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Brown: "Tirer les leçons"
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Publié 28/08/2004 à 10:00 GMT+2
La défaite américaine face à l'Argentine constitue un choc considérable pour le monde du basket. Humble et lucide, Larry Brown souhaite que les Etats-Unis fassent leur auto-critique. En attendant, les Américains vont tenter de sauver les meubles en prenan
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Crédit: Eurosport
Larry Brown s'est finalement montré plus digne dans la défaite que dans la victoire. Face à l'Espagne, son temps mort dans la dernière minute, alors que l'affaire était pliée, avait suscité l'ire ibérique, qui avait vécu ce geste comme une provocation, une humiliation. "J'avais beaucoup de respect pour Larry Brown. Je suis désolé de dire que ce n'est plus le cas", avait même lancé Mario Pesquera, l'entraîneur espagnol.
Vendredi soir, le coach américain n'avait pas le coeur à la polémique après l'élimination de son équipe par l'Argentine. Lucide, posé, il n'a éludé aucune question, après un hommage appuyé à son bourreau. "Félicitations à l'Argentine. Ils ont pratiqué un vrai jeu d'équipe, un grand nombre de leurs joueurs ont apporté une énorme contribution, et ils méritent qu'on reconnaisse leur valeur ", admet Brown.
Une équipe mal fichue
Pour le coach de Detroit, les fautes de Tim Duncan ont pesé lourd dans la balance. Privé de point d'ancrage intérieur, la grande Amérique s'est perdue. Sans accabler le pivot des Spurs, il s'étonne d'une telle avarie. "Tim a commis trop de fautes. "Je l'ai vu souvent jouer en NBA et ne pas faire une seule faute en 19 minutes, regrette-t-il. Il est certainement le meilleur joueur du monde et notre équipe ne serait pas la même sans lui. Je ne sais pas ce qui se serait passé s'il avait joué quarante minutes..."
Ce qu'il sait en revanche, c'est que cette équipe n'est pas celle qu'il souhaitait emmener. Celle du tournoi pré-olympique, l'an dernier, possédait une cohérence qui a considérablement fait défaut au groupe présent à Athènes. "Nous avions minutieusement sélectionné l'équipe qui a joué à Porto Rico, certains des joueurs pouvaient même jouer à plusieurs postes, et nous espérions avoir la même équipe ici, mais beaucoup de nos joueurs se sont retirés", analyse, à juste, titre, l'entraîneur de Detroit.
"Nous devons réfléchir"
Même pour un maître tacticien comme lui, la tâche était insurmontable, malgré les progrès affichés au fil des matches. Mal fichue, la formation américaine manquait de role players, ces joueurs à dimension unique si précieux par leur faculté à se concentrer sur un secteur de jeu bien précis. Qui également de l'absence de véritable shooteur, si utile face à la zone. Un Brent Barry, par exemple, n'aurait pas été de trop. Mais ce blanc, gringalet, petit, pas glamour et plus tout jeune (32 ans), vend moins de maillots qu'un Marbury ou même un Boozer. Dommage.
Quand il parle de "tirer les leçons", Larry Brown pense certainement à ces joueurs de devoir, lui qui les apprécie tant. "Nous devons réfléchir aux personnes que nous intégrons à l'équipe, au temps de préparation dont elles ont besoin, et nous devons leur donner les meilleures opportunités" plaide le coach. Souhaitons pour les Américains qu'il soit entendu, car la donne a beaucoup changé ces dernières années, sans que l'orgueilleuse Amérique ne le mesure vraiment.
Malgré sa déception, Brown gardera un excellent souvenir de l'aventure olympique, au point d'être prêt à rempiler, même s'il posera sans doute ses conditions, dans la composition de l'équipe notamment. "C'est une très grande chose de représenter son pays. C'est quelque chose que j'ai toujours beaucoup aimé. Je suis déçu que nous n'ayons pas remporté l'or, mais je vivrai cette expérience une nouvelle fois. J'aime ce sport quand je vois des équipes comme l'Argentine jouer avec autant de passion", conclut le coach, comme pour regretter que ses joueurs en aient manqué...
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