A un an des Jeux Olympiques de Tokyo, Kevin Mayer vient de prendre un tournant sûrement décisif dans sa carrière. En décidant de se séparer de son entraîneur Bertrand Valcin avec lequel il a construit son palmarès, le Français s'est mis en danger, mais il l'assume. Interrogé sur le sujet par nos confrères de l'AFP mardi, il a expliqué son choix par une prise de conscience lors de ces derniers mois de coronavirus. Avide d'autonomie et de nouvelles solutions pour progresser, il veut ainsi sortir de sa zone de confort.

"C'est quelque chose que j'ai mûrement réfléchi. C'est une initiative que je prends, ce n'est pas parce que Bertrand ne me sert à rien. Ça fait 12 ans qu'on a fondé une relation de coach/entraîné qui est allée bien au-delà. Aujourd'hui j'ai l'impression qu'on se connaît trop pour s'apporter beaucoup désormais. J'ai choisi d'aller vers les spécialistes de chaque discipline (français et étrangers). Le confinement a été un élément déclencheur, je me suis plus entraîné tout seul, quelque chose qui me convenait car j'étais plus entreprenant, plus à l'écoute avec moi-même", considère-t-il, rendant hommage à celui qui a été de tous ses succès.

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Kevin Mayer

Crédit: Getty Images

"Si ça ne marche pas, je ne pourrai m'en prendre qu'à moi"

Ces derniers mois, Mayer était en effet allé chercher conseil auprès de Philippe d'Encausse à la perche, notamment. Pour la suite, il ne s'agit ainsi pas pour l'intéressé de s'auto-entraîner. "En compétition je pourrai compter sur Romain Barras (champion d'Europe en 2010) de la Fédération française d'athlétisme, qui me connaît énormément, et Jérôme Simian (son préparateur physique). Je compte en rajouter un troisième qui sera plus là en tant qu'analyste du groupe. Je cherche à quantifier mes entraînements, créer une base de données pour éviter les états de trop grosse fatigue et donc éviter des blessures. Je cherche une personne pour me suivre à tous mes entraînements, toutes mes 'muscu', à temps plein. Il faut que je choisisse avec minutie", estime-t-il.

Un choix d'autant plus important que c'est bien une blessure qui l'avait contraint à l'abandon lors des championnats du monde à Doha l'an dernier alors qu'il était en tête du concours après plus de la moitié des épreuves. Tenant du titre, il n'avait pu défendre pleinement ses chances au Qatar à cause de son tendon d'Achille gauche. Une mésaventure qu'il veut à tout prix éviter de revivre lors des Jeux de Tokyo.

"Si ça ne marche pas ce ne sera que de ma faute, je ne pourrai m'en prendre qu'à moi. Je sais vers où je veux aller. Ce qui me plaît avant tout, c'est progresser chaque jour, ressentir de nouvelles sensations le lendemain. Si je me repose sur mes lauriers j'aimerais moins mon sport, donc je continue de foncer", conclut celui qui ambitionne de battre son propre record du monde du décathlon (9126 points).

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