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Renaud Lavillenie forfait aux Mondiaux en salle (7-9 mars) : "Obligé d'être vraiment très prudent"

Lavillenie : "Obligé d'être vraiment très prudent"

Le 17/02/2014 à 18:52Mis à jour Le 17/02/2014 à 22:11

Renaud Lavillenie a officiellement renoncé aux prochains Championnats du monde en salle, lundi, en raison de sa blessure au pied gauche. Deux jours après son fabuleux record, il a aussi dit le rôle essentiel que Sergeï Bubka avait joué dans son ascension.

Victime d'une entaille au pied gauche, le néo-recordman du monde est passé à l'hôpital de Donetsk, où les soins prodigués ont vite jeté une ombre sur les prochaines échéances. "Le seul problème est que la plaie est assez conséquente : elle fait 7-8 centimètres de long", a-t-il dit. "Samedi soir, en Ukraine, ils m'ont quand même mis 16 points de suture, ce n'est pas rien. Ce matin, j'ai passé une IRM et j'ai vu le chirurgien spécialiste. Je n'ai rien de grave : il n'y a rien au niveau osseux, rien au niveau ligamentaire. Etant donné que c'est mon pied d'impulsion, je suis obligé d'être vraiment très prudent."

" Mes performances à l'entraînement étaient bien meilleures"

"L'objectif est de guérir à 100% et d'être d'aplomb pour l'été. Du coup, la prochaine grosse échéance sera les Championnats d'Europe à Zurich au mois d'août", a-t-il repris. "Le premier rendez-vous sera au mois d'avril, en stage du côté de la côte Ouest pendant deux semaines, et je finirai par un meeting à Des Moines, comme l'année dernier. Ma compétition (de reprise) sera donc fin avril. L'objectif sera ensuite de remporter une cinquième Ligue de diamants et d'être aux différentes compétitions pour être prêt pour les Championnats d'Europe. Il s'agira de défendre les deux titres gagnés précédemment."

" Même si je m'étais arrêté à 6 mètres, ça aurait déjà été énorme"

Depuis samedi, le Clermontois est considéré comme un recordman encore plus extraordinaire de par sa taille (1,77m), qui remet en cause bien des théories. "Au niveau des préjugés par rapport à mon gabarit, c'est ultra important de pouvoir montrer qu'il ne faut pas être dans une catégorie bien spécifique pour faire des performances", a-t-il souligné. "En athlétisme, on le voit depuis quelques des années ; l'émergence de Bolt a mis à mal les préjugés du sprinter-boule de nerfs. C'était devenu important pour moi de démontrer que c'est par parce qu'on est très grand par rapport aux standards qu'on n'est pas capable de sauter haut. L'important est de se faire plaisir, aller au bout de son potentiel, donc ne pas se mettre de limites. Pour moi, même si je m'étais arrêté à 6 mètres, ça aurait déjà été énorme. Ce qui s'est passé est énorme : il y a cinq ans, personne dans le monde de l'athlétisme n'aurait misé sur quelqu'un de moins de 1,80m. C'est bien pour le développement du sport. Ça montre qu'on n'a pas besoin d'être dans des cases. C'est une belle avancée. J'espère que ça va créer des vocations dans tous les milieux, et j'espère que mon record sera battu - il le sera un jour ou l'autre - par quelqu'un, pourquoi pas !, de plus petit que moi. Ça pourrait être une belle histoire."

" Il (Bubka) a toujours été tendre avec moi, de très bons conseils"

Enfin, l'Auvergnat a dit toute l'estime que lui inspirait Sergeï Bubka, icone absolue de la perche et précédent recordman. "Bubka est un athlète que je respecte et que j'idolâtre énormément. Il fait partie des légendes de l'athlétisme. Il a marqué son temps, son sport par ses records, ses titres, sa prestance", a confié le Tricolore. "Dans sa reconversion, il est très impliqué. Depuis la première fois qu'il m'a vu sauter, il a toujours été tendre avec moi, de très bons conseils. J'ai eu la chance d'échanger avec lui sur sa façon de voir les choses, comment il se préparait, comment il voyait évoluer son niveau de performance. Il a toujours le bon petit mot pour me motiver, me réconforter dans le choix que je faisais. On a vérifié ça ce week-end, avant, pendant ou après. Il était tout excité à l'idée que je saute, je ressentais presque de l'impatience chez lui. C'était magique. Après le saut, il a été l'un des premiers à venir me féliciter, et pendant la soirée on a partagé des moments vraiment rares. Il m'a demandé comment je vivais les choses. Tout ce qu'il a vécu pendant 20 ans, il a pu le vivre du côté opposé. Toujours avec le sourire. C'était pour moi incroyable de voir un tel champion me montrer autant de reconnaissance. Pour lui et pour moi, c'est le beau passage de témoin."

2014 Paris Lavillenie

2014 Paris LavillenieAFP

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