FFA, Bernard Amsallem. Bernard Laporte, le Secrétaire d'Etat aux Sports, souhaite que la Fédération lave d'abord "son linge sale en famille. " Mais il parait inévitable de voir certaines têtes tomber.
Reste à trouver des solutions pour remettre sur pied l'athlétisme français de manière durable. Il y a urgence, car beaucoup de temps a été perdu. Le constat dressé aujourd'hui ressemble à s'y méprendre à celui de Sydney. A ce titre, l'embellie de 2003 a peut-être aveuglé certains, les autorisant à croire que les vrais problèmes étaient réglés. Inspirée par la réussite de la natation, élève modèle de ces Jeux, la FFA veut "restreindre encore plus la sélection " pour 2012. "Il faut venir avec une équipe commando, où chaque athlète est susceptible d'entrer en finale au minimum", affirme Amsalem. A Pékin, seuls neuf des 35 athlètes sélectionnés en individuel ont fini dans les huit premiers. C'est peu, trop peu. "Il faut durcir les minima, mais pas seulement, précise-t-il. Le comportement et l'expérience seront aussi pris en compte."
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