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L'antisèche : Même bronzé, Fournier a le droit d'être frustré

L'antisèche : Même bronzé, Fournier a le droit d'être frustré

Le 15/09/2019 à 13:22Mis à jour Le 15/09/2019 à 14:30

COUPE DU MONDE 2019 - La France a su trouver les ressources pour se relever de sa déception face à l'Argentine et d'un début de match horrible pour s'imposer contre l'Australie (67-59) afin d'aller chercher une médaille de bronze. Ce métal n'a cependant pas fait le bonheur d'Evan Fournier, qui n'a pas caché sa frustration sur le podium. Sa réaction a fait réagir. Et pourtant…

Le jeu : 25 minutes à faire peur et le réveil

Bousculée par la hargne et la filouterie australiennes, l'équipe de France a mis de longues minutes à rentrer dans son match. De très longues minutes même. Maladroits à l'image de leur leader offensif Evan Fournier, les Bleus ont été complétement hors du coup en attaque pendant près de trois quarts-temps avant de se réveiller, enfin. Plus agressifs, les Tricolores se sont alors lâchés pour grignoter leurs 15 points de retard et passer devant. Avant de conserver leur dynamique pour contrôler la fin de match.

L'équipe de France en bronze après le Mondial 2019

L'équipe de France en bronze après le Mondial 2019Getty Images

Le joueur : Nicolas Batum

Si Nando De Colo a parfaitement assumé son rôle de leader après la pause pour finir avec 19 points alors qu'Evan Fournier a encore lutté avec son shoot (16 pts à 29%), le réveil bleu est incarné par un visage : celui de Nicolas Batum. Trop discret dans ce Mondial, et notamment en demi-finales, l'ailier s'est démultiplié. S'il affichait une feuille de stats presque vierge à la pause (0 sur 1 au tir, 0 rebond et 1 seule interception), il s'est retrouvé dans le troisième quart-temps où il était partout.

En attaque, où il a planté trois shoots précieux pour relancer la machine bleue avant de délivrer trois caviars. Et en défense, où il n'a pas été en reste avec des rebonds et un ballon volé tout en provoquant deux fautes offensives. Le tout en trois minutes ! Au final, il termine avec 9 points, 3 rebonds, 6 passes décisives et 3 interceptions. Mais plus que ses stats, on retiendra qu'il a été l'homme du réveil bleu. En vrai capitaine. Et un constat s'impose : quand le joueur de Charlotte montre son meilleur profil, celui des Bleus n'a décidément rien à voir.

Le facteur X : Le duo Poirier-Albicy

Les Bleus ont eu de la ressource pour aller chercher cette deuxième médaille mondiale. Ils l'ont fait au mental. Mais ils ont aussi pu compter sur des apports pas forcément attendus. Vincent Poirier (8 pts, 7 rbds) s'est ainsi imposé comme un relais précieux d'un Rudy Gobert en difficulté, à l'image de sa demi-finale. Et dans le dernier quart, c'est Andrew Albicy qui est sorti de sa boite. Le futur meneur du Zenit Saint-Pétersbourg a joué le rôle de facteur X à la perfection avec trois tirs à trois points marqués ! Un beau symbole pour le seul joueur à avoir joué tous les matches de cette campagne mondiale (qualifications et Mondial).

La stat : 21

Lors des deux premiers quart-temps, les Bleus n'ont inscrit que 21 petits points. Un chiffre qui en dit long sur leurs soucis offensifs dans ce début de match. Et met aussi en exergue leur capacité de réaction.

Les tweets qui soulignent la force de frappe du duo offensif des Bleus dans ce tournoi

La décla : Vincent Collet

" Qui on est, nous, basket français, pour cracher sur une médaille de bronze ? C'est la Coupe du Monde, ce n'est pas la coupe régionale de je ne sais où ! Même s'il faut toujours vouloir plus, il ne faut pas galvauder cette médaille."

La question : L'attitude de Fournier à la fin est-elle compréhensible ou répréhensible ?

C'est l'une des images de cette fin de tournoi. Et elle fait jaser. Evan Fournier n'était pas du tout dans le même état d'esprit que ses coéquipiers à l’issue de ce match pour le bronze. Pendant que les autres Français célébraient, lui a très vite enlevé sa médaille avant de la mettre dans sa chaussette puis de la donner à son père dans les tribunes. Et sur le podium, on l'a vu avec une triste mine. Visiblement déçu, il était en décalage total avec ses partenaires. Certains s'en offusquent sur les réseaux sociaux. Mais cela peut aussi se comprendre.

Déjà, c'est une réaction à chaud. Il appréciera sûrement plus tard cette médaille, qui n'est pas si courante dans le basket français. Il a, en plus, ses raisons. L'arrière d'Orlando, si fort pour alimenter la marque en Chine et qui a porté les Bleus jusqu'en demies, a terminé cette campagne par deux matches frustrants avec une maladresse chronique. Mais surtout, il n'était pas venu pour ce métal-là. Il rêvait d'autre chose, encore plus après l'exploit des Bleus face à Team USA. Au final, il est tombé de haut contre les Argentins. Et il ne s'en remet pas.

"J'ai le sentiment qu'on aurait pu faire mieux. Je vais me souvenir toute ma vie de ce match contre l'Argentine (ndlr : la demi-finale). Cela doit être une leçon", a-t-il reconnu à l'issue de ce match de dimanche au micro d'Eurohoops avant de mettre les points sur les i quand un journaliste lui a demandé ce qu'il retiendrait de ce tournoi, entre la victoire contre les Américains et cette médaille de bronze. "Pour être honnête, je m'en moque des deux. Nous sommes venus pour l'or. Pas pour le bronze ou battre Team USA". On peut alors comprendre sa déception. Car c'est aussi ça un champion. Ce refus d'accepter un résultat qui n'est pas à la hauteur de son objectif. Cette déception peut l'aider à poursuivre sa progression. Elle peut le pousser à travailler encore. Et c'est aussi pour cela qu'il reviendra peut-être encore plus fort dans le futur.

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