Le grand public ne vous connaît pas vraiment. Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ?
Mahiedine Mekhissi-Benabbad : J'ai 23 ans. Je suis français, je suis pas kenyan. Je suis fier d'avoir apporté cette médaille à la France, de réaliser ça à mon âge et d'avoir cassé la suprématie des Kenyans. A chaque fois, ce ne sont que des Kenyans qui montent sur le podium. Cette fois-ci, je ne suis pas mécontent d'apporter un petit métissage.
Cela fait plusieurs mois que vous annonciez la couleur…
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M.M.-B. : Depuis le début de l'année, je disais que j'allais obtenir une médaille à Pékin. Il n'y a que mon entraîneur et mes proches qui croyaient en moi. Et moi, bien sûr, qui croyais en mes qualités et mes forces. J'ai travaillé dur pour ça. C'est pour cette raison que j'obtiens aujourd'hui cette médaille. Je suis super heureux. Je suis content et j'espère que cette médaille en appellera d'autres pour l'équipe de France.
Aviez-vous établi une stratégie de course ?
M.M.-B. : Ma stratégie était de suivre les premiers, le bon wagon et de ne jamais lâcher la tête de course. Je savais que si j'étais avec les meilleurs dans le dernier 400 mètres, j'allais faire une médaille. Ma tactique a parfaitement fonctionné. Je suis fier de moi. Et puis, j'ai regardé mes courses à la vidéo et étudié celles de mes concurrents. Je savais comment ils allaient courir. J'ai regardé la finale d'Athènes 2004 et celle d'Osaka l'an passé. Je connaissais le niveau des trois Kenyans. Et ça a marché aujourd'hui.
Et avec Bob Tahri (finalement 5e), y avait-il une tactique commune ?
M.M.-B. : Non, c'est chacun pour soi. Il n'y a que les Kenyans qui font la course d'équipe. L'objectif, c'était de rester devant et d'attendre le bon moment pour accélérer.
Comment expliquez-vous votre progression en un an, de votre élimination en séries des Mondiaux d'Osaka à cette médaille d'argent à Pékin…
M.M.-B. : Mon élimination en séries a été un déclic. Moralement, ça m'a renforcé. J'ai beaucoup appris de cette élimination. Et j'ai travaillé mes points faibles.
Réalisez-vous bien ce que représente cette place de vice-champion olympique ?
M.M.-B. : Non, car tout arrive un peu vite. Hier encore, j'ai rêvé que je faisais retentir La Marseillaise ici à Pékin. Que j'étais à la bagarre avec les Kenyans dans la dernière ligne droite. Je passe tout près de la victoire. J'aurais la médaille d'or la prochaine fois. Mais mon or aujourd'hui, c'est cet argent.
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